. Esch and . Fr, 643; Hipp. 87, Él, EUR. Alc, p.956, 2999.

A. Rich, Dictionnaire des Antiquités Romaines et Grecques, Molière, réimp, pp.402-403, 2004.

J. Jouanna and F. Sophocle, , p.168

R. C. Jebb and . Sophocles, The Plays and Fragments, 26: « Far more poetical is the conception of Sophocles, La comparaison avec la fin des Phéniciennes, 1703.

. Euripide and . Dans-laquelle, OEdipe traduit l'oracle en termes clairs et parle de sa mort, fait nettement pencher le jugement de Jebb en faveur de Sophocle. la main. Le satyre lui répond ces mots : ???? ??? ????????? ?????? ?????, ??? ?? ????????, ???? ??? ????????? ????????? ??? ????? : «

N. Loraux, La Voix endeuillée, Gallimard, 1999.

B. Knox, , 1964.

U. Par-exemple and . Heuner, , 2001.

G. L'expression-est-de and . Steiner, , 1984.

F. Allègre, , p.174

K. Reinhardt, , p.185

J. Bollack, La construction du sens dans l' Antigone de Sophocle, 2004.

C. Segal, Voir en ANNEXE 2. Le schéma structurel reproduit de l'article mentionné, vol.97, pp.473-545, 1966.

I. M. Linforth and . Electra, s Day in the Tragedy of Sophocles, Classical Philology, vol.19, pp.89-126, 1963.

T. Électre, M. De-jean, and . Bollack, , 2007.

N. Loraux, La Voix endeuillée, Gallimard, 1999.

, Selon notre propre relevé

F. Dupont, L. 'insignifiance-tragique, and P. Gallimard, , 2001.

N. Loraux, , p.51

, Cette périphrase traduit l'étymologie du nom d'Électre : ?-??????

J. H. Kells, Sophocles Electra : Zeus et Apollon sont habituellement associés à la sécurité de la maison, de ses habitants et de ses biens

, Les commentateurs s'accordent à dire que les sacrifices mensuels ne sont pas exceptionnels en Grèce (Kamerbeek)

. Él, 636 : Clytemnestre invoque Phébus Préservateur dans l'espoir qu'il la délivre de ses terreurs nocturnes

F. Dupont, , p.108

N. Loraux, L. Voix-endeuillée, and P. Gallimard, , pp.37-41, 1999.

J. Jouanna, . Sophocle, and P. Fayard, Sophocle. Le texte, les personnages. Actes du colloque international d'Aix, pp.173-187, 1993.

, Hormis au vers 404, où s'exprime Chrysothémis, ce sont toujours soit Électre (68, On trouve ???? mentionné sept fois aux vers 68, vol.404, 1273.

P. Vidal-naquet, L. Chasseur-noir, and L. Découverte, , pp.151-174, 1991.

, qui propose « une lecture éphébique du Philoctète de Sophocle », en relevant tous les éléments de l'action d'Oreste qui rappellent le récit étiologique de la fête des Apatouries, au cours de laquelle les éphèbes athéniens accomplissent leur passage à l'âge adulte: ils sacrifient leur chevelure (comme Oreste, sur le tombeau d'Agamemnon) ; ils vivent en dehors de la ???? (comme Oreste, qui fait son apprentissage en dehors de Mycènes, où il ne pénètre véritablement qu'à la fin de la pièce en entrant dans le palais) ; ils combattent seuls, sans armée, puisqu'ils ne sont pas encore des hoplites confirmés et surtout ils utilisent l'embuscade, la ruse et la nuit pour arriver à la victoire (comme Oreste, selon les propres commandements d'Apollon aux vers 36-38). Ce à quoi on pourrait rajouter l'insistance sur sa jeunesse, le vocabulaire militaire qu'il emploie pour définir son action (par exemple aux vers 1288-1294), 1971.

A. S. Chankowski and L. Hellénistique, Étude d'une institution civique dans les cités grecques de la mer Égée et de l'Asie Mineure, 2010.

, Comme l'a montré Catherine Collobert à propos du héros homérique, cette prudence est une réponse à l'instabilité du monde où il se meut, à l'incertitude aussi devant un futur incertain, où il peut perdre sa ???? 743

, Pour ce qui concerne plus proprement Électre, il s'agit plutôt de sortir de l'état dégradé qui la laisse ?????? pour lui faire regagner son estime d'elle dans l'action. Cf. Catherine Collobert, Parier sur le temps, Les Belles Lettres, pp.97-126, 2011.

, Voir infra 1.3.2.3. Ponctuation de l'action : interventions divines ou ????? performatif ? 745 Par exemple aux vers 119-120

, où Apollon est nommé comme le responsable des souffrances du roi thébain en même temps que celui-ci s'accuse d'avoir frappé son père de sa propre main (????????, 1331). L'homme et le dieu semblent partager les responsabilités de la situation. De plus, l'ironie n'est pas de même nature que dans Électre, où le nom d'Apollon est quasiment un élément du mensonge stratégique d'Oreste pour faire aboutir son action, alors que dans OEdipe Roi, toute l'action découle de l'ancien oracle apollinien, dont la teneur véritable n'est révélée que progressivement, la vérité n'éclatant pour OEdipe que dans ces vers 1329-1332, On mesure cependant toute la différence qu'il peut y avoir avec l'OEdipe Roi, pp.1329-1332, 1961.

, Pour cette partie du texte, on choisit de suivre Lloyd-Jones (??????) plutôt que Mazon (??????)

, Dans l'expression d'Électre « ? ???? ???????, ?????????? ?' ???? ??? », l'anastrophe qui consiste à inverser l'ordre entre le verbe et les particules donne une certaine emphase à son expression et souligne nettement l

. Hdt, , p.32

C. Segal, terme de Jean Bollack 792 et d'autre part, le fait que la vérité des faits passés soit volontairement tronquée et rapportée par bribes. Le rapprochement entre passé et présent se met en place dès le début de la pièce et l'on peut en donner un exemple avec le premier vers. En effet, l'apostrophe par laquelle OEdipe, Sophocles' Tragic World. Divinity, Nature, Society, p.145, 1995.

O. R. Oedipe, 1 : ? ?????, ?????? ??? ????? ??? ????? [?] Mes enfants, de l'antique Cadmos jeune postérité

, qui désigne moins la jeunesse des suppliants que le fait qu'il s'agit là de la dernière génération des Thébains 793 , jeunes et vieux confondus. De même, ????? désigne-t-il toute l'assemblée, que dans des accents paternalistes, OEdipe considère comme ses enfants. Le terme englobe à la fois « ceux qui n'ont pas encore la force de voler bien loin » et « ceux qui sont accablés par la vieillesse 794 », selon les termes du prêtre. Reste que le choix des mots est important. En effet, tandis qu'OEdipe cite Cadmos d'antique mémoire, Créon, dans le second dialogue, amène la référence à Laïos 795 , c'est-à-dire qu'il ravive la mémoire historique, dont tous les Thébains, hors OEdipe, pourraient avoir encore le souvenir. OEdipe, par le choix des mots qu'il emploie et les références qu'il donne dans son premier discours, trahit en quelque sorte son statut d'étranger et, tout à la fois, se positionne hors de l'histoire de la cité. De plus, ce premier ? ????? résonne avec une ironie féroce, quand on pense qu'à la fin de la pièce, démuni, solitaire, il réclamera ses filles par les mêmes mots, mais avec des accents combien pathétiques 796 et que, de surcroît, de père de la patrie, tel qu'il se positionne au début de l'intrigue, il redeviendra le petit enfant abandonné puis trouvé, que le vieillard corinthien nommera paternellement ? ?????? au vers 1030, inversant définitivement le rapport de force entre lui et le roi, Ce vers d'ouverture, nommant immédiatement Cadmos, ancêtre fondateur de Thèbes, réalise un rapprochement volontaire entre le passé mythique et le présent : l'antithèse entre l'adverbe ????? et l'adjectif ??? vise à souligner l'ancienneté de la lignée, aujourd'hui réunie devant le roi. Les commentateurs ont bien vu l'ambiguïté de ???

