Interactions hommes-chimpanzés-forêt. Approche spatiale et territoriale de la répartition des chimpanzés, des perceptions locales et de la gestion de la biodiversité (Sebitoli, parc national de Kibale, Ouganda)

Résumé : Les territoires humains et ceux des chimpanzés (Pan troglodytes schweinfurthii), ainsi que leurs interactions, sont étudiés à l'extrémité nord du parc national de Kibale (Ouganda), dans un contexte d'hyper-proximité entre la faune sauvage et les populations humaines. Le site de Sebitoli - cul de sac de forêt protégée - est traversé par une route goudronnée très fréquentée et entouré de villages densément peuplés et de cultures de rente. Les limites du territoire des hommes, des chimpanzés (espèce classée « en danger »; annexe I, CITES) et de la forêt protégée s'y superposent historiquement et spatialement, interdisant aux hommes de fréquenter la forêt alors que les animaux sauvages en sortent pour piller les cultures vivrières en lisière. Comparée à deux autres communautés de chimpanzés du parc national de Kibale situées à moins de 17 kilomètres, la densité importante de chimpanzés à Sebitoli - poche de forêt anciennement exploitée - s'explique par la variation spatiale et temporelle de leurs ressources alimentaires en forêt. A l’échelle du site de Sebitoli (25 km2), le modèle Maxent de distribution des espèces montre que la présence de cultures en lisière du parc et l’entretien de la route qui le traverse peuvent favoriser la présence des chimpanzés, en prodiguant des ressources alimentaires complémentaires de celles de la forêt. Alors que les territoires se veulent disjoints légalement, les croyances et les esprits les transcendent et le contact avec la nature est entretenu dans l'imaginaire, dans la culture et dans certaines pratiques. Une adéquation mitigée entre les actions institutionnelles de protection des cultures et les besoins des villageois produit parmi eux un sentiment de désappropriation vis- à-vis de la faune et de la flore sauvage voire d’opposition feutrée (les actions de compensation des incursions de la faune sauvage dans les jardins vivriers sont discontinues) et sélective (les éléphants et les babouins concentrent le mécontentement des villageois par rapport aux chimpanzés). Coexistent ainsi des rétroactions positives (conservation des espèces et des espaces) et négatives (pillage des cultures, braconnage) dans la gestion locale de la biodiversité. Ces résultats apportent des enseignements pour adapter les politiques de conservation des espèces menacées à des espaces de plus en plus anthropisés.
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Contributeur : Sarah Bortolamiol <>
Soumis le : dimanche 13 septembre 2015 - 20:15:30
Dernière modification le : mercredi 29 novembre 2017 - 15:29:52
Document(s) archivé(s) le : mardi 29 décembre 2015 - 01:20:18

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Sarah Bortolamiol. Interactions hommes-chimpanzés-forêt. Approche spatiale et territoriale de la répartition des chimpanzés, des perceptions locales et de la gestion de la biodiversité (Sebitoli, parc national de Kibale, Ouganda). Biodiversité et Ecologie. Université Paris Diderot, 2014. Français. 〈tel-01198569〉

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