T. «-l'emphatique-et-immature,

A. «-sa-belle-fille, qui purge à l'extrême ses mythes familiaux, incarnés tout d'abord dans le père et ensuite, pendant le bref passage de la puberté

«. Francesco-le-grêlé,

N. Le-«-pauvre-aventurier,

, La dynamique qui découle de l'attitude tragi-comique du Don Quichotte est mise en acte par la narratrice elle-même, qui en racontant les vicissitudes de sa famille, transforme les tristes chroniques quotidiennes des personnages en déceptions et soupirs dignes d'un romanfeuilleton : elle joue avec les ambitions de ses proches, qui naissent des ombres des figures topiques de la tradition. Voilà la raison pour laquelle l'expression « coquetterie littéraire » (forgée par le critique Arnaldo Fraiteli en 1948) s'adapte très bien à l, Nous pouvons indéniablement percevoir la typicité de ces personnages, les types romanesques et sociaux qu'ils incarnent, vol.201, p.234

«. Moderno, la sua struttura classica e nella sua naturale assimilazione di tutte le esperienze sostanziali : dal romanticismo, all'utima scienza psicologica, alla cognizione nuova della realtà e del tempo) [?] » (tiré de la jaquette de l'édition Einaudi, 1961.

T. «-l'enfatico-e-immaturo,

A. , che sconta fino all'estremo i propri miti infantili, incarnati prima nel padre e poi, per il breve passaggio della pubertà

«. Francesco, il butterato" » ; 4. Il « misero avventuriero Nicola » (ivi, p.228

, qui retrouve « anche una sorprendente voglia di ridere », nous ne pouvons pas être complètement d'accord avec Graziella Bernabò, lorsqu'elle remarque que la parodie chez Morante « è altra cosa dalla comicità, ponendosi come una ripresa seria, e a tratti perfino dolorosa, di modelli del passato, e non come un semplice scimmiottamento degli stessi. Non a caso, nella produzione morantiana, la parodia si situa sempre in territori tragici, perché dominati dalla morte (Concetta D'Angeli), con la dolente consapevolezza di un'oscillazione "fra realtà e finzione, tra la parola e la cosa, Giorgio Agamben) » (G. Bernabò, La fiaba estrema, p.83, 2012.

, En approfondissant les grands romans courtois, Mancinelli souligne aussi leur affinité avec les contes de fées : « La loro origine fiabesca è testimoniata dagli elementi magici ancora presenti nelle rielaborazioni francesi e tedesche -incantesimi, maghi, fate, oggetti prodigiosi -le quali rivestono questa antica materia delle forme di vita delle corti del XII e XIII secolo, La nascita del Bildungsroman nella letteratura tedesca medievale », dans Autoscienza e autoinganno, p.19

:. Giulia-dell'aquila-avance-une-intéressante-remarque-À-propos-du-prénom-d'arturo, Che sia inteso come il re leggendario del ciclo bretone, o come l'astro ?????????, in latino Arcturus, cioè "guardiano dell'orsa", la stella principale della costellazione di Boote in cui, secondo la tradizione mitologica, Zeus avrebbe trasformato Arcade, mentre stava per uccidere, durante una battuta di caccia, la madre Callisto, trasformata in orsa (una duplice opzione interpretativa, questa, proposta dallo stesso narratore in apertura del romanzo), ci si avvede subito che, ben diversamente da quanto accade al mitico cavaliere della Tavola Rotonda, al nostro Arturo non tocca la stessa consuetudine di radunarsi in festosi conviti per raccontare fantastiche imprese, come non tocca di brillare per lungo tempo in un luminoso cielo. È la solitudine, infatti, a fare da sfondo alla sua vicenda, una solitudine protratta che consente ai suoi "gelosi occhi dormienti" di proteggere quel "piccolo punto della terra" cui corrisponde il suo universo. Non stupiscono dunque i nomi di Eurialo e Alessandro citati nella Dedica: il richiamo al giovane e amato guerriero descritto in un noto episodio dell'Eneide, che va deliberatamente incontro alla morte per accompagnare l'amico Niso nella fatale sortita notturna, morendo poi con lui, e ad Alessandro (che sia il Paride dell'Iliade, o il Macedone) etimologicamente "difensore di uomini", induce a pensare all'Arturo ormai adulto, al suo senso di protezione nei confronti della propria infanzia, della "stella sospesa nel cielo boreale / eterna", e alla sua volontà di circondare con il diaframma della massa marina l'"isoletta celeste" in cui è vissuto, troppo cara per essere violata, p.181, 2002.

«. Scrivendo, L. Di, and A. Flauto, cioè la storia di un ragazzo che passa attraverso tutte le prove dell'esistenza umana entre Arturo et sa belle-mère et à l'harmonie qui se crée entre les deux jeunes, qui se racontent leurs vies et leurs rêveries. Il faut bien remarquer que, pendant cet après-midi, Arturo ne manque pas de se livrer à des confidences et à la conversation, deux activités qu'il a toujours attribuées à l'amour maternel (« je pensais à elle [la mère] comme à la fidélité, à la confiance, à la sociabilité : en somme à tout ce que, d'après mon expérience, les pères n'étaient pas, p.171

, Parfois elle s'avère une sorte de déesse ou une reine, bien qu'elle garde un esprit enfantin et une parfaite candeur. Elle défend avec ardeur son mari, même devant sa mère Violante, et ne cède pas devant l'amour (réciproque) pour Arturo. Sa sagesse inconsciente, sa « supériorité de matrone à laquelle se mêlait un air de valeur quelque peu enfantin » (p. 563) font d'elle un personnage inoubliable 259 . En outre, il est indéniable que l'arrivée de Nunziata (une femme qui passe la porte de la Maison des guaglioni !) modifie les habitudes quotidiennes : Costante, le cuisinier est libéré du service et un nouvel enfant

, Enfant Jésus : elles constituent une sorte de galerie de maternités saintes attirant l'attention du protagoniste (cf, pp.144-192

A. and C. , D'autres éléments du roman liés à la Vierge Marie sont de simples prénoms (très répandus en Italie méridionale) tels que Nunziata

». «-hibou, Nunziata est en outre comparée à la chienne d'Arturo, Immacolatella, en ce qui concerne le regard et lorsqu'elle est en train d'accoucher. -Non. -Eh bien alors, si ce n'est pas vrai, comment expliquer les histoires que tu me racontes sur lui ? qui, à t'entendre, serait une sorte d'aviateur océanique? de? Il se mit solennellement debout : -? de? de véritable Citoyen de l'Espace ! continua-t-il d'un ton de menaçante moquerie, ? alors que lui, au contraire, est exactement le type qui n'a jamais quitté le sein de sa mère et qui ne le quittera jamais ! Et en fait de voyages, mais surtout dans le chapitre «Un après-midi d'hiver», Nunziata (ou une partie de son corps) est comparée à toute une série d'animaux ou éléments naturels. Ces similitudes situent la belle-mère dans une dimension bien précise, liée à la terre, à un monde sauvage mais docile à la fois. Parmi les éléments de comparaison, nous avons trouvé les suivants : « corbeau », « femmes barbares, pp.533-567

. Dans-le-duel-arturo-stella, Il ne peut, par conséquent, s'empêcher de reconnaître que Nunziata aussi lui avait parlé de Wilhelm en ces termes, avec toutefois un ton complètement différent : Ce n'était pas la première fois qu'un jugement aussi inattendu sur mon père venait frapper mes oreilles. Je me rappelais avoir déjà entendu, dans le passé, une autre personne affirmer quelque chose de guère différent, l'arme de celui-ci est très puissante et surtout inconnue du protagoniste : la « menaçante moquerie » qui déconstruit petit à petit les idéalisations et les certitudes qu, pp.531-563

, Accepter une figure paternelle si médiocre est impossible pour Arturo : une partie de lui, malgré les preuves, continuera pour toujours à voir en Wilhelm un héros

, Arturo sauve son père, ou mieux, l'idée qu'il a toujours eue de W.G. Plusieurs caractéristiques de Stella, notamment son intérêt pour « le fric », l'argent, sa sousculture et son projet d'ouvrir un garage à Rome avec sa future épouse (grâce à l'argent gagné en échange de sa prostitution), font de lui, selon Bardini 265 , le membre d'une catégorie de Nombreux Malheureux détestée par Morante : la petite bourgeoisie. À l'instar de Nunziata, Stella vient du continent

, Son langage est nouveau, sa façon de parler aussi (le fameux « ton de menaçante

M. Bardini and M. Elsa, Bardini souligne que: «Stella dimostra di essere davvero ciò che, sin dal "primo sguardo", si era rivelato all'istinto dell'acuto Arturo: un Bieco individuo che accende "un odio definitivo". Una perifrasi che, valutato l'insieme degli elementi caratterizzanti, ritengo posso essere sostituita con un termine che non è di Arturo, e che E.M. ha sempre utilizzato con evidente disgusto, p.543

. Or, comme il est le contraire de la vie : puisque (et la chose paraît vraiment trop banale pour être dite !) la poésie, comme la vie, veut précisément donner une forme et un ordre absolus aux objets de l'univers

. Or, ou les romans en général, des autres poésies moins vastes, tient précisément à cela : sous le nom de poème, ou de roman, sont définies les oeuvres poétiques où l'on reconnaît l'intention de refléter l'homme dans son intégrité

, tout poète doit traverser l'épreuve de la réalité et de l'angoisse, jusqu'à la limpidité de la parole qui le délivre, et délivre aussi le monde de ses monstres irréels. Et dans cette courageuse traversée chaque poète est un pionnier, car le drame de la réalité n'a pas de limites, Comme les protagonistes des mythes, des fables et des mystères, pp.149-53