J. Bollack, La Naissance d'OEdipe, Gallimard, 1995.

J. C. Par-exemple and . Kamerbeek, , pp.10-11

O. R. , 16-17 : « (?) ?? ??? ?????? ?????? / ??????? ?????????, ?? ?? ??? ???? ??????

O. R. ,

O. R. , La fragilité d'un présent peu fiable, où les relations entre les hommes et les nations sont vouées au changement par le temps luimême, maître d'oeuvre des bouleversements (609), est un thème commun dans la tragédie, mais il prend ici la double dimension d'une prophétie et d'une méditation sur le temps. Le vieillard, qui a déjà vu son sort se retourner, connaît intimement cette matière instable qu'est le temps. Son expérience intime sert ici sa réflexion politique et lui donne une légitimité 819 . Pour autant, contre les aléas de l'histoire, se propose-t-il de devenir une sorte de figure de la permanence ? Pas exactement, si nous lisons bien l'annonce qu'il fera plus tard à Créon. En effet, OEdipe se promet de devenir une double assurance, garantissant, d'une part, la prospérité et le succès d'Athènes à jamais et, d'autre part, la vengeance contre ses ennemis, hantés à jamais par son ??????. Il se propose ainsi d'oeuvrer à la fois sur le plan spatial et sur le plan temporEl. Sur le plan de l'espace, lui, l'errant, se projette dans un infini qui englobe les deux territoires de sa fin : il annonce, Mieux placé que quiconque pour méditer sur les ravages du temps, OEdipe offre ici sa vision d'un avenir incertain 818 , né de sa propre expérience, 1480.

, Athènes sa terre d'élection pour l'éternité, et des entrailles de cette terre, sa résidence (?????????, 92), mais son champ d'action (621-622) demeurera Thèbes ; son corps bienfaisant demeurant à Colone, son esprit vengeur sera libre d'agir où il voudra 820 , à Thèbes notamment, comme pour un retour aux sources. Il restera donc, pour toujours, l'hôte étranger d'Athènes et, à jamais, le Labdacide sous le signe du double, bienfaisant et maléfique pour l'éternité, comme il fut roi et mendiant

, et cela en opposition complète avec ses années d'errance malheureuse : elle prend deux formes, celle de l'éternité du temps et celle de l'endroit choisi pour sa dépouille mortelle, en quelque sorte, une double stabilité, à la fois spatiale et temporelle. À l'??? temporel correspond l'ici et le là-bas géographiques (Athènes et Thèbes)

. Mais, cette impression globale d'immuabilité, en reconnaissant dans son dédoublement éternel (le corps et l'esprit vengeur), la marque spécifique de sa race

D. Ce-thème-de-l'avenir-incertain-fait-l'objet-d'une-Étude-de and . Cuny, Le thème de l'avenir incertain chez Sophocle : visée didactique et portée argumentative, vol.2, pp.162-177, 2002.

, Sur le rapprochement entre le don prophétique et la vision du temps dans OEdipe à Colone, on peut lire les remarques de F.I. Zeitlin dans son article « Thebes : Theater of Self and Society in Athenian Drama » (surtout les p.s 163-165), in Nothing to do with Dionysos?, 1990.

A. J. Pour-cette-analyse,-on-s'inspire-de-la-remarque-de and . Festugière, dans son article « Tragédie et tombes sacrées », in Revue de l'histoire des religions, tome 184, n°1, 1973, p.s 3 à 24. L'auteur y critique vertement la traduction de Paul Mazon, en expliquant que le génie vengeur d'OEdipe ne peut pas être confondu avec son cadavre, mais qu'il s'agit plutôt de ce qu'Eschyle ou Euripide appellent son Érinys, c'est-à-dire la malédiction (???) qui lui est attachée. Sa démonstration fondée sur les textes est très convaincante. lever une armée (377)

O. C. Ismène-oedipe, ?????? -(?) ???? ?? ???? ???? ???? ?????? ????????????? ??? ??? ??????, vol.383

, ????????-??? ??? ????? ?????? ?? ???? ????? ???? ???? ?????, ???? ??????? ?????

, ??????-????? ???? ??? ??, ? ?????, ???????????

, ????????-??????? ???????? ?? ?? ???????????, ??????? ??????-?? ???? ???? ??????? ????????? ???? ??????? ??????? ????? ?? ??????? ?????

. Ismène, ?)Pour tes malheurs, je ne sais pas quand les dieux les prendront en pitié

, Comme les nouvelles de Thèbes, cette prédiction n'est pas celle du jour présent, mais le parfait résultatif ??????????? (388) laisse bien entendre que son délai de réalisation court déjà. L'incertitude d'Ismène sur le sort de son père s'explique assez bien par le fait qu'elle arrive seulement à Colone et qu'elle n'a pas assisté à la scène de reconnaissance. Pour OEdipe, son questionnement des vers 385-386 ne doit pas se comprendre comme l'expression d'un doute, mais plutôt comme celle de sa grande patience devant l'échéance, patience née de son assurance nouvelle. Rappelons qu'il enseigne cette même patience à Thésée, quand celui-ci le presse d'indiquer le bienfait offert à Athènes : « L'heure n'est pas venue. » (580) lui répond-il, Oui, mon père, d'après les oracles récents. OEDIPE. Quels oracles? Qu'annoncent-ils

, Et pour l'heure, elles progressent chacune selon sa propre logique, sans se croiser encore. Dans le second oracle, mentionné aux vers 389-390, est réintroduite l'alternative traditionnelle de la vie et de la mort (??????? ??????? ????? ??, 390), sans qu'OEdipe, pourtant, ne retienne autre chose que l'échéance de sa mort 854 . Il l'envisage si sûrement qu'il parle de lui comme d'« un mort aux portes » de Thèbes (??? ?????? ????????, 401) et interroge Ismène pour connaître les intentions des Thébains et savoir s'« ils répandront (??????????) sur lui la poussière de Thèbes » (406). L'empêchement de ce rite, lié à l'interdit créé par le parricide, entraîne immédiatement la réaction du vieillard : « Alors, ils ne disposeront (?????????) jamais de moi. » (407), C'est peut-être ce qui explique qu'on ne retrouve pas dans OEdipe à Colone l'habituelle tension autour du jour présent, vécu comme un moment aigu : les vers 3 et 4 ont bien pointé un ???? ?????? ??? ??? ; encore n'a-t-il que le relief d'un commencement, et non pas l'épaisseur d'une fin annoncée. Ainsi, la perspective de voir arriver les Thébains est bien claire aux yeux d'OEdipe, pp.455-456

. Le and . De-la-mémoire-ancienne-d'oedipe, Il annonce de surcroît, un rebondissement, la parole d'Apollon venant enrichir le premier scénario qui offrait une perspective sans doute trop facile pour la suite et l'achèvement des aventures d'OEdipe. Désormais, avec la seconde prophétie d'Apollon, se profilent les obstacles, nécessaires, parce qu'ils vont l'obliger à donner la pleine mesure de son tempérament héroïque