. Le and . Le-protagoniste-de-l'île-d'arturo, doit surmonter l'épreuve de la réalité et délivrer le monde des monstres irréels, à travers la limpidité de la parole et la capacité de représenter l'homme dans sa totalité, Sul romanzo » (constitué par les réponses à une interview de la revue Nuovi Argomenti

, Morante clarifie sa pensée : l'écrivain a la mission d'établir le contact avec la vérité

, L'essai illustre le concept de réalisme pour Morante, qui en général, semble suivre les modèles de théories et critiques marxistes

«. Roman, auteur -à travers la narration inventée de vicissitudes exemplaires (choisies par lui comme prétexte, ou symbole des "relations" humaine dans le monde) -donne dans sa totalité une image personnelle de l'univers réel (c'est-à-dire de l'homme

L. Narratif, Et cet art trouve, dans le roman, son entière configuration. Le romancier, à l'égal d'un philosophe-psychologue, présente dans son oeuvre un système du monde et des relations humaines complet, et qui lui est propre. Sauf que, au lieu d'exposer son système en termes de raisonnement, il est entraîné par sa nature à le représenter dans une fiction poétique au moyen de symboles narratifs. Tout roman, donc, pourrait, chez un lecteur attentif et intelligent (mais hélas de semblables lecteurs sont très rares, est une des formes nécessaires qu'utilise l'homme pour susciter

, autre artiste) l'expérience contingente de sa propre aventure ne suffit pas. Son exploration doit se changer en une valeur pour le monde : la réalité corruptible doit être changée, par lui, en une vérité poétique incorruptible. C'est là l'unique raison de l'art : et c'est là son réalisme nécessaire

, Quand le monde se trouve à certains passages dramatiques, plus que jamais serait souhaitable une conscience limpide et désintéressée de la part des artistes, et en particulier des écrivains. En effet, l'écrivain de poésie, et le romancier en particulier (égalé en cela peut-être seulement par le poète tragique) représente dans le monde l'harmonie accomplie de la raison et de l'imagination : c'est-à-dire la conscience humaine entière et libre, l'intervention qui rachète la cité humaine des monstres de l'absurde, pp.45-70

, Et, de fait, Ida était restée, au fond, une fillette, car sa principale relation avec le monde avait toujours été et restait (consciemment ou pas) une soumission apeurée. Les seuls, en réalité, à ne pas lui faire peur avaient été son père, son mari et, plus tard, peut-être ses petits élèves. Tout le reste du monde était d'une insécurité menaçante pour elle qui, sans le savoir, avait ses racines dans Dieu sait quelle préhistoire tribale. Et dans ses grands yeux sombres en amande il y avait une douceur passive, crépues et très noires commençaient à blanchir, mais l'âge avait laissé bizarrement indemne son visage rond, aux lèvres saillantes, qui faisait penser à celui d'une fillette souffreteuse, pp.31-32

, Cette prédisposition innée au mystère de la vie et de la mort rend Ida très proche de Nunziata, qui pourrait, en ce qui concerne cet aspect, en être une figure anticipatrice. Le zèle qui caractérise l'amour maternel d'Ida n'est pas suffisant pour faire d'elle une héroïne : dans ce roman, une fin heureuse n'est pas du tout visée, la prémisse même du roman la rendant catégoriquement impossible. Par conséquent, rien ne peut empêcher de rester sans voix devant la douleur immense d'une mère qui perd ses enfants : il s'agit d'un destin insensé mais pourtant inévitable. Lorsque Nino meurt, Ida le retrouve dans ses projections mentales, tel un fantôme qui lui reproche de l'avoir fait naître. C'est à partir de ce passage que le fluide vital qui faisait de la protagoniste une guerrière commence à s'épuiser : Ida savait que ce Nino [?] existait maintenant seulement dans son esprit dérangé. Et pourtant, elle redoutait la persécution de ce Nino, au point que, en particulier la nuit, elle tremblait à la pensée de le voir prendre corps et de le trouver posté derrière une porte ou dans un coin quelconque de l'appartement, pour lui reprocher : « Pourquoi m'as-tu mis au monde ? La coupable, c'est toi. » Alors, telle une meurtrière, elle avait peur de traverser le couloir obscur ; ou même d'être couché dans son lit avec la lumière éteinte. [?] A la vérité, c'était là une sorte d'interrogatoire du troisième degré qu'elle s'imposait inconsciemment à elle-même, pour se faire pardonner par Nino ; et dans lequel ensuite, telle une délatrice d'elle-même, elle ne faisait que s'accuser, au lieu de tenter de se disculper. C'était elle qui avait tué Ninnuzzu, Ce portrait offre aux lecteurs presque toutes les informations essentielles sur Ida : elle passe inaperçue parmi le petit peuple romain, avec son aspect presque négligé et son air effrayé. Mais son point fort réside dans son lien avec une sorte de « préhistoire tribale », dont ses yeux sont le reflet, avec leur « barbarie très profonde et incurable ». Cet état de « prescience » rassemble, nous dit la narratrice, à la « mystérieuse idiotie des animaux », qui gardent encore un « sens du sacré » désormais inconnu aux êtres humains, pp.674-75

, Malgré le respect pour les « Autorités » (« c'est-à-dire [?] cette abstraction occulte qui fait la loi et impose la sujétion » p. 66), en général, et son travail d'institutrice, Ida n'a aucune notion ni ne montre d'intérêt pour les évènements qui se passent autour d'elle : « pas plus que Dieu, l'Histoire n'avait jamais été le sujet de sa pensée, Obsédée par les visions de Nino, Ida arrive à prier « Dieu [?] sinon autre chose » de donner à son fils mort le repos, elle qui « n'avait jamais cru à l'existence supraterrestre d'un dieu quelconque, p.680

. Useppe, Useppe ajoute toujours une touche de spontanéité à toutes les situations qui le concernent. Sa physionomie suscite tendresse et reste ancrée dans la mémoire, la rubrique des notes prises lors de la rédaction du roman, sous le nom « Useppe

, non in quanto amico della Morante!) so per certo che tutta la prima parte del romanzo -al di fuori delle esperienze intellettuali che sono anch'esse infine autobiografiche -è dominata dall'elemento autobiografico del terrore della mezza ebrea all'inizio delle persecuzioni razziali. Tale atroce esperienza autobiografica è dalla Morante imparzialmente suddivisa tra la madre di Ida e Ida. Idea straordinariamente poetica. Infatti nessuno dei due personaggi è poi autobiografico: l'una vivendo miticamente la prima parte della tragedia, e l'altra la seconda parte, sono gli unici personaggi davvero oggettivi dell'intero libro. Essi hanno la profondità -l'estrema precisione e l'estrema imprecisione -delle persone viventi. Assai poetica è poi l'intuizione del personaggio di Ida, una povera di spirito incapace di guardare una sola volta in faccia la realtà, eppure così piena di grazia, non mai manieristica» (P.P. Pasolini, « Un'idea troppo fragile nel mare sconfinato della storia, D'une des critiques de Pasolini sur La Storia, nous proposons ce passage sur le personnage d'Ida : « Quale filologo che ha reperito documenti e ha raccolto testimonianze scritte o orali, 1974.

P. Azzolini, Useppe est, en effet, atteint d'épilepsie] : forme anche queste di linguaggio, segnali del disagio e dell'appartenenza a una regione di confine, al di là dei regni della ragione e del logos tradizionalmente umano. Ma tutta la vicenda del romanzo si struttura sull'opposizione di questo mondo innocente, povero, infantile, animale, il mondo di Ida e Useppe, della madre e del figlio, di contro alle leggi inumane della Storia. La valenza simbolica immanente a tutta la peripezia è quindi il femminile, il femminile materno che si specchia nel figlio e che la legge della crudeltà e della violenza tende a cancellare. Useppe, come Arturo de L'isola, si caratterizza come figlio: per lui non c'è un modello adulto dopo l, à propos des figures de Useppe et Ida, écrit: « La coscienza e la saggezza dei semplici sconfina nella follia e nella malattia

, Arturo e Useppe alla soglia dell'età adulta scompaiono e insieme con loro, scompare l'Eden che verifica la propria inconsistenza e fragilità di fronte all'urto del reale, Di silenzio e d'ombra. Scrittura e indentità femminile nel Novecento italiano, p.209

, « ricordare nel corso della storia accenni al ciuffetto ritto nel mezzo della testa » (ARC 52 IV 3.6 rubrica

. Italo-calvino-s'interroge, G. Dans-sa-critique-du-roman-;-dans, E. Rosa, and . Morante, sur la fonction du pathos au XX ème siècle : « Ciò che oggi è in discussione è la presunzione che il pathos narrativo rappresenti la "vita" o "l'umanità", o i "sentimenti", o il "dolore" o la "verità". Oggi sentiamo che far ridere il lettore, o fargli paura, sono procedimenti letterari onesti, p.139

À. La-lettre-«-u-»-de-la-rubrique-de-morante and . Useppe, come una creatura istintiva che sentendosi nel sangue un germe virulento vuole risparmiare gli altri dal contagio » (ARC 52 IV 3.6, rubrica, Biblioteca Nazionale Centrale di Roma, archives numérisées). inconsciemment que sa fin est proche 287 : « Dans la sombre petite entrée, p.927