, Sophocle déroule dans OEdipe à Colone deux temporalités différentes : la première est l'action principale qui doit mener le protagoniste vers sa fin, bornée par la scène de reconnaissance dans le prologue et la disparition d'OEdipe dans l'exodos. C'est un temps sacré qui correspond aux dernières heures du héros dans le monde des hommes et à l'accomplissement des oracles. La seconde temporalité est celle de la guerre, qui constitue un arrière-fond de l'action principale, mais qui participe à son déroulement et l'excède aussi, en amont et en aval. Ces deux temps, outre le double principe de mobilité et d'immobilité qui contribue à l'élaboration du sens

P. Mazon, mais il semble plus judicieux de remplacer l'alternative par une addition, ce qui permet de justifier l'acharnement de Créon et de Polynice à vouloir s'octroyer ses services sur le champ de la guerre qui fait rage dans la plaine thébaine, chacun des deux hommes cherchant , non pas à tuer OEdipe, mais à le ramener vivant pour bénéficier de son influence

B. M. Knox, He is to find rest, but the rest must be won by great effort, Studies in Sophoclean Tragedy, p.148, 1964.

, Il ne s'émeut pas de leur situation, décrite pourtant avec émotion par Ismène, qui insiste pour faire valoir que « ce ne sont pas de vains mots, mais des actes, terribles » (382-383 a ) qui les tiennent aux prises. Autrement dit, la guerre est déjà engagée. Il faut qu'il entende Ismène invoquer les dieux et se demander « quand (ils) prendront pitié de (ses) souffrances » (???? ?? ???? ???? ???? /?????? ????????????? (?), 383 b -384) pour que s'éveille à nouveau son intérêt. Pour elle, la guerre entre Étéocle et Polynice fait partie des nombreux malheurs que son père doit endurer depuis toujours. Elle en est la suite. Pour lui, naît tout de suite l'idée que l'intervention des dieux peut être en lien avec son salut, pour lequel il a déjà obtenu la garantie de Thésée : « As-tu jamais espéré que les dieux prendraient soin de moi pour que je puisse être sauvé un jour ? » (??? ??? ????? ?????? ?? ???? ?????/???? ???? ?????, ???? ??????? ?????, pp.385-386

, Euripide, quant à lui, imagine qu'OEdipe vit en reclus dans son palais, enfermé là par ses fils devenus adultes. Depuis ce palais, il leur lance des imprécations, les vouant à la mort (63-68).L'idée développée est que la mort des deux frères est causée par les malédictions d'OEdipe (1354-1355), Dans les Sept contre Thèbes, on apprend qu'OEdipe est mort en revenant à Thèbes, mais qu'il a libéré son ombre puissante sur la cité (976), causant les ravages que déplore le cortège funèbre

C. Voir and . Oedipe,

. Quant-À-la-guerre-elle-même, Par deux fois, il a été abandonné à son chagrin, dans un contre-temps orchestré par Créon et ses fils. Quand il aspirait tout d'abord à l'exil (???????, 765), on l'a maintenu à Thèbes. Quand il souhaitait y demeurer (???? ????? ???(?) ????, 768(?) 770), on l'en a chassé. Et aujourd'hui (??? ??,772), il lui faudrait à nouveau céder aux injonctions thébaines, alors même qu'Athènes l'accueille. L'inopportunité est au coeur de sa souffrance 859 . Le décalage entre ses propres aspirations et la volonté d'autrui lui est désormais insupportable. Cela explique son refus virulent, pour le présent, de l'option présentée par Créon, qui non seulement est une subversion du ??????, mais qui, en plus, répond à une logique absurde, ne lui permettant jamais d'être en accord avec lui-même et le retenant toujours soumis à la volonté d'un tiers. Pourtant, et contre toute attente, Créon se fait fort d'être l'homme de l'à-propos. Dans un court échange à fleuret moucheté, il fait la leçon à OEdipe : « Ce sont deux choses distinctes que de parler beaucoup et de parler à propos » (????? ?? ?? ?????? ????? ??? ?? ??????, 808). Lui prétend parler peu mais à-propos (?? ?? ?? ??????, ????? ?? ?? ????? ??????, 809), ce qui ne laisse pas d'étonner OEdipe jusqu'à ce que son adversaire change de tactique et abandonne tout discours pour une action de choc : il s'en prend aux filles du Thébain, faute d'avoir pu le persuader de le suivre volontairement. La scène est rapide et mouvementée. En témoigne chacune de ses répliques marquées par la volonté d, Créon tente, dans un premier temps, de persuader OEdipe de retourner à Thèbes

, La première fois, il expliquait à Ismène (427 b -444) pourquoi il vouait ses fils à la malédiction, insistant de la même manière sur le décalage constant entre ses propres désirs et la volonté des autorités thébaines: le jour même où (???? ??? ??? ??? ?????? ??????, 433) il aspirait à mourir, il n'y eut personne pour l'y aider. Et, avec le temps, lorsqu'il a pris conscience de son hybris (????? ??, ???, 437), Thèbes l'a chassé par la force, longtemps après les événements (?? ?????? ??? ????? ??? ????? ???/?????? ?? ?? ??? ???????, 441), Cela est si vrai qu'OEdipe revient ici pour la deuxième fois sur le récit de ses années noires

. «-non-!-cette and . Cité, Pour la troisième fois dans le cours de la pièce, il annonce l'échec et la mort de ses fils, mais cette fois, Polynice est présent et entend la prophétie funeste, qui n'appelle aucune interprétation. Pourtant, derrière l'extrémité de cet arrêt, il a encore la volonté d'expliquer sa violence. S'il ne s'agit pas de la première malédiction lancée contre ses fils (1375), il ne cherchait pas jusqu'alors à obtenir leur mort, ) ????? /?????? ????????, 1373) », « tu tomberas le premier, noyé dans ton sang et ton frère également (??????? ??????/????? ???????? ?? ???????? ?? ????, 1374), pp.1377-1378

, OEdipe se met à invoquer le Tartare, les Érinyes et même Arès contre ses fils. Le verbe ?????? (je lance ces imprécations, 1389) et le verbe ???? (j'en appelle à), répété trois fois en l'espace de deux vers (1389-1391), accomplissent alors au présent de l'énonciation l'acte de mort voulu par OEdipe, qui par ces mots, pour la première fois, devient véritablement l'??? de ses ennemis, puisses-tu ne pas rentrer » (???? ???????? ????, 1386), « au contraire, puisses-tu mourir et tuer à la fois » ( ???? (?)?????? ??????? ??, 1388 )

. Et, dès que Polynice a quitté l'espace scénique, le choeur entame un thrène déplorant les lourds malheurs s'abattant sur les hommes par la faute de l'étranger aveugle, « à moins, chante-t-il, que ce ne soit le destin qui atteint son but » (?? ?? ????? ?? ????????, 1450). Son intuition est bonne, puisqu'immédiatement, il signale que « l'éther a tonné. » Zeus se manifeste par trois fois, pp.1477-1478, 1456.

«. Oedipe, Cet enchaînement parfait des événements laisse entendre qu'il fallait qu'OEdipe dépasse tous les obstacles promit par Apollon pour qu'enfin s'accomplisse sa destinée. L'organisation des péripéties de la fable y a pourvu en amenant progressivement le personnage au point de maturité où il peut enfin prétendre devenir un homme et plus qu'un homme

, Sophocle fait évoluer cette logique, voire il la brise. D'abord, même s'il reconduit son personnage sur les traces de son passé, c'est pour mieux l'en détourner définitivement. Ensuite, s'il imprime une certaine lenteur à cette ultime fable, où l'on sent moins l'aiguillon de la fatalité, c'est que son personnage est en transit entre deux états et n'a plus à subir la loi de la Nécessité. Enfin, s'il chante l'éternité d'Athènes, c'est qu'il réserve aussi à son personnage le don de l'???, OEdipe un modèle tragique absolu et beaucoup ont même été tenté de voir dans la figure du renversement, qui vaut pour sa vie, mais aussi pour la composition des deux tragédies de Sophocle qui racontent son histoire, une sorte l'allégorie du processus tragique lui-même 873 . « Compagnon du temps long, vol.874

, plus le protagoniste avançait vers son origine, ce mouvement contradictoire formant toute l'originalité d'OEdipe Roi 876 . Dans OEdipe à Colone, ce même mouvement rétrograde est à l'oeuvre, à la différence qu'il n'est pas initié par OEdipe, mais qu'il lui est imposé par ses interlocuteurs, à plusieurs reprises, et presque systématiquement. Quoiqu'il lui soit douloureux d'y revenir, l'évocation de ses parents et des crimes familiaux va servir sa cause présente. L'hôte d'Athènes ne revient, en effet, sur son passé que pour mieux en assumer l'histoire, la redire selon son point de vue, et pour tourner le dos définitivement à l'OEdipe Thébain, qu'il fut jadis. Il lui faut effectivement débarrasser son nom de toute idée de souillure qui l'entache malgré lui, s'il veut prétendre rester dans l'abri offert par les Érinyes. C', L'enquête d'OEdipe l'amenait jadis à remonter vers son passé pour y découvrir son identité en même temps que la vérité sur le meurtre de Laios : plus l'intrigue progressait vers sa fin

F. I. Voir-ce-qu'en-dit and . Zeitlin, Thebes: Theater of Self and Society in Athenian Drama", in Nothing to do with Dionysos? Athenian Drama in its social context, vol.167, p.165, 1990.

, Le titre de cette partie renvoie à l'expression « ?????? ????? (??????) » employée par OEdipe aux vers 6-7

, Sur la distinction entre temps cyclique et temps linéaire, lire l'article de P. Vidal-Naquet « Temps des dieux et temps des hommes. Essai sur quelques aspects de l'expérience temporelle chez les Grecs

, Le choeur, puis Créon et enfin sa fille Antigone, vont jouer tour à tour le rôle d'aiguillon, le forçant à se retourner vers ses années noires. L'affrontement de son passé est une épreuve à part entière, comme l'était sa volonté de demeurer dans un lieu a priori interdit, comme le sera l'affirmation de son choix de servir Athènes face à ses ennemis. Mais, alors que les autres épreuves sont concentrées dans des scènes bien circonscrites (la parodos, la confrontation avec Créon, l'altercation avec Polynice 877 ), l'obstacle majeur qui consiste à se retourner vers son passé maudit va se présenter plusieurs fois et constituer comme un parcours en plusieurs étapes, montrant un OEdipe toujours plus assuré de son ???????? et du génie vengeur (??????? ?????, 788) qui s'exprime avec toujours plus d'assurance par sa bouche. Pourtant, l'art de Sophocle consiste à procéder par palliers et non pas dans une progression continue. La remontée d'OEdipe vers son passé thébain s'opère, en effet, par une alternance entre l'émotion la plus pure, rendue dans les passages lyriques, et le raisonnement le plus achevé. Une première fois, le choeur le presse, à la fin de la parodos, de se nommer clairement, Lire supra, chapitre III.1 OEdipe Roi, l'effet tragique du temps réversible. occasions renouvelées pour lui de se délester du poids de la culpabilité et de s'affirmer comme un homme nouveau

O. C. , OEdipe-Antigone-choeur, 214-222 : ????? -????? ?? ?????????, ? ????, ?????, ????????

. ????????-????-???, ?????? ????? ????????-????, ??????? ??? ?????? ???????. ????????-???? ???? ?? ??? ??? ??????????

. ?????-?????-????????, ????????-????? ???? ???? ???????? ?????-???

-. ????????-??-??-??????????-??????-????? and . ???,

. ????????-??????, ?????????? ?????-?? ??? ??? ??? Choeur -De quel sang es-tu, étranger ? Qui fut ton père ?

. Oedipe-hélas-sur-moi-!-mon and . Enfant, que va-t-il m'arriver ? Antigone-Parle ! Dans cette extrémité, où tu es? OEdipe-Alors, je vais parler, puisque je ne peux pas me cacher, Choeur -Vous tardez tous les deux ! Allons, dépêche-toi ! OEdipe-Connaissez-vous un certain fils de Laios ? Choeur-Ah !

F. Allègre and S. , L'auteur montre, dans deux chapitres relatifs à OEdipe à Colone, l'indépendance des deux épisodes de Créon et Polynice, dans une pièce « à tiroirs », qui n'établit pas, selon lui, de liaisons suffisantes entre chaque partie, vol.15, 1905.

, Le jeu des stychomythies débite la vérité en petits tronçons, les ????????? pressant le rythme tout en retardant la révélation de son nom jusqu'au dernier moment. Les réponses d'OEdipe renvoient au choeur des questions, qui veulent marquer la précaution de langage de celui qui connaît par coeur les réactions suscitées par son nom. Sa réponse prend donc la forme d'une énigme dévoilée petit à petit, par luimême. À l'amorce du vers 220, la formulation traditionnelle de sa réponse avance le nom de son père en premier, comme un mot-clé, sans toutefois l'identifier lui-même autrement que par la périphrase floue ???? ???????, l'indéfini le gardant encore indéfinissable. Comment peut-on d'ailleurs être le fils d'un homme à qui les dieux avaient interdit d'avoir une descendance ? Dans un second temps, nommer sa famille (?? ?? ?????????? ?????) sert d'indice si net, que l'exclamation du choeur permet de l'authentifier comme un élément de vérité. Le nom d'OEdipe n'arrive que dans un troisième temps, accolé de l'adjectif ??????, qui lui permet paradoxalement de se tenir à distance de lui-même, dans un mouvement pathétique de jugement compassionnel sur lui-même, indiquant déjà, peut-être, qu'il se détache de son ancienne histoire pour mieux aborder l'avenir que les dieux lui ont fixé. De surcroît, dans le début de cet échange, on retrouve un peu du brouillage générationnel qui était la marque du temps anarchique dans OEdipe Roi : OEdipe, un vieillard ici, s'affole de ce qu'on lui demande le nom de son père, comme si les années n'avaient pas suffi à apaiser l'horreur de sa naissance ; pour se sortir de cette impasse, il demande conseil à Antigone, sa fille devenue sa nourrice avec Ismène (???' ???? ??????, 1367), qui guidait déjà ses choix au début de la parodos en l'incitant à obéir au choeur et à quitter le bois sacré, OEdipe -?et la famille des Labdacides ? Choeur-Oh Zeus ! OEdipe -?le malheureux OEdipe ? Choeur-C'est donc toi ? Après tout un début de la parodos marqué par l'inquiétude et la colère de voir un étranger fouler un sol sacré sans précaution, le choeur réclame une réponse spontanée et rapide à sa question d'usage sur l'identité de l'étranger, vol.878, pp.170-172

, Néoptolème donne-t-il exactement son nom et son origine, mais il ment toutefois sur sa destination en affirmant qu'il s'en retourne à Scyros (239-241). Dans Électre, le mensonge autour de l'identité d'Oreste est la clé stratégique de sa vengeance et dans les Trachiniennes, l'identité d'Iole est d'abord scrupuleusement tue par Lichas, Si l'on compare avec d'autres pièces de Sophocle, on peut remarquer un jeu fréquent sur la réponse donnée à la question de l'identité, qui rappelle peut-être le jeu d, p.359