, Nous avons déjà eu occasion de mettre en évidence le passage ci-après à l'intérieur du chapitre de notre travail consacré aux stigmates, mais nous estimons important de le citer ici de nouveau, puisque, face à la mort et à la douleur insensée, personne, la narratrice y compris, n'est capable de trouver la raison de ce destin inéluctable : Levant les yeux vers elle [Ida], il [Useppe] éclata soudain en sanglots arides. Et avec la stupeur d'un petit animal, il demanda d'une voix désespérée : « M'man? pourquoi ? ». En réalité, cette question ne paraissait pas s'adresser vraiment à Ida présente devant lui : plutôt à une quelconque volonté absente, horrible et inexplicable. [?] Cette question : pourquoi ? était devenue chez Useppe une sorte de refrain qui lui revenait aux lèvres à tout instant et hors de propos, sans doute obéissant à un mouvement involontaire (sinon, il se serait efforcé de la prononcer correctement avec un r), Presque l'image d'une crucifixion inéluctable. Les deux protagonistes du roman, le couple mère et fils, sont condamnés à subir la guerre et les évènements historiques : ils ne peuvent que souffrir, car ils n'ont ni conscience de leur condition au sein de l'Histoire ni le désir de la connaître

, cette petite question avait un son têtu et déchirant, plutôt animal qu'humain. De fait, elle rappelait la plainte des petits chats jetés dehors, des ânes enchaînés à la meule et des chevreaux chargés sur la charrette pour la fête de Pâques. On n'a jamais su si tous ces « pourquoi » mystérieux et sans réponses parviennent à une quelconque destination, p.714

. En and . Ida, sa précognition enracinée d'une certaine manière dans la nature, sa maternité douloureuse s'opposent aux pulsions de mort qui contribuent à la primauté du Pouvoir 288 , en répétant ainsi la dichotomie vie-Histoire qui se

. L'épilepsie, Ferdinando Camon compare L'idiot de Dostoïevski (cité par plusieurs critiques comme un auteur modèle pour Morante) à La Storia, surtout en ce qui concerne la fonction de l'épilepsie : « Tanto nell'Idiota che nella Storia il "male sacro" è il deus ex machina per la risoluzione della trama : ma in Dostoievski la sua funzione trascende in quella di semplice strumento o espediente : il « Grande Male » rappresenta allora le colonne d'Ercole che bisogna attraversare per uno sguardo nell'ignoto della verità. C'è dunque una funzione conoscitiva del male in Dostoievski, mentre nella Morante non c'è che una funzione distruttiva

, Il Grande Male nella Morante è lo scacco della scienza medica o della scienza tout court, il preludio della morte, la vittoria della Storia sulla natura, Tjuna Notarbartolo, sous la direction de, p.94, 1993.

, Dans Piccolo Manifesto dei Comunisti (senza classe né partito), un texte de Morante publié posthume, à l'article 3, nous trouvons une sorte de définition du terme "Pouvoir": « Il disonore dell'uomo è il Potere

, Il quale si configura immediatamente nella società umana, universalmente e da sempre fondata e fissa sul binomio : padroni e servi -sfruttati e sfruttatori (E. Morante, Piccolo Manifesto dei comunisti senza classe né partito, 2004.

, e non si può chiudere in nessun modo un'ideologia illimitata » ; l'idéologie « décidée », par contre, en générant la structure du livre, à savoir l'opposition entre Histoire et vie, est appliquée sur un modèle, le roman populaire, qui selon Pasolini n'est pas du tout apte à la valoriser : « La Morante [?] correda questa idea elementare, e evidentemente insostenibile (come si può separare la Storia del Potere dalla Storia di chi subisce la violenza di tale Potere, oppure se ne estranea ?), di un supporto filosofico-politico. La filosofia è quella di Spinoza, quella del Vangelo letto da San Paolo e quella della grande cultura induistica; la politica è quella ideologizzata degli anarchici. [?] Tale affascinante ideologia personale rivela però un'estrema debolezza e fragilità nel momento in cui viene tradotta in termini di romanzo popolare, applicata, volgarizzata. [?] È chiaro che essa per valere -come realmente vale -ha bisogno di un'assoluta aristocraticità, di una assoluta illeggibilità. E infatti non per nulla il suo alto valore si manifesta in pieno nel precedente libro della Morante (Il mondo salvato dai ragazzini) che è un libro di versi, cui invano il registro gnomico, e, ancora favolistico, tentano di attribuire leggibilità. Nel momento in cui tale ideologia viene trasformata in un "tema" di romanzo popolare -per definizione voluminoso, carico di fatti e informazioni, facile, rotondo e chiuso -essa perde ogni credibilità: diviene un fragile pretesto che finisce col derealizzare la sproporzionata macchina narrativa che ha preteso di mettere in moto, Pasolini affirme que le caractère illimité de l'idéologie "réelle" du livre (la mort qui réduit la vie à une blague) est susceptible de saper la convention du conte de fée utilisée par Morante : « infatti la favola è per sua costituzione chiusa

«. Questo and . Tutti,

. À-partir-de-ce and . Moment, Useppe a deux mères : Ida, dont l'énergie était en train de s'épuiser (« C'était une sorte de petit calice miraculeux qui se rouvrait tous les matins au sommet de sa tige corporelle, même si celle-ci vacillait, malmenée par les vent austral ou arctique. Mais cet hiver 1946, sa floraison, qui semblait perpétuelle, se tarit » p. 681) et Bella Pelozozzo, « une protectrice et une surveillante, vol.291, p.679

, Nous louons toute la nation multiforme de nos compagnons animaux, ce cirque angélique où l'homme peut reconnaître, en témoignage de son rang perdu, la noble enfance de l'Éden » (dans Pro ou contre la bombe atomique, cit, vol.293, p.623

, Le système des personnages semble essentiellement se diviser en groupes qui ne sont rien d'autres que des ensembles basiques de l'existence : parents et fils, hommes et femmes, personnes âgées et jeunes. Ainsi nous constatons non pas une division de classes sociales, mais plutôt une répartition fondée sur des catégories biologiques. Parmi ces dernières, une brille par son absence : les pères, comme dans les romans précédents, s'avèrent, s'il y en a

, Bella agit en tant que véritable mère et ses dialogues et mouvements paraissent tout à fait humains

. Lorsque-davide-chasse-useppe, l'enfant s'enfuit épouvanté : « -Attention ! -le suppliait Bella qui galopait près de lui, traînant derrière elle la laisse, -attends avant de traverser ! Tu ne vois pas le tram ?! voilà un camion !! fais attention ! là il y a des poutres ! tu vas te cogner contre le mur?-» (p. 888). Paola Azzolini souligne judicieusement à ce propos : « Nel miracolo della vita la separatezza del femminile diviene un connotato positivo, in cui risiede la creaturalità originaria e le donne raggiungono il sublime, quel sublime biblico che le apparenta a tutti i "sereni animali che avvicinano a Dio", come in una famosa poesia di Saba, il poeta prediletto di Elsa, dedicata alla moglie, Fous le camp, affreux idiot, avec ton sale cabot ! »), p.208

, La chienne s'avère un être presque mythique : « Bella possédait une sorte de mémoire folle, errante et millénaire, qui lui faisait flairer soudain dans un fleuve l'océan Indien et la maremme dans une mare d'eau de pluie. Elle était capable de flairer aussi un char tartare dans une bicyclette et un navire phénicien dans un tramway, pp.725-751

B. Telle-une-mère-patiente and . Attend-useppe-lorsque-celui-ci, Et Bella à son tour dressait un peu ses oreilles, comme pour partager au moins pendant un instant cet espoir fabuleux, et cela bien qu'à la vérité elle en ait su l'absurdité. De fait, elle renonçait à suivre l'enfant, l'accompagnant, immobile, d'un regard d'indulgence et d'expérience supérieure. Puis, comme Useppe revenait presque immédiatement sur ses pas, honteux, elle l'accueillait avec ce même regard. Ils n'étaient pas peu nombreux les Nino et les Ninetto vivant dans le quartier, déjà mort depuis quelques mois: « À ce nom, pp.708-717

, VIVA STALINE Non parce que Staline lui était sympathique ; et, même, à cette époque, ledit Staline lui semblait être l'ennemi principal. Mais comme ça, par défi. Il se serait pareillement amusé à écrire VIVE HITLER sur les murs du Kremlin » (p. 197). À l'égard du personnage de Davide, la narratrice, en revanche, ne montre aucune forme de tendresse : sa névrose et ses comportements dérangent par conséquent le lecteur, qui ne sait pas où situer ce personnage, très ambigu et insaisissable. En lui sont concentrés différents aspects stigmatisants 297 (cf. le chapitre « Stigmates ») et sur lui se projette la figure de l'intellectuel au fond incapable, inapte, et inerte face à la réalité : il n'est clairement pas celui qui « affronte le dragon nocturne pour libérer la cité prostrée, p.19

. En and I. Gunther, le désaccord entre actions extérieures et état d'âme déstabilise tout Son langage est parfois obscène (il enseigne des gros mots à Useppe, comme « putain », que celui-ci apprend et répète à sa manière, « tutain », en s'amusant beaucoup): « Puis arpentant le couloir, il disait qu'il eût voulu réduire l'univers entier à un seul visage, pour en faire de la bouillie avec ses poings ; mais que, si par hasard, c'était un visage de femme, après l'avoir frappé à coups de poing, il l'enduirait d'une pommade de merde. Il en voulait même à son Duce, qu'il menaçait de traitements fantastiques mais, à la vérité, impossibles à répéter

, Durant ces monologues infâmes qu'elle qualifiait pauvrement de scènes triviales, Iduzza, terrifiée, se réfugiait dans sa chambre, se bouchait les oreilles avec ses deux paumes pour ne pas entendre, pp.225-251