. Dans-oedipe-À-colone, le spectateur sait depuis les premiers vers qui est le protagoniste, qui se nomme luimême au vers 3. Le dialogue autour de son identité permet toutefois de réinscrire la pièce dans le mythe en rappelant le passé, même de manière elliptique, et de donner de l'importance à cette scène de reconnaissance

, Dans ce kommos, les vers lyriques, toujours si chargés d'affectivité, rendent bien compte du brouillage entre le désir de savoir et l'????? qui retient de nommer le pire ; aussi, les questions du choeur vont se succéder, toujours plus empreintes d'émotion, jusqu'à ce qu'OEdipe dise lui-même , enfin, que ses filles sont « ses deux malheurs ( ????? ??? ?' ???, 531 b ) », qu'elles sont aussi « en même temps les soeurs de leur père (?????? ?? ?????? ????????, 535)», qu'il a tué son père (??????, 545), et, cette fois, comme la première, l'affolement perce dans des ????????? traduisant l'essoufflement du discours dans l'effort quasi sur-humain que fait OEdipe pour nommer la vérité, une vérité que les Coloniates lui arrachent littéralement de la bouche, ??????????) par les termes mêmes qui vont bientôt s'appliquer à l'homme, au héros, enseveli, pour toujours, et dangereux à réveiller, comme le sont toutes les forces chtoniennes 879 . Ses actes et sa personne sont comme assimilés dans ces deux vers, malgré qu'il en ait

O. C. Oedipe, ?) ????? ?????? ??? ??? ?????? ??? ???????? ??? ??? ?????? ????????, ?? ??? ????? ??????? ????? ????? ??? ?? ???? ?????, ???? ?? ?? ????????? ??? ????? ?????, pp.962-965

. En-parlant-de-lui-même, endormi sous la terre, boira le sang chaud des Thébains, si Zeus est toujours Zeus et si Phoibos, son fils, est toujours véridique. »((?) ??? ????? ????? ??? ??????????? ????? /?????? ???? ????? ?????? ???? ??????, /?? ???? ??? ???? ?? ???? ?????? ?????, 621-623). L'image du mort-vampire est propre à inspirer la crainte. Du reste, on peut se souvenir aussi que, dans les Choéphores d'Eschyle, le choeur encourage Oreste dans sa vengeance par ces mots : « Fils, la dent du feu ne dompte pas l'âme du mort ; un jour ou l'autre il révèle ses colères. » (??????, ??????? ??? ???????? ?? ??????? / ????? ?????? ??????, / ?????? ?´ ??????? ?????, OEdipe se nomme par exemple, « ??? ?????? ???????? » (un mort à la porte de Thèbes, 401). Plus loin, il assure Thésée que, contre les aléas des temps incertains, il peut lui procurer une garantie valable contre Thèbes: « (?) quand mon froid cadavre, p.13

. Digne-fille-d'oedipe, Antigone manie ses arguments avec l'habileté d'un sophiste 880 . À l'opposé de la logique d'OEdipe, qui tente de se défaire de son passé familial, sa conviction de la primauté des liens de sang voudrait ramener insensiblement son père au sein d'un ????? qu'il souhaite, pour sa part, ignorer. Pour cela, elle invoque

J. Le-note, 1195-1198) : qui sont, en effet, ces parents transportés par une vive colère contre leurs mauvais enfants, sinon OEdipe lui-même songeant à ses fils et qu'Antigone espère calmer par l'amitié de ses paroles ? Quelles sont ces souffrances du passé dues à un père et à une mère, sinon la querelle d'OEdipe et de Laios qui entraîna le parricide et ses funestes conséquences ? Le but à peine déguisé d'Antigone est d'infléchir la décision de son père et l'on peut considérer qu'elle y parvient, puisqu'il finit par entendre la supplication de Polynice. Pour autant OEdipe n'a pas été gagné par les arguments d'Antigone, car il va progressivement se détacher de toute ????? familiale. Sa réponse à son fils va même achever la rupture avec ce passé labdacide. Il renverse, en effet, habilement la logique de l'obligation familiale pour s'exprimer au nom de la Justice de Zeus (????, 1382), qui s'exerce, elle, au-delà du cadre de la famille. Non seulement, il ne doit rien à ce fils ingrat et oublieux, mais il l'accuse d'avoir fait de lui un marginal sans patrie et bien pire, de l'avoir tué : « (?) tant que je vivrai, lui assène-t-il, je me souviendrai que tu es mon meurtrier » ((?) ?????? ?? ??, ??? ?????? ??????????, 1361). Par cette affirmation, voilà donc l'histoire d'OEdipe entièrement modifiée, le parricide devenu victime de son propre fils, une faute effaçant l'autre, le passé lointain recouvert par un passé récent. Il va même beaucoup plus loin dans le reniement de sa propre histoire, en affirmant quelques vers plus bas : « Vous deux, vous avez été engendrés par un autre, pas par moi » (????? ?'??'????? ???? ???? ?????????, 1369). La formule fait bien entendu écho aux propres mots de Polynice affirmant qu'il était né « du triste destin » d'OEdipe (??? ????? ?????? ?????????, 1323-1324) et que, pour être son fils, Alaux 881 à la suite de Benvéniste, est une obligation à caractère sacré s'appliquant strictement à la famille, notamment ,ici, pour dissuader le père de nuire à son fils. Son argumentaire repose aussi sur des exemples en forme de réflexions générales, suffisamment explicites pour renvoyer à la situation présente (1192-1194) ou passée

, Sur le rôle croissant joué par la rhétorique dans l'organisation des discours, et notamment dans cette scène d'intercession et de supplication entre Antigone et OEdipe, lire D. Cuny, Une leçon de vie. Réflexions générales dans le théâtre de Sophocle, Les Belles Lettres, 2007.

J. Alaux, Remarques sur ????? Labdacide dans Antigone et OEdipe à Colone », in Mètis, vol.7, pp.209-229, 1992.

, De la même manière, la tentative de son fils pour s'identifier à lui en tant que mendiant (1335) sera retournée contre lui dans les vers cinglants, où il le chasse en le poursuivant de sa malédiction

P. Mazon, Elle n'est pas seulement longue, Notice de l'édition des Belles Lettres : « OEdipe à Colone est la plus longue des pièces grecques qui sont arrivées jusqu'à nous, p.72

F. Allègre, En un mot, les personnages de cette tragédie ont l'air d'avoir beaucoup de temps devant à eux, et ils l'emploient volontiers en conversations familières, en descriptions et en discours, comme des gens que les événements ne talonnent pas, p.237

F. Allègre, Du fait même que la fatalité s'est assouvie sur lui, elle n'a plus prise sur lui ; il n'a plus à la craindre ; il n'a plus d'actes à commettre contraires à sa volonté, mais seulement à supporter les résultats des actes déjà commis, et ces résultats n'altèrent en rien sa liberté, p.311

J. Bollack, Né damné » in La Naissance d'OEdipe, Traduction et commentaires d'OEdipe Roi, TEL, Gallimard, pp.217-237, 1995.