, Spinazzola synthétise les stigmates de Davide de la façon suivante: « La Morante ha unicizzato molto il personaggio, assommando in lui una serie di motivi di diversità: razziale, in quanto ebreo; culturale, perché intellettuale; sociale, giacché di buona famiglia borghese; etnica

. Vogliamo, quanto cliente fisso di una vecchia e brutta prostituta » (V. Spinazzola, L'egemonia del romanzo, p.308

L. De-suite and . Lecteur, mais on s'aperçoit bientôt que Gunther n'est qu'un pauvre garçon effrayé, sans expérience et à la recherche d'un refuge : Et ce soldat ne se distinguait pas des autres de la même série : grand, blond, avec l'habituel comportement de fanatisme disciplinaire et avec, en particulier dans la position de son calot, l'expression provocante correspondante. Naturellement, pour quelqu'un qui se serait mis à l'observer, il ne lui manquait pas quelques détails caractéristiques. Par exemple, en contraste avec son allure martiale, il avait un regard désespéré. Une incroyable absence de maturité se lisait sur son visage, alors que de taille il devait mesurer plus au moins 1,85 mètre. Et son uniforme -chose vraiment comique pour un militaire du Reich, particulièrement à ces premiers temps de la guerre -quoique neuf et bien ajusté sur son corps maigre, on s'attend à un nazi abruti et à une violence physique dévastatrice, pp.23-24

L. Désespéré, La rencontre dans l'appartement d'Ida et l'acte sexuel, pendant lequel la protagoniste perd connaissance, se transforme en une cérémonie de révolte de la jeunesse sacrifiée au Pouvoir : Cet autre corps avide, qui l'explorait au centre de sa douceur maternelle, était, à lui seul, toutes les cent mille fièvres, fraîcheurs et faims adolescentes qui confluaient de leurs terres secrètes pour combler son estuaire de jeune fille. Il était les cent mille animaux mâles, terrestres et vulnérables, dans une danse folle et joyeuse, qui se répercutait jusque dans ses poumons et jusqu'à la racine de ses cheveux, l'appelant dans toutes les langues. Et puis il s'abattit sur elle, redevenant seulement une chair implorante, pour se dissoudre dans son ventre en une reddition tendre, tiède et ingénue, et les poignets vulnérables qui ressortent de l'uniforme placent le jeune soldat dans le camp des victimes, d'autant plus qu'il mourra moins de trois jours après, dans le convoi aérien qui devait l'emmener en Afrique, p.103

. Le-féminin, . Le-masculin-se-rencontrent-dans-une-dimension-presque-lyrique, and . Mythique, où le caractère ancestral de l'acte sexuel s'avère sublimé : c'est la femme qui accueille l'homme de façon oblative, et cette symbolique est transposée ici dans un quotidien (le pauvre appartement de l'institutrice, désordonné et plein d'indices de la présence de Nino) qui sert de décor à la cérémonie et transforme la conception de Useppe en un évènement à cheval entre le mythique

, Une partie du peuple mis en scène par Morante se reflète dans le groupe familial des Mille, les « colocataires » d'Ida et Useppe à Pietralata : leur partage des ressources, leurs stratégies pour survivre et leur promiscuité contribuent à créer un aperçu social de l'époque. Il est intéressant de constater qu'il existe un certain vide générationnel concernant les parents : il y a en effet de nombreux enfants et grands-parents, mais les adultes soit manquent

P. Carulina and . Exemple, Il y avait une vieille Romaine, très grosse, qu'on appelait la sora Mercedes, qui était toujours assise sur un tabouret avec une couverture sur elle parce qu'elle avait de l'arthrite, et sous cette couverture, elle gardait un dépôt de denrées alimentaires. Il y avait le mari de la sora Mercedes, napolitain et prénommé lui aussi Giuseppe. Il y avait deux autres vieilles (desquelles la plus sociable, prénommée Ermelinda, était considérée par Useppe comme s'appelant Dinda), un autre vieux, quelques jeunes brus et divers gosses des deux sexes. [?] Parmi les Mille on notait un certain vide dans la génération entre deux âges ; car deux géniteurs [?] étaient morts sous les décombres à Naples. Outre plusieurs enfants mâles déjà majeurs, ils avaient laissé orpheline, sans que le lecteur puisse connaître leurs identités : Comme autres habitants fixes du refuge, il n'y avait actuellement qu'une famille mi-romaine minapolitaine et si nombreuse à elle seule que Cucchiarelli Giuseppe la surnommait « les Mille, pp.258-60

. Carulina, Bien que presque tous les personnages féminins révèlent des traits en commun avec Ida, seule cette dernière représente l'incarnation parfaite (dans ses imperfections) de la mère qui consacre sa vie, son temps et ses énergies aux fils. Les figures féminines sont très nombreuses et, surtout, elles s'installent dans les pages du roman avec une identité et une individualité nettes. Contrairement aux personnages masculins, leurs âges varient et se diversifient : la maturité de la sagefemme juive Ezechiele, de la « Cassandre du Ghetto » Vilma, de la mère d'Ida, Nora, de la prostituée Santina ; la jeunesse de la partisane Mariulina

, En générale, les femmes mises en scène par Morante semblent pouvoir compter sur des ressources intrinsèques, innées et vitales que l'être féminin garde et transmet depuis des temps immémoriaux, ancestraux. Cette conscience, pourtant, est double : d'une part, comme nous venons de le dire, les femmes, en étant comme transparentes à ellesmêmes, s'avèrent rassurées par leur force intime

, Malgré ce sentiment commun qui caractérise les femmes, malgré la solidarité qui vient en aide à la protagoniste, la fraternisation n'existe pas dans le système des personnages. L'isolement d'Ida

, Nino et sa mère n'arrivent pas non plus à se comprendre et à instaurer un rapport solide, tout comme le cas désespéré de Santina et de Nello, un amour que celui-ci n'arrive pas à admettre. Ida ne comprend ni la doctoresse ni le Professeur, qui, quant à eux, au moment de s'occuper de la maladie de Useppe n'entrent pas en contact avec les peurs de la protagoniste, restant froids et impassibles. L'isolement est un thème très présent dans l'oeuvre de Morante : Elisa et sa famille, Arturo aussi, s'avèrent des personnages seuls. Mais dans La Storia, cette condition est aggravée par les circonstances de pleine guerre et le destin commun que ce monde populaire romain partage, à savoir celui de victimes face à l'Histoire. Les juifs en sont l'exemple le plus douloureux du roman : ils sont ignorés et laissés seuls face à une fin atroce. Ida essaye de partager leur solitude : après les avoir vus à la gare Tiburtina déjà dans les wagons (octobre 1943), et avoir même cherché à leur communiquer son identité juive (au moins selon les lois raciales), elle s'aperçoit qu'un jour elle se dirige instinctivement vers le Ghetto : Elle reconnaissait l'appel qui l'attirait là-bas et qui, cette fois, lui parvenait comme une nénie basse et somnolente, mais telle qu'elle engloutissait tous les sons extérieurs. Ses rythmes irrésistibles ressemblaient à ceux avec lesquels les mères bercent leurs enfants ou avec lesquels les tribus s'appellent au rassemblement dans la nuit. Personne ne les leur a enseignés, ils sont déjà écrits dans la souche de tous les vivants sujets à mourir, Annita a recours à Ida pour se faire lire les lettres de son mari Giovannino, jusqu'au cas extrême de Davide, qui se cache littéralement dans la pièce de Santina. Le roman commence avec une impossibilité de communication entre Gunther et Ida, un obstacle qui n'est pas seulement linguistique

, Il n'y avait personne, pas même un passant. On n'entendait aucune voix. Pour les oreilles d'Ida, le perpétuel grondement de la canonnade dans le lointain se confondait avec le bruit sourd de ses pas solitaires. En deçà du mouvement sur le quai du Tibre, le silence de ces ruelles ensoleillées isolait ses sens comme une piqûre narcotique, resserrée dans sa première partie entre des maisons basses, elle s'élargit ensuite et se prolonge entre d'autres petits embranchements jusqu'à la petite place centrale, pp.485-87

. Ida and . Efrati, le jour où elle avait vu les wagons chargés de juifs. Mais c'est une tentative vaine, car dans le quartier il n'y a personne. Elle entre dans un bâtiment désert et, très fatiguée, s'assoit sur un sommier métallique : Par les vitres brisées de la fenêtre de l'escalier arriva le cri d

, qui était une femme et âgée de plus de quarante ans, elle se trouvait perdue. Elle dut faire un effort énorme pour ne pas céder à l'envie de s'étendre sur ce sommier et d'y rester jusqu'à la nuit. Et ce fut certainement cet effort qui, dans son état d'extrême faiblesse, provoqua alors en elle une hallucination auditive. [?] À la vérité, ce ne fut pas vraiment une hallucination, car Ida se rendait compte que la fabrique de ces voix était dans son cerveau et qu'elle ne les entendait pas ailleurs. Pourtant, l'impression qu'elle en recevait était qu'elles s'irradiaient dans ses canaux auditifs, venant d'une quelconque dimension non précisée, laquelle n'appartenait ni à l'espace extérieur ni à ses souvenirs. C'étaient des voix étrangères, de timbres différents, mais féminines en majorité, détachées l'une de l'autre, sans dialogue ni communication entre elles. Et elles prononçaient distinctement des phrases tantôt exclamatives et tantôt détendues, Insouciante des bombardements et des éclatements, cette petite bête avait parcouru en volant le ciel -son fragile petit corps s'orientant sans erreur -comme un sentier familier

. «-je-suis-sur-la-terrasse-pour-ramasser-le-linge-!!-»-?-«, Si tu finis pas ton devoir, tu sortiras pas! » ? « J'te préviens que ce soir, je l'dirai à ton père ! »? « Aujourd'hui