, sera consentant et informé de ce qui l'attend. C'est ce qui explique, en partie, qu'aucun mouvement de hâte n'apparaît chez lui avant le premier signe de Zeus au vers 1456, sous la forme d'un coup de tonnerre. Dès lors, la fatalité retrouve une apparence de merveilleux, dans la réalisation des ??????, qui n'étaient jusque-là que des mots, pp.94-95

. Mais, ce qui entraîne une prorogation artificielle de sa fin dans un temps même où l'urgence est de mise. Le cinquième stasimon instaure, en effet, une pause lyrique qui fait transition entre la scène avec Polynice et la scène du départ vers le lieu secret, permettant de mettre en valeur l'intervention divine dans le cours de l'action. Par la répétition de son schéma poétique -une strophe chantée suivie d'un dialogue composé de cinq trimètres entre OEdipe et Antigone, ce long kommos contribue à ralentir le temps, tout en intensifiant le suspens autour de l'arrivée de Thésée. Observons quelques traits de l'habile montage poétique de cette tension. Le vieil aveugle demande une première fois que l'on aille chercher Thésée, pour être le dépositaire de son secret, OEdipe est seul à savoir reconnaître les signes divins et à éprouver l'urgence extrême du moment, il lui faut donner des explications aux Coloniates et à ses filles. S'instaure alors un jeu dramatique intéressant entre la hâte de l'un et l'incrédulité des autres, pp.1457-1458

O. C. Oedipe-antigone, ????????-? ??????, ???? ???? ??? ????? ???????? ???? ??????? ??????? ???? ?????????, pp.1472-1476

, ????????-??? ?????? ?? ?? ????? ???????? ?????? ???.-????? ???????????? ?? ??????? ??? ????? ?????? ????? ????? ??? ?????????

, Antigone-Comment le sais-tu ? Sur quoi te fondes-tu ? OEdipe-Je le sais parfaitement. Allons ! Qu'on aille chercher au plus vite le roi de ce pays ! Pour la troisième fois, il réclame la présence de Thésée, mais mieux encore, il contribue luimême à ressusciter la fatalité dans les vers 1472-1473, rappelant l'arrêt irrémédiable qui pèse sur lui et qui approche (????), OEdipe-Mes enfants, elle arrive la fin de la vie que les dieux ont prévue pour moi et il n'est pas d'échappatoire

F. Allègre, «Entre la nécessité qui l'enchaîne au sol de l'Attique et sa volonté qui l'y retient, Sophocle ne distingue pas, ou plutôt il ne fait intervenir que la seconde et feint d'ignorer la première», p.314

A. C. Moorhouse, Il y a de l'impatience, mais aucune rudesse dans les « ? ????? ????? » de Zeus, plutôt la marque d'une familiarité « entre personnes qui se connaissent et qui entretiennent des rapports d'égalité ou d'intimité » d'après Michèle Biraud, p.97, 2010.

C. M. Bowra and S. Tragedy, , p.309, 1944.

C. Lire-par-exemple and . Segal, Thebes: Theater of Self and Society in Athenian Drama", in Nothing to do with Dionysos? Athenian Drama in its social context, pp.130-167, 1990.

O. C. Oedipe, ????????? ?????? ??????? ???? ?????? ??????? ? ?? ??? ?? ???? ??????? ?????, pp.109-110

, tout comme Philoctète, qui emploie le même terme à propos de celui qu'il est devenu 892 , OEdipe ne déplore pourtant pas le changement, contrairement au solitaire de Lemnos. Son statut de « fantôme » le sépare de l'homme au nom maudit (?????? ???????) et au corps souillé par la malédiction qu'il fut, étant tyran à Thèbes, car, s'il s'autorise à interpeler les Érinyes, c'est que la vieillesse et les longues années l'ont en quelque sorte lavé de cette ancienne souillure (???? ??????? ?????) 893 et l'on reconnaît là le retournement symptomatique de son destin, qui lui fait vivre le temps à rebours : sa jeunesse signifiait sa dégradation, sa vieillesse devient sa possibilité de salut et d'une intégrité retrouvée 894, Prenez pitié du malheureux fantôme de celui qui fut OEdipe, car ce n'est plus là l'homme que je fus jadis ! Devenu l'ombre de ce qu'il était jadis (???????)

, ??? ?????? ????, ????????? ??? ???? ????? 393), marquant par là l'idée de sa puissance nouvelle (?????, 392), dont il ne prend réellement conscience que devant les sollicitations obséquieuses de Créon, puis de Polynice. Et, lorsqu'il est temps pour lui de faire ses adieux à ses deux filles, il leur dit : « Tout ce qui était mien est mort » (????? ??? ?? ????? ????, 1613), signifiant qu'il a tourné le dos à sa vie terrestre, mais non pas qu'il est mort lui-même. En l'espace d'un seul jour, OEdipe est redevenu un homme et a abandonné son humanité, il est mort au monde pour renaître un héros, Dans le long jour qui voit sa réhabilitation devenir effective, il peut dire aussi : « Quand je ne suis plus rien, c'est là que je suis vraiment un homme

C. M. Bowra, , p.318

, Pour autant, il ne sera pas débarrassé intégralement de l'impureté qui le tient aux marges du seuil sacré, car, même s'il se présente lui-même comme un « mortel, consacré et pieux » (??? ??? ????? ??????? ??, 287), il tiendra Thésée à distance, lui interdisant de le toucher pour sceller leur engagement (1132-1136). Il faudra attendre l'ultime moment (1632)

O. , Si je suis un vieil homme, vol.726, p.727

. Enfin, Et quand on en observe l'usage, on remarque, en effet, que cet adverbe concerne toujours 898 ou Athènes ou OEdipe, soit dans une projection vers le futur lointain, où ??? traduit l'idée d'immuabilité, soit, bien plus souvent encore, avec l'idée d'un temps continu, d'une perpétuité que rien ne vient interrompre 899 . Par ces échos lexicaux soutenus, le sort d'Athènes, sa réputation, sa viabilité, l'éternité de son nom, semble aller étroitement de paire avec le sort d'OEdipe, qui, assurant la pérennité de la ville, assure sa propre éternité dans le culte qui lui est voué à Colone. Pour bien se rendre compte de l'étroite intrication de leurs deux destins, il suffit d'observer qu' ??? est rarement utilisé de manière isolée, mais souvent dans une logique de répétition, qui vise le soulignement d'un moment important. Il suffit alors de suivre l'emploi du mot dans le déroulement de la pièce pour déceler l'intention poétique, et notamment dans l'emploi d'un adverbe de temps particulièrement récurrent dans OEdipe à Colone : ???, « Toujours ». Vingt-sept occurrences peuvent être relevées dans le cours de l'oeuvre, ce qui est exceptionnel, si l'on compare avec les autres pièces de Sophocle 896, pp.7-8

, Par comparaison, et pour ne citer que les pièces où ??? dépasse la dizaine d'occurrences, on en compte quatorze formes dans Philoctète

J. Daly, Par exemple, dans les deux chapitres qu'il consacre à OEdipe à Colone, l'auteur étudie la récurrence de termes comme ?????, ?????, ??????, qui développent l'idée du devoir filial pour assurer la subsistance d'un père âgé et du devoir politique pour assurer le bien-être et la sauvegarde d'un membre de la communauté civique, Horizontal Resonance as a Principle of Composition in the Plays of Sophocles, 1990.

, À une exception près, au vers 1573, où il s'applique à la réputation du chien Cerbère, dont « la légende raconte toujours » (????? ???? ????) qu'il est le gardien

F. Ellendt and L. Sophocleum, Hildesheim, 1986, s.v. ??? : trois sens principaux sont attribués à l'adverbe, le premier pouvant se traduire par « toujours » (semper), le second, qui ne concerne pas les occurrences d'O.C. par «à chaque fois que

, Athènes, à un moment où Thésée vient d'accueillir le vagabond sans aucune réticence, en lui proposant la retraite qu'il demande. La connotation d'??? devient alors positive et participe à l'idéalisation de la cité, comme un paradis de l'âge d'or, où le narcisse fleurit « chaque jour» (????, 682), où le Céphise fertilise « chaque jour » (????,688) les terres, où Dionysos vient « toujours » (???,679) rendre hommage aux nymphes qui l'ont nourri et Zeus veiller sur l'olivier athénien d'un oeil «qui, vol.704

, Hâvre de paix pour les hommes et pour les dieux, Athènes apparaît alors comme un phare dans l'obscurité où il se trouve retranché, comme un but en soi et aussi, peut-on d'abord penser, comme une représentation symbolique de l'éternité sans bornes ni aléas

. Pourtant, il faut bien admettre que cette hypothèse est fausse, quand, plus tard, dans son face à face avec Créon, il fait opérer une nouvelle transformation du sens à ???. Son ennemi persiste à le traiter de « perpétuel vagabond

. Le-même-oedipe and . Lui, en revanche, promet à Créon une éternité au goût de vengeance, tout à fait nouvelle et symptomatique de son changement de statut : « Tu es venu pour m'enlever, non pas pour me conduire dans ma demeure, mais pour m'installer dans ton voisinage, afin que ta cité soit préservée, hors d'atteinte de tout dommage venant de ce paysci. Mais ce n'est pas ton destin ; ton destin, le voici plutôt : là-bas (????), mon esprit vengeur du pays (????? ??????? ?????) habitera éternellement (??????? ???) (784-788)». Ainsi son corps recevra-t-il bien un tombeau secret à Colone, mais, détaché de son cadavre 900 , son Érinys hantera Thèbes (????) pour l'éternité, réinvestissant pour toujours un lieu dont on le chassa jadis sans vergogne. Sa vision de ce qui va advenir est donc conforme en tous points à l'annonce des dieux, qui lui promettaient de devenir à la fois un bienfaiteur (????? ???, 92) pour ses hôtes et un fléau (???? ??, 93) pour ceux qui l'avaient chassé hors de Thèbes, Antigone des soins permanents (??? (?) ?????????, 750), mieux, d'être animé par la même colère que jadis, « qui fait toujours (sa) perte » (? ????? ??????????, 855)

D. Cependant and . Le-sixième-Épisode, lorsqu'il s'apprête à rejoindre son tombeau, nouveau foyer promis par Thésée (??????? ??????, 1726 a ), OEdipe offre une version plus mystique et

A. J. Festugière and . Tragédie, Voir la démonstration très intéressante, et fondée sur les textes, faite aux p.s 18 à 20. plus politique à la fois de l' ???. Il ne s'agit plus tellement, en effet, d'évoquer son propre sort, non plus celui de l'Athènes paradisiaque du choeur, mais celui d'une Athènes protégée par ses soins. Ses dernières recommandations insistent alors sur le secret du lieu de sa disparition 901 , qui doit être préservé « pour qu'il lui vaille toujours une force égale à mille boucliers (?? ??? ??? ?????? ??????? ????? ??? /(?) ??? ????, 1524-1525) ». Il insiste quelques vers plus loin sur le fait que le roi devra « lui seul, toujours » (????? ????, 1530) conserver le mystère de sa fin et le transmettre au plus digne, qui « à son tour et ainsi de suite » ( ? ?' ????, 1532) en accordera le privilège à son successeur. Ainsi l'héritage d'OEdipe à Athènes rompt-il avec la filiation par le sang. Il a définitivement remplacé toute ????? familiale pour une ????? élective, assez paradoxale, si l'on veut considérer que le détenteur du secret sera seul (????? 902 ) à posséder la clé du secret, qu'il ne partagera jamais avec la communauté des citoyens, le ?????? ??????? d'un héros est indépendant de sa dépouille mortelle, pp.3-24, 1973.

. Enfin, quand sa disparition est annoncée par le messager, l'adverbe ??? redevient un synonyme de « toujours

O. C. Choeur-messager, ????? -????? ??? ????????? ??????? -?? ????????? ?????? ??? ??? ?????? ??????????. Choeur-Le pauvre est-il mort ? Messager-Sache qu'il a gagné la vie éternelle, pp.1583-1584

G. Méautis, Ainsi des tombes de Nélée et de Sipyphe, enterrés sur l'Isthme de Corinthe, mais dont on ignorait le lieu précis, dans le but d'empêcher les ennemis de s'emparer de leurs ossements et de détruire ainsi l'influence de leur pouvoir de protection

J. Alaux, « (?) exclusivement attachée à ceux que la mort a saisis, elle n'aspire qu'à s'identifier à eux ; et pourtant, son geste exige la solitude, le vide absolu et, donc, l'absence radicale de toute ?????. » OEdipe, lui aussi, à ce stade de l'intrigue, mû par ce que Jean Alaux appelle « la logique du propre » s'est éloigné progressivement de la communauté des hommes et se projette dans l'avenir d'une part sous la forme d'un esprit, Peut-être retrouve-t-on ici une variante du paradoxe de la ????? d'Antigone, montré par l'auteur, pp.218-219

, Et elle se rassure plus loin en rappelant au choeur qu' « il a son lit sous terre, bien caché, pour toujours (????, 1707) ». À ses yeux, il a rejoint ses morts bien-aimés, ce même ?????, qu'il s'est pour tant appliqué à fuir et qu'elle imagine se reconstituant dans l'au-delà de la vie 905 . L'éternité d'OEdipe n'est donc pas un obstacle pour elle, qui admet sa disparition « pour toujours » sans renoncer à son affection « à jamais ». Il n'y a tout simplement aucune interruption du sentiment de la ????? pour Antigone,puisque, à travers l'emploi indifférencié d'??? appliqué à sa fin et d, Ces deux vers, même s'ils sont problématiques à cause de la corruption des manuscrits 903 , ont l'intérêt, tels quels 904, pp.1702-1703

, elle ouvre littéralement sur la perspective du temps extérieur au drame, celui du culte en vigueur, encore en 401 au moment où est donnée la pièce pour les Grandes Dionysies. Thésée l'emploie une dernière fois à la fin de l'exodos, lorsqu'il rappelle les termes du serment qu'il a prêté au héros (1760-1767) pour convaincre ses filles de renoncer à voir sa tombe : « Et si je respecte son ordre, j'aurai un pays fermé pour toujours aux chagrins » (??? ????? ?? ??? ????????? ????? /????? ????? ???? ??????, pp.1764-1765

W. Marx and L. Tombeau-d'oedipe, faussée par la crainte des philologues (éditeurs et traducteurs) de donner une interprétation trop chrétienne de la fin d'OEdipe, y compris les travaux récents comme celui de H. Lloyd-Jones (1992). C'est peut-être oublier que l'immortalité des héros païens était déjà bien admise et expliquée dans les travaux de Méautis (1940) et de Festugière (1972), par exemple, avant que H. Lloyd-Jones ne choisisse de traduire la réplique du messager par : « Be assured that that man has left (?????????) our ordinary life (??? ??? ??????) ! ». Faut-il vraiment expliquer son choix par « la gêne » de donner à son texte des accents par trop chrétiens ? N'est-il pas plutôt fondé sur le fait que ???? et ?????? renvoient la plupart du temps, y compris chez Sophocle, à la vie ordinaire des hommes (Kammerbeek, 1984) et que l'adverbe enclavé ??? pourrait très bien se comprendre comme un équivalent d'????, avec le sens de « durée d'une vie, Pour une tragédie sans tragique, Les Éditions de Minuit, 2012 : les p.s 139 à 143 sur « La bataille du vers 1583 » retracent l'histoire de son interprétation

A. On, J. C. Dain, H. Kamerbeek-plutôt-que, and R. C. Lloyd-jones, Jeeb pour le choix de ????????? à la place de ?????????. Pour la traduction de « ??? ??? ?????? », on suit les arguments de J.C. Kamerbeek, expliquant que ???? et ?????? se trouvent aussi chez Euripide avec le sens de « vie après la mort », dans deux exemples (Med. 1039 et Hipp. 195), et rajoutant que le vers 1583 est même comparable à O.C. 1701 : « ? ??? ??? ???? ??? ?????? ???????