». , Combien vous les faites ? » « Il m'a dit de mettre à cuire les pâtes? » « Éteins la lumière, pp.489-90

, le plan de la petite chambre et de la fenêtre avec l'hirondelle, et ensuite les voix, l'ensemble s'avère effectivement « comme un montage de plans cinématographiques ». La « précognition » d'Ida, jusqu'à ce moment d'une certaine manière anesthésiée par l'hallucination auditive, se réactive tout à coup et Ida, comprenant le destin des juifs du Ghetto, s'enfuit épouvantée : « Sans savoir ce qu'elle disait, ni pourquoi elle le disait, Ida se trouva en train de murmurer, son menton tremblant comme celui des petits enfants sur le point de pleurer, Cette scène relève profondément de la narration cinématographique : la description du quartier vide

, personnages, la narration exalte l'imprévisibilité de la vie, dans une cupidité brutale qui poursuit ses propres intérêts, en excluant l'humanité, le sens d'appartenance à un même groupe. C'est Davide, celui qui incarne l'ambiguïté de l'homme face à un choix (devenir complice du Pouvoir ou se rebeller), qui dévoile, dans son monologue à la taverne

«. Ces-dernières-années and ». , Devant cette obscénité décisive de l'Histoire, deux choix s'ouvraient aux témoins : ou la maladie définitive, c'est-à-dire se faire définitivement complices du scandale, ou bien la santé définitive -car précisément du spectacle de cette extrême obscénité on pouvait encore faire apprendre l'amour pur?, pp.836-873

Q. Davide-299 and . De-victime, Le mal, la force ennemie, réside alors dans la complicité avec le Pouvoir, le scandale, qui cause la perte du sens de l'humanité : c'est encore une fois Davide, dans son délire, qui développe ce concept : Les races, les classes, les citoyennetés sont des blagues : des spectacles d'illusionnisme montés par le Pouvoir : C'est le Pouvoir qui a besoin de la Colonne infâme de Pilori : "celui-là est juif, il est nègre, il est ouvrier, il est esclave? il est différent? c'est lui l'Ennemi !, et représente donc la duplicité de l'être humain, qui devient complice du scandale en tombant dans le piège du Pouvoir, exprime une vérité qui renferme toute l'écrasante indécence et l'inhumanité de la guerre : « Quand on tue un autre, c'est toujours un enfant qu'on tue !, p.891

D. Est-un-personnage-stigmatisé, ». Stigmate, ». , M. A. Bazzocchi, and . Edipo, Selon Bazzocchi « Questo segno della diversità, che poi viene analizzato narrativamente in più punti del racconto, manifesta il modo in cui l'innocenza di Davide è diventata una colpa. Non è un caso che sia proprio lui, in osteria, a raccontare la parabola del fico, e l'albero maledetto ricompare nel suo delirio fino a che non avviene una identificazione con esso, Ninetto, Davide : cecità e colpa tra Morante e Pasolini », dans Cuadernos de Filologia Italiana, vol.21, p.847, 2014.

, Davide s'identifie à l'arbre maudit, différent, victime du scandale de l'Histoire, mais en même temps agresseur violent

, Le fleuve de lait maternel qui coule à travers tous les romans de Morante 301

, Aracoeli qui, devenue nymphomane après la mort de la petite Carina, sa deuxième fille, s'enfuit dans une maison close puis meurt, sans doute à cause d'un

. Manuele, est un cours d'eau souterrain, karstique, qui n'a pas d'effets bénéfiques, mais empoisonne l'existence du protagoniste, en le rendant solitaire, inepte et accroché aux souvenirs de son enfance

, une trahison que Manuele ne pardonnera jamais. Pourtant, l'intrigue sur le fil instable de l'ambiguïté étant maintenue, une constante de l'écriture de Morante, le côté obscur de la maternité n'occulte pas complètement l'extrême douceur des souvenirs d'enfance du protagoniste : dans la dimension de la mémoire, une composante essentielle du roman, qui au fond s'avère une sorte de confession, nous découvrons la luminosité presque divine du rapport mère-fils, porté à un niveau d'amour inconditionnel et symbiotique sans précédent dans l'oeuvre de l'écrivaine. L'enfance sublimée, l'atmosphère magique qui imprègne tout ce que les yeux de l'enfant voient

L. Morante and . Protagoniste, se souvient de son enfance sur l'île de Procida : la dimension de l'innocence et de la pureté est loin dans le temps et dans l'espace, renfermée dans une aura mythique, où tout apparaît aventureux et primordial

, Useppe, la narratrice nous raconte de façon détaillée la manière dont l'enfant appréhende la réalité, la transfiguration des pauvres choses qui l'entourent et qui deviennent toutes précieuses et irremplaçables simplement parce qu'elles sont appelées par le petit Useppe, qui, tel un nouvel Adam

. Dans, G. Roman, «. Lagorio-souligne-de-la-façon-suivante-l'essence-d-;-gina-lagorio, and . Aracoeli, Aracoeli : « Il supremo tentativo della Morante in questa cronaca stratificata di cose di sogni di pensieri di ricordi, è [?] captare i riverberi di quello specchio che unifica il primo momento all'ultimo, e insieme la terra al cielo. Punto di incontro e di contatto è lei, Aracoeli, l'altare del cielo radicato alla terra, la madre di cui nessuno nella nostra narrativa ha cantato con più celeste dolcezza e terrestre sensualità la potenza d'amore. [?] irrora questo libro che ha momenti di straziato dolore e anche di scostante ferocia [?] un continuo sotterraneo fiume. Esso scorreva già tra i luccichii azzurri de L'isola di Arturo, nell'assorta luce di Menzogna e sortilegio e nella suprema grazia dei piccoli passi di Useppe tra gli ingranaggi de La Storia: il fiume del latte materno della Morante, inesauribile e profondo come il mare grembo tana paradiso di Aracoeli

, L'idylle enfantine de Manuele, par contre, se fonde exclusivement sur le rapport avec Aracoeli : sans elle, la magie et l'unicité de cette période de la vie n'est pas possible. Morante reprend donc la thématique de l'enfance, territoire non contaminé et encore vierge de la vie humaine, mais l'associe de manière indissoluble à la douce présence

, Jonction inséparable par nature et dont me paraissait naturelle aussi l'éternité. Nos 1400 journées à Totétaco sont d'un bout à l'autre un seul et unique bal fantastique, où le jour et la nuit répètent leurs tours de piste, s'enlaçant et se poursuivant en un couple danseur, p.185

. Jusqu'à-l'âge-de-quatre and . Ans, Une dimension éternelle, dont le temps est mesuré par les cycles de la nature : dans cet espace suspendu, parce que secret et éloigné de la société, Manuele adulte se berce dans une illusion rassurante 303 . Il a habité dans une sorte de limbe prénatal, où « entre l'unité et ses multiples, il n'existait pas de frontières précises, p.182

, On eût dit, à la vérité, à entendre ses rires et à observer la continuelle illumination de son petit visage, qu'il ne voyait pas les choses réduites à leurs aspects usuels, mais comme des images multiples d'autres choses variant à l'infini. Sinon on ne s'expliquait pas comment il se pouvait que le misérable et monotone spectacle que lui proposait tous les jours la maison pût être pour lui un divertissement aussi varié et aussi inépuisable. La couleur d'un chiffon ou d'un bout de papier, suscitant devant lui, comme par résonance, les prismes et les gammes des lumières, suffisait à le ravir et à provoquer un rire émerveillé. L'un des premiers mots qu'il apprit, ce fut ttoiles (étoiles), Jamais on n'avait vu un bébé aussi gai que lui. Tout ce qu'il voyait autour de lui l'intéressait et l'animait joyeusement, pp.174-75

À. Travers-les-mots-de and P. Azzolini, entre l'Éden de l'enfance et les Hauts Quartiers : « Il modello edenico [?], la cui essenza è materna, coincide con l'esistere, non ha storia, non ha variazioni ed è destinato a scontrarsi, senza fondersi, con ciò che gli è opposto. La maternità universale è per Morante continuamente violata dalla storia, nous pouvons déduire l'incompatibilité entre maternité et Histoire (comme dans La Storia), p.209

. Le-chiot-de-la-mère, Aracoeli est l'histoire d'un homme triste, qui vit dans la nostalgie de Totétaco, cette enfance sans limites passée sous l'aile protectrice de la Mère par excellence, génitrice, compagne, déesse. Année après année, p.182

, Île d'Arturo, le mythe de l'enfance et de l'adolescence s'opposait au présent, mais dans le dernier roman de Morante une possible ouverture vers l'avenir n'est pas prévue. Useppe, quant à lui, même si prédestiné à une mort prématurée et injuste, représentait une figure d'espoir pour l'humanité : Manuele n'arrive pas à sortir de sa solitude et les souvenirs de l'enfance heureuse ne sont qu'une réverbération dans une obscurité totale 305 . Pourtant, tous les deux s'identifient en tant que fils, en constante relation avec la mère. Leur identité réside totalement dans ce lien familier. Pour un homme qui, dans son futur, ne voit « rien d'autre que rails tordus » ou « une sorte d'aveuglant midi ou de minuit aveugle, Manuele intériorise cette période en tant que mythe et point lumineux dans un présent gris et sans éclat. En ce qui concerne l'attachement à l'Éden enfantin, Manuele reflète la nostalgie d'Arturo narrateur pour Procida : déjà, dans L', p.31

, En particulier Manuele, en se souvenant d'un épisode vécu au collège avec un collègue plus jeune et sans défense, donne une définition du concept de maternité qui se fonde sur le monde animal : « Maternité, il n'y avait pas d'autre nom pour cette étrangeté. J'étais une mère avec son tout petit enfant. Mais notre appartenance à l'espèce humaine n'était pas nécessaire. Bien plutôt, je m'étais transformé en une animalesse (brebis, vache, hirondelle, chienne) qui protégeait son petit de l, les figures féminines et maternelles sont comparées à des animaux : dans Aracoeli, nous retrouvons cet usage de similitudes animales, p.142

G. Dans-un-article-de-l'époque, . Pampaloni-remarquait-:-«-il-romanzo-di-riferimento, . Della-scrittrice, and A. Di, Il tema, qui come là, è il rapporto carnale, viscerale, voglioso e pudico insieme, dell'infanzia e dell'adolescenza con i propri affetti ed il mondo. Ma il tema qui si rovescia; e dalla luce marina e solare in cui l'esperienza infantile, anche attraverso il dolore (la delusione di Arturo quando la realtà distrugge il mito del padre), là si apriva al futuro, 1957.

U. Bambinello-useppe-de and L. Storia, Pur sventurato e votato alla morte, Useppe era disperatamente un portatore di vita, la sua innocenza era di per sé, anche se destinata alla sconfitta, un valore di speranza; l'amore intrepido della madre sigillava l'innocenza del figlio in un cerchio senza ombre, di affetti assoluti, più forti della crudeltà della Storia. Al contrario, il Manuelito figlio di Aracoeli non riesce a vivere se non la propria disfatta, l'incapacità a riconoscersi in un qualsiasi rapporto con la vita; l'età dell'oro dell'infanzia, con i suoi colori fatati e irraggiungibili, non è che la pietra tombale della solitudine » (Geno Pampaloni, « L'oscura madre

. Roman, réside dans la détermination obstinée d'Aracoeli (qui s'adresse à son mari) de vouloir faire naître la deuxième fille dans la maison de Hauts Quartiers : « Je veux que la NI?A naisse ici, à Rome ! Dans NOTRE maison ! ». Pour moi, présent entre eux deux, cette phrase me fit l'effet d'une égratignure intérieure, un coup d'ongle qui m'aurait griffé le coeur. Et il se peut bien que ce fût (je ne le nie pas) un coup inattendu de jalousie ; non pas, toutefois, vraiment pour moi-même -plutôt pour l'autre maison

. Totétaco-!-répudiée, maison bâtarde ! C'est à peine si je ressentis le heurt d'une quelconque destruction

, Un signal expiré et non identifié, comme d'une étoile anonyme explosée aux origines de l'espace-temps, p.305

L. Hauts-quartiers, du statut de « signora » assigné à Aracoeli, de la division non seulement des chambres (Manuele ne dormira plus avec sa mère, « niché entre ses bras ») mais aussi des classes sociales. À Totétato l'absence d'Eugenio favorise la création du rapport extrême entre mère et fils

, dans les Hauts Quartiers, le père continue à ne pas avoir aucune incidence sur la vie de

, Manuele, mais son milieu, inconnu à la dyade protagoniste-Aracoeli, influencera irrémédiablement celle-ci

W. Gerace, ;. Dans-l'île-d'arturo, L. Dans, and . Storia, des pères qui disparaissent toute de suite : Alfio Mancuso, le père de Nino ; le soldat Gunther, le père de Useppe ; Nino lui-même. L'absence des pères va de pair avec l'autonomie et l'indépendance des mères, qui toutes seules élèvent leurs enfants

, avec la fulgurance de leurs apparitions extraordinaires, nous confirment leur propre substance divine. À mon culte (presque abstrait) le consacrait la foi adorante d'Aracoeli ; et à travers moi en lui s'honorait l'époux d'Aracoeli, non point certes le père de ma chair. Et, de son côté, lui-même toujours gardait cette pudeur embarrassée ou incapacité (déjà évidente dans ses manières, dès le début) pour ses fonctions de père. C'était peut-être un effet de la discipline rigide où l'avait élevé son propre géniteur ; mais on eût dit qu'avec sa répugnance d'être père, cette éducation lui avait inoculé le vice d'en avoir un. Et de fait, à peine sorti de la tutelle de son père légitime, il s'était procuré un autre père, qui, dans son Idée, dépassait, en honneur, tous les pères du firmament. Celui-là, on l'aura compris, était le roi d'Italie : Victor Emmanuel III de Savoie. Moi, par contre, je n'ai jamais été le fils d'un père. J'évitais toujours, avec lui, de l'appeler papa : le son même de ces deux syllabes sonnait à mon oreille comme quelque chose de ridicule, presque d'inconvenant. Au contraire, les deux syllabes mama étaient très douces et naturelles, comme les propres voix de ma chair, La relation entre Eugenio et Manuele est pratiquement inexistante. Les passages ci-après clarifient la nature de ce lien familial : « Dès ma naissance, paternité a signifié absence ; et l'on sait que l'absence est la loi ordinaire des lumineuses déités, lesquelles

. Le-nommer-d'une-façon-directe, Et ses blasons allogènes agissaient sur moi comme des exorcismes contre le poids de sa présence physique. Blasons ou blessures? L'un était la PATERNITÉ, dont j'ai déjà parlé. Et un autre était la VIRILITÉ. De cette dernière, je voyais en lui le spécimen adulte : et la VIRILITÉ adulte, dès ce temps-là, provoquait chez moi un sentiment de séparation forcée, Sa race était différente de la nôtre, pp.279-81

, Aracoeli -c'était environ le mois de mars 1938 -prirent un rythme plus naturel, libre et illégal, qui lui venait, en réalité, de l'invisible ; mais, dans ses effets extérieurs, cela nous devenait bien visible à tous. Ses différentes occupations précédentes semblèrent devant elle se déformer et s'abîmer dans l'inexistant, ainsi que des ombres. Elle ne rendit plus visite aux "Soeurs" ni aux petites couturières de second rang, ni aux modistes. Elle se détournait d'un air indolent des propositions mondaines de tante Monda. Elle négligeait les soins de "Ferruccio & Ugo". Elle refusait de se déranger pour les films, tout tontos et sans pies ni cabeza, etc., etc. Mais, d'évidence, cette anarchie passive ne la plongeait pas dans l'ennui : portée, tel un esquif, par des ondes jaspées, qui la distrayaient, jour et nuit, avec leur surprise radieuse ; et tout à coup la chaviraient en de tempétueux malaises. De fait, ma mère se retrouvait enceinte, C'est l'usage des expressions « rythme plus naturel, libre et illégal » (surtout ce dernier adjectif) et « anarchie passive » qui nous indique l'oppression qu'exerce la vie dans les Hauts Quartiers : « Les journées d, pp.284-85

«. Notaire-», «. Gr, . Off, and . Dr, ORESTE ZANCHI ») ; à l'attitude exagérément obséquieuse du concierge : « Quand notre concierge nommait LE DOTTORE ZANCHI, il affichait une éclatante majesté, allant jusqu'à gonfler la poitrine, p.49

, à la fois viscéral et idéologique » de la domestique de tante Monda, Zaïra, « fermement convaincue que les différences de classes étaient une manière d'ordre sacré, p.56

, à la question traditionnelle de tante Monda chaque fois que l'on nomme une dame nouvellement venue: « Comment naît-elle ? qui, traduit, signifie : est-ce qu'elle provient, elle, d'une famille distinguée ? D'autres fois, pour communiquer que telle dame ne venait pas d'une famille distinguée, elle déplorait, p.44

C. Dans-ce,

, Outre le pèlerinage vers la terre de la mère, ce roman se réalise pleinement à travers un autre voyage, récupéré du passé et peut-être encore plus significatif pour la vie du protagoniste : dans l'épilogue, en effet, à travers la narration de la rencontre entre le protagoniste adolescent et le père seul et alcoolique à la fin de la guerre, un épisode qui se conclut avec les pleurs de Manuele, c'est en filigrane l'amour retrouvé pour le père qui nous est raconté, une pièce essentielle manquante, dont le protagoniste prend conscience à la fin de sa confession : En me préparant à reconstituer mon tour à San Lorenzo, aujourd'hui, immédiatement, s'est d'abord imposée à moi cette vue finale de moi-même : garçonnet laid et propret dans son pantalon neuf et sa chemise américaine, qui trottine sur les pavés déchaussés de San Lorenzo, pleurant en public sans retenues ni réconfort. Ç'a été là, sur le moment, une simple apparition : tel un petit emblème muet au frontispice du chapitre. Mais ici à présent -selon la loi du son qui suit l'onde lumineuse -avec la petite figure pleurante me revient la voix de son pleur, p.496

E. Le-roman, la confession de Manuele narrateur, n'est au fond qu'une « mêlée indécise », une recherche effrénée d'un sens à donner à une pauvre existence

. L'épilogue, « le petit emblème muet », à la surface du présent, modifie une fois pour toutes la constante narrative de Morante quant à la figure paternelle irrésolue

L. Pilier-clé-de-toute-l'oeuvre, avec laquelle Manuele cherche à reconstruire son passé, et qui s'oppose à un présent solitaire et fragmenté. La mémoire constitue le moteur de chaque roman de Morante : Elisa se consacre aux mémoires familières (la même antithèse présente dans Aracoeli et dans L'Île d'Arturo entre enfance et vie adulte se repète

, Arturo raconte son enfance mythique à Procida ; la narratrice du roman publié en 1974 se souvient et nous transmet les histoires d'Ida et Useppe. Dans le dernier roman de Morante, la mémoire est encore le fil conducteur, mais cette fois tout se mélange et s