. Ant, , pp.73-76

, Sophocle ont souvent remarqué combien ils étaient particulièrement étudiés pour entrer pleinement dans l'action, contrairement à ceux d'Euripide, destinés seulement à fournir les indications nécessaires à la bonne compréhension du public et écrits sur un ton plus conventionnel 908 . Chez notre auteur, par contre, le souci d'une exposition « en mouvement et en conflit 909

, Ajax, où la mise en abîme laisse entrevoir un peu de ce temps des dieux, dans lequel se fourvoie le héros ; qu'on se souvienne du début des Trachiniennes commençant audacieusement par une ?????, projetant immédiatement toute l'action vers sa fin annoncée

, Pour ce qui est de la fin de la tragédie, elle est aussi un moment important de l'action et cela pour plusieurs raisons. D'abord, chez Sophocle, l'exodos ne correspond jamais au moment de la crise ou de la révélation, qui a toujours lieu en amont, à l'exemple d'OEdipe Roi, où la vérité se fait jour à la fin du troisième épisode, laissant encore toute la place à l'exodos pour l'ostention pathétique du héros déchu. Autrement dit, la fin de la tragédie sophocléenne n'est pas la ????????? qu'on pourrait attendre, mais plutôt un temps où s'envisage l'avenir de la cité (O.C.), le retour en grâce d'un héros (Ph.), sa réhabilitation (Ajax), qu'on se rappelle Antigone, où le conflit des deux soeurs repose sur leur rapport très différent au temps, l'une envisageant dans la mort une éternité heureuse, tandis que l'autre ne vit le présent que dans l'inquiétude de voir le pire se réaliser, vol.910

, Même après la crise, définitive ou non, le drame continue ; les personnages commentent, négocient, pour savoir ce qu'ils feront du désastre. » Autrement dit, l'action tragique ne s'arrête pas à la crise, mais se poursuit dans le commentaire de cette crise : et l'on songe à Ajax, cas de figure assez exceptionnel, où le héros meurt au vers 865, à la fin du troisième épisode, tandis que le quatrième épisode et l'exodos montrent les négociations de Teucros pour obtenir des funérailles capables de réinscrire le héros dans un ??? glorieux : il ne faut pas moins de 555 vers à Sophocle pour clore la tragédie après la crise, « Même si le dieu triomphe et clôt les histoires dans une vérité définitive, les personnages et le choeur auront toujours leur mot à dire, approprié ou non

F. Allègre and S. , Étude surles ressorts dramatiques de son théâtre et la composition de ses tragédies, vol.15, 1905.

. Ibidem, , p.371

P. Judet-de-la-combe, Pour reprendre nos deux premiers exemples, après l'invocation à Bacchos, le messager entre pour annoncer le changement radical de Créon devenu « un cadavre vivant, p.86, 2010.

, 1167) et après la déploration du sort changeant d'OEdipe, un serviteur sort du palais pour apprendre aux Thébains les circonstances de la mort de Jocaste et la réaction sanglante d'OEdipe : un double malheur est donc entre-temps venu s'ajouter au malheur de la vérité révélée. On peut considérer qu'il y a là une véritable progression des événements, donnés comme vraisemblables parce qu'ils se situent dans un laps de temps suffisant, pp.1186-1221

, Il peut aussi se faire que le chant du choeur s'inscrive véritablement dans l'action. Par exemple, dans OEdipe à Colone, entre les deuxième et troisième interventions de Thésée, les Coloniates entonnent un chant (1044-1095), dans lequel ils espèrent la victoire de leur roi contre les hommes de Créon qui ont enlevé les filles d'OEdipe. Dès la fin de ce chant

O. C. Coryphée, ? ????? ?????, ?? ????? ??? ??? ????? ?? ???????????? ??? ????? ??? ?????? ????? ????? ????? ??? ??????????????, pp.1096-1098

, Pauvre étranger errant, à ton guetteur tu ne diras pas qu'il est un faux prophète. Tes filles, je les vois qui approchent, Elles reviennent ici

, Le caractère visionnaire des descriptions qu'il donne des combats a un rapport avec la question temporelle, car il les exclut naturellement de la chronologie, laissant ces événements dans l'entre-deux atemporel formé par l'espoir et par l'attente, terreau fertile pour l'imaginaire qui veut constituer une réalité espérée. Voilà pourquoi on y retrouve l'expression de l'imminence, lorsque le choeur pense que les ennemis vont bientôt s'engager dans la bataille fracassante (?????/ ?????? ???? ?????????? ??? ????????? ??? /?????????, 1045-1047), ou que Thésée va bientôt se trouver pris (???? ????????, 1057) dans un combat décisif, ou encore quand il pronostique de façon très assurée, au futur, que le combat de Créon « sera perdu » (?????????, 1065 a ). Le temps du présent sert aussi à décrire la bataille hors-scène (?????????, 1067 ; ??????? ???????,1068 ; ???????, 1071), ce qui remplace sans doute le récit plus traditionnel qu'aurait pu faire un messager après les événements et crée une tension réelle et un suspens, que le choeur renforce par l'expectative mort et Créon veut hâter son châtiment : leurs deux projets finissent par se rejoindre et à faire l'unité de l'action. Mais les cas de figure les plus impressionnants en termes d'inventivité narrative sont les pièces construites sur la tension qui oppose l'immobilité/le retard/l'empêchement et la mobilité, pp.1081-1084

. Ainsi and . Dans-l'exemple-des-deux-oedipe, Le protagoniste d'OEdipe Roi progresse dans son enquête, au gré des confrontations, avançant par degrés jusqu'à la vérité qui le fait remonter dans son passé et cela dans le contexte d'une cité entièrement figée dans un temps miné par les désordres du ?????. Dans OEdipe à Colone, par contre, l'immobilité est le propre d'OEdipe qui a trouvé son salut et le lieu de son tombeau dans le bois des Érinyes : qu'il s'asseye pour ne plus bouger n'est plus la marque d'un désordre, mais plutôt d'une reconnaissance ; par contre, les personnages secondaires, eux, Sophocle inverse-t-il les lignes de tension

. Immanquablement,

. Le, font la matière principale de la tragédie de Sophocle, non seulement dans le coeur des discours des personnages, mais aussi dans la configuration du ????? tragique. La grammaire nous dit que le grec ancien est plus sensible aux aspects qu'aux temps, et qu'à la question « quand ? », il préfère la question « comment ?, Un dernier point mérite encore l'attention : il s'agit des temps, vol.915

. R. Le-futur-ne-peuvent-s'y-déterminer-comme-dans-la-prose-ordinaire-;-o and . El, Le passé y est un temps fragmenté, révélé par bribes et parfois même ignoré ou oublié du personnage (OEdipe, Ajax, l'Héraklès des Trachiniennes). C'est lui qui crée le suspens tragique. Quant au présent, obsession majeure du personnage de Sophocle, il est miné par ce passé qui le conditionne et se trouve toujours être un temps qui dysfonctionne : soit il devient attente et immobilité

, Sophocle aurait écrit un traité Sur le choeur et marqué clairement ce qui le distinguait d'Eschyle et d'Euripide. Cette démarche critique et explicative, ???? ???????-??????? ??????? D'après Plutarque 916

C. Deuxième-partie,

A. C. Moorhouse, The Syntax of Sophocles, pp.181-213, 1982.

. M. Plut, . Bibliographie-i, . Ouvrages, . La, and . Grecque,

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