, Imagination et mémoire, souvenirs et visions s'entrelacent et créent une forme romanesque qui relève de la confession et de la fiction, dans une incertitude constante que le narrateur ne cache pas. Dans Aracoeli, tout semble appartenir à la dimension temporelle du présent, comme si la notion de temps n'était plus absolue, à l'instar de la théorie de la relativité d'Einstein 308 . Le passé devient le présent et hante le protagoniste, qui s'identifie dans la figure du chien qu'il voit en Andalousie, le « perro » en train de courir, dans « une fuite sans issue » et « folle, pp.467-68

, Manuele narrateur n'a aucun problème à admettre le manque de fiabilité de sa mémoire : Se peut-il que ce soit là un de mes souvenirs apocryphes ? Dans son travail continu, la machine inquiète de mon cerveau est capable de me fabriquer des reconstructions visionnaires -tantôt lointaines et factices comme des mirages, et tantôt proches et possessives au point que je m'incarne en elles. Il arrive, en tout cas, que certains souvenirs apocryphes se révèlent plus vrais que le vrai, p.22

, Morante avait connaissance des théories d'Einstein et dans sa bibliothèque sont présents plusieurs livres de physique, pp.77-85

, Aracoeli dans son village andalou ; la première rencontre entre sa mère et son père. Ces trois épisodes sont décrits avec une telle abondance de détails que le lecteur est contraint de se demander si, par hasard, Manuele ne serait pas est en train de nous transmettre des souvenir de sa mère ; toutefois, toutes les scènes racontées à travers ces reconstructions visionnaires ne proviennent que du cerveau du protagoniste, d'autant qu'Aracoeli n'aimait pas parler de la vie qu'elle menait en Andalousie, avant de rencontrer son mari, car elle en était en quelque sorte jalouse, et qu'elle avait honte de ses humbles origines 309 . En menant à ce point une réflexion narratologique, on arrive aisément à la conclusion que les souvenirs apocryphes marquent un renversement de la focalisation : en effet, de narrateur interne Manuele devient narrateur omniscient, capable de relater des épisodes auxquels il n'a pas assisté, en élargissant le champ de l'histoire, qui justement, grâce à ces formes de l'informe, est racontée avec une focalisation zéro : le narrateur semble tout connaître (les caractères, les sentiments, les pensées) de ses personnages, notamment de sa mère et de son père. La fonction assignée par l'auteure à ces souvenirs apocryphes est donc capitale, vu qu'ils permettent au lecteur d'acquérir de nombreuses informations qu'un narrateur interne n'aurait pas été capable de fournir, sans compter le dynamisme que ces visions donnent au rythme du récit, On pourrait citer différents exemples de ces souvenirs apocryphes, mais on va s'en tenir aux plus importants : la toute première vision de lui-même dans le miroir, à savoir un nouveau-né à la mamelle d'Aracoeli ; l'enfance et l'adolescence d', pp.319-339

, Sa mémoire pourrait être définie comme multisensorielle 310 : les « organes occultes de sensation [?] capables d'entendre, de voir et de capter chaque impression, p.20

, ils se voyaient promus dans les « hautes sphères », elle, la toute première, prenait envers son propre passé, en certaines circonstances, une attitude de dur mépris mondain qui allait jusqu'au snobisme, et même se ternissait, sans remède, d'une grossière honte ; mais toujours mêlée, jusqu'au plus profond de ses entrailles, d'une jalousie féroce qui interdisait son petit territoire aux étrangers, comme cela peut arriver à certains va-nu-pieds redoublant d'orgueil lorsqu, p.10

, Ce ne fut pas une transcription abstraite de la mémoire qui me restitua ses toutes premières chansonnettes

, Sur mon palais, de nouveau j'ai eu la sensation de sa peau, qui sentait bon la prune fraîche ; et la nuit, dans ce froid milanais, j'ai perçu son souffle encore enfantin, comme un voile de tiédeur ingénue sur mes paupières vieillies, pp.19-20

. Manuele-en-lui-adressant-une-phrase-sibylline-:-«-mais, Le chronotope de la rencontre, cette intersection des séries spatiales et temporelles, cette matérialisation du temps dans l'espace, ne sera pas possible de la façon imaginée par le protagoniste. Cependant, Aracoeli représente un point de départ et une ouverture vers d'autres dimensions et d'autres âges : somme toute cette oeuvre constitue un renvoi vers différents ailleurs, p.466

. Dans-le-territoire-de-la-mémoire, Sur le plan psychologique en particulier, c'est bien le complexe d'OEdipe qui se met en place, tandis qu'au niveau dramaturgique, le rêve a la fonction de montrer l'état intérieur du personnage et donne au lecteur des symboles énigmatiques et des éléments à déchiffrer. À titre d'exemple, on peut citer l'un des rêves que Manuele fait pendant le séjour chez les grands-parents, lorsqu'Aracoeli a déjà quitté la maison pour devenir une prostituée. Pendant ces nuits-là l'enfant est terrifié par la menace des songes : Lors d'un rêve je me retrouvais à dîner, seul avec Daniele, dans la cuisine des Hauts Quartiers. Pour moi, Daniele enlevait dans mon assiette l'arête d'un poisson volant. Et à brûle-pourpoint il me dit : 312 La présence de la thématique du rêve et plus généralement de la dimension onirique (qui comprend aussi les visions et les imaginations) dans l'oeuvre de Morante a été approfondie dans plusieurs études, il est possible de retrouver aussi de nombreux rêves, comme dans tous les romans de l'écrivaine. Le rêve 312 chez Morante montre au lecteur un paysage intérieur, un voyage vers l'inconnu, l'accès à une réalité différente de l'ordinaire, mais qui reste en relation avec elle, pp.61-73, 1990.

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, Puis ce poisson, au lieu de voler, se prit à danser en l'air, diffusant une multitude de couleurs et de sons. « Mais maman », demandai-je, « quand revient-elle ?, Et la voix du poisson danseur -qui entre-temps avait disparu-répondit de je ne sais où : « Madame s'amuse, p.445

D. De-manuele and À. Rome, Manuele insère de nombreux rêves dans son récit et se questionne sur la place qu'ils occupent dans la vie. Contrairement à l'oeil physique, malade et incapable de déchiffrer le monde qui l'entoure, l'oeil intérieur qui s'ouvre pendant le rêve transmet à Manuele ses véritables sentiments, ses peurs et plusieurs fragments de son passé, ce rêve

, Le monde du logos ne leur appartient pas : Son intelligence était différente de la nôtre : c'était une substance ténébreuse, impénétrable et secrète, qui coulait dans tout son corps, telle qu'une infinie mémoire charnelle mêlée d'exultation et de mélancolie. Elle la rendait capable -je crois -de ressentir, dans les espaces et dans les temps, des présences, des mouvements et des météores refusés à notre connaissance ; mais, devant les exercices de la pensée abstraite, elle se réfugiait en une région de stupeur et d'absence, à la façon d'un petit animal à qui on offre en guise de repas une matière non comestible. L'intelligence mystérieuse, qui n'avait pas séjour en sa pensée, était une errante inconnue à l'intérieur d'elle-même ; de même que, parmi nous, elle était une étrangère, pp.270-71

, Aracoeli devient une figure ambiguë, lumineuse et obscure à la fois. Pour le protagoniste, la mère, où mieux, son souvenir, se charge de douloureuse ambiguïté : amour puis haine, source de joie et ensuite d'obsession. Morante a l'habitude de couvrir du voile de l'ambiguïté tous ses romans, en laissant toujours ses personnages à moitié offusqués par une ombre de duplicité que le lecteur est libre d'identifier ou d'ignorer. Dans Mensonge et sortilège, parmi les vertus des fausses lettres du Cousin qui fascinent Concetta, Anna et Elisa, la narratrice cite aussi l'ambiguïté : Mais la plus singulière, la plus précieuse de ses [des lettres] grâces, c'était l'ambiguïté, sans laquelle rien ne plaît. L'ambiguïté qui est l'essence des rêves et des dieux, l'écriture des prophètes, et, chez les mortels, l'expression des animaux les plus beaux, des arts les plus subtils, et le doux et barbare refrain de la nature, p.222

, Manuele comprend que le secret de la continuation et des réapparitions de sa mère dans son présent est justement l

. Ce and . Aracoeli, est sans doute pas un hasard si cet août ténébreux de ma « villégiature » [chez les grands-parents après la fuite d'Aracoeli] -qui préparait mon passage à l'âge de la raison -a été le point choisi pour ta mort. Ta mort opportune, en m'amputant de toi, a bloqué ma croissance, afin que mon-ton invention puérile se conservât éternellement immunisée contre la raison. Seule la mort prématurée peut exclure les corps adorés des sordides petites tombes régulières et sauver la vérité de l'absurde contre les faux de la logique. Quitte à te calomnier et à te maudire et à te renier, je n'ai JAMAIS voulu que soit dénoncée l'impossible misère de ton dernier secret. Et ainsi je te remercie pour notre intrigue enfantine. Ta terrible ambiguïté -ta ténèbre et tes leurres, ton scandale ta splendeur -m'accompagnera, en jouant, pp.438-477

. La, Aracoeli outrepasse la mémoire et le présent, en façonnant aussi la structure du roman : l'histoire de la fille andalouse est constituée par fragments dispersés dans l'intrigue générale

. «-l'histoire-d, Aracoeli doit être offerte par fragments -jamais trop étendus -» 314 . Une Aracoeli mère et un « sosie défiguré

, Une Aracoeli me vole l'autre ; et elles se transmuent et se dédoublent l'une en l'autre. Et moi, l'une et l'autre, je les aime : non point comme un homme déchiré entre deux amours, mais comme l'amant d'un hybride dont, en plein orgasme, il ne reconnaît pas l'espèce, ni ne comprend la trame. En guise d'exorcisme, qui me libère de la double invasion, je crie à voix forte : ARACOELI EST MORTE ! Et je fixe ma vue mentale sur l'état présent de ma mère : elle n'est plus cadavre, peut-être plus même un tas d'os

. Dans-le-premier and . Le-deuxième-roman-de-morante, la tentative de ramener les morts à la vie représentait une thématique plus ou moins explicite : Elisa à travers l'écriture et l'imagination n'hésite pas à orchestrer les existences des membres (presque tous morts) de sa famille

. Arturo, idée de sa mère, morte au moment de l'accouchement, dans une tente orientale veillant sur l'île. Dans Aracoeli, la mort et la vie sont divisées par des frontières labiles et s'entremêlent dans la cage-sépulcre du corps. Celui-ci est placé au premier plan tout au long du roman, jusqu'aux détails les plus intimes et les plus répugnants. L'ambiguïté, évidemment, concerne aussi le corps, qui est exalté en tant que chef-d'oeuvre de beauté ou, en revanche, dégradé jusqu'à une implacable décomposition. Au moyen de « quelques éclairs en arrières, p.30

, La note manuscrite en question, contenue dans les dossiers où Morante gardait tous les notes concernant Aracoeli, est la suivante : « NOTE IMPORTANTI per il corso del romanzo. 1. N.B. I vari episodi del passato (es. Prostitute, Giulietto ecc. come pure i successivi eventi sulla famiglia e Aracoeli) -vanno sparsi meglio, in forma di continuo interludio, inframmezzati col viaggio (in una sorta di condizione quadrimensionale) -Studiarne meglio le varie posizioni nel corso del racconto -La storia di Aracoeli sia data tutta a frammenti -mai troppo estesi -2. Il finale deve dare il senso della fine del mondo. 3. Significati -La discesa di Orfeo agli inferi -(Aracoeli) creatura che si vendica (inconsapevolmente) dei delitti collettivi con la propria degradazione e distruzione -Decadenza e rovina della civiltà borghese -Le madri e la morte -Chiusura dei cicli (nelle 4 dimensioni) -la fine del mondo -ecc. 5. Da ultimo il Perro, p.262

G. Dans and . Bernabò, Nous voudrions mettre en valeur le recours à l'expression « condizione quadrimensionale » en ce qui concerne l'alternance entre épisodes du passé et ceux du voyage : comme on a déjà eu occasion de le souligner, Morante possédait plusieurs livres sur les théories d'Einstein et la physique était un domaine qui la fascinait, p.262

, de ces autres organes occultes de sensation, sans corps visible, et isolés des objets ; mais pourtant capables d'entendre, de voir et capter chaque impression de la nature, et d'autres encore. On les dirait munis d'antennes et de sondeurs à écho. Ils agissent dans une zone exclue de l'espace, mais de mouvement illimité. Et c'est là, dans cette zone, que se produit (du moins tant que nous vivons) la résurrection charnelles des morts, p.20

, parce que sa perception se fonde pour l'essentiel justement sur ces organes occultes de sensation, à travers lesquels il n'a jamais cessé de ramener sa mère à la vie. Le lien qui l'unit à sa mère trouve ses racines dans une véritable mémoire corporelle, qui permet à Manuele de tout connaître sur le passé, gardé secret en famille, d'Aracoeli, pauvre fille andalouse : Son histoire m'avait été transmise dès l'époque où je grandissais dans son utérus, à travers le même message chiffré qui avait transmis de sa peau à la mienne la couleur brun maure. Or donc, il eût été vain de tenter une traduction terrestre de ce que je portais en moi de congénital, pp.11-12

, Le destin inévitable de malheur du protagoniste est transposé dans une ancienne fable 315 dont le centre est le corps : un tailleur immortel coud sur la peau des mortels

«. Selon, En outre, ignorant à jamais de ce qui vient de lui échoir -puisque, plongé dans le sommeil, il ne s'était aperçu de rien -chacun, jusqu'au lendemain, aura repris la lutte pour sa propre existence, à son habitude, sans s'expliquer le pourquoi de certains prurits, élans ou malaises que le font délirer. Et l'on dit à ce propos que le tailleur nocturne, goûtant à l'avance les tourments futurs de ses clients, pendant son travail, à chaque aiguillée, éclate de rire. Savoir, d'ailleurs, si le tailleur, dans ses choix, suit un critère personnel ou une règle établie, ou bien va à l'aventure ou se laisse mener par son caprice : la fable ne l'explique pas. Elle fait cependant allusion, au dernier moment, à l'existence de certains corps mortels miraculeux, doués de facultés excentriques : celle, par exemple, de changer de peau comme les serpents, ou de glisser inopinément hors de sa propre chemise, telle une fève de sa gousse, ou même de faire évaporer la chemise de son dos sans du tout s'en apercevoir, par l'action naturelle du souffle. Mais il s'agit là de cas rarissimes, perché sur un arbre comme les hiboux, et la nuit hante les chambres de certains mortels qu'il a pris le soin de choisir à l'avance, et auxquels il coud, dans leur sommeil, une chemise invisible, tissée avec les fils de leur destin

, Le protagoniste est conscient de ne faire pas partie de ce deuxième groupe : De même que toute autre fable ancienne, celle-ci aussi communique sans doute sa part de vérité

J. Objet-d'amour, elle me communique à moi que je ne suis certainement pas un corps miraculeux. Si j'avais une sonde appropriée, je pourrais repêcher au fond de mon passé la date lointaine de cette nuit où je reçus la visite du tailleur immortel. Depuis, parmi les sorts indélébiles de ma trame future, cousus désormais dans le vif de ma chair

. Pourtant, ce sort qui me fut décrété, je l'ai appris beaucoup plus tard. Pendant trop d'années, je n'ai pas voulu reconnaître, dans les tours et les retours monotones de ma chanson, pp.73-74

;. Le-voyage-en-andalousie, . Dans-le, and . Vi-de-l'enéide, Le corps est placé au centre du roman, en tant que havre de souvenirs, d'émotions, mais aussi cible facile de la folie, de la maladie et d'inexorables destins malheureux. En effet, le paradoxe du corps est le suivant : si d'une part il représente la somme totale des limites humaines, il est d'autre part le seul moyen pour l'homme de communiquer et d'établir des rapports avec les autres, dans la nécessité constante de se reconnaître et de se consoler réciproquement. Dans Aracoeli, nous pouvons assister à un miracle complètement laïc : la réactivation de sensations partagées à travers la mémoire du corps. Celui-ci, tout au long de la vie, garde les traces du passé et, à travers ce mécanisme de résurrection sensorielle, semble se détacher de l'ordinaire progression temporelle. La rencontre avec la mère (ou mieux le fantôme de la mère, une « forme sans forme ») à El Almendral, dans une « caillasse onirique » détermine définitivement transitoires maladies saisonnières, un périple au royaume des morts (nous n'oublions pas les allusions à la Divine Comédie de Dante et aux épisodes classiques de la rencontre entre Énée et le père aux Enfers, pp.72-73

, corporel et sentimental ; d'une certaine manière, c'est la revanche de Totétaco sur les Hauts Quartiers : Et Aracoeli accourt vers moi du fond de ses longitudes, le glissement de la compréhension d'un niveau rationnel à un niveau émotionnel

E. Oui, Tu m'as entendu ? -Oui. Mais quel mal pour te rejoindre -recueillir ce dernier résidu infime d'énergie vivante dans ma maigre poussière -et la produire dans cette forme sans forme -qu'ensuite il faudra que je paie -toute forme est une marchandise qui coûte. -C'est moi qui paierai pour toi, mama. -Nada nada -et me transporter à cette distance. Mais, toi, où vas-tu ? -C'est encore loin, El Almendral ? -Je ne comprends pas -pourtant je dois être passée par là -en une autre agonie. -Quelle autre ? -Une autre. À un certain degré de fièvre, on en perd le compte -il faut passer beaucoup d'agonies, et par rien qu'une -pour guérir. -Mais on guérit ? -On fait semblant d'y croire. -Et le Zénith ? -Quelle langue parles-tu -je ne te comprends pas -mais que dois-tu me dire -dépêche-toi -il est déjà tard. » (Donc elle aussi, comme Cendrillon) « Je voulais te dire que tout me fait peur. -Et quoi, plus que tout ? -Avoir péché. -Toi ! Et où as-tu péché, toi, mon pauvre ni?o ? -Partout, j'ai péché, Et il ne me reste plus qu'à inventer notre rencontre. Elle a pris forme. « Mama ! Mama ! -C'est moi -tu me vois ? » (En vérité, j'aperçois -ou prétends apercevoir -à peine une sorte de minuscule sac d'ombre. La voix, cassée, mêlée de rires très brefs, ressemble au vain râle d'un animal, pp.465-66

, Manuele recommence à utiliser l'espagnol (« Mama ! Mama ! »), la langue maternelle qu'au début du roman il affirmait ne savoir plus parler

, La réponse finale (« Mais ni?o moi chiquito, il n'y a rien à comprendre. ») ressemble au refrain (que seul Useppe peut entendre) chanté par les oiseaux dans La Storia : « C'est un jeu / un jeu / rien qu'un [?] la définition de "forme sans forme" utilisée pour décrire la dernière apparition d'Aracoeli peut être considérée comme une définition du roman lui-même. La révolution poétique du roman se produit en effet aussi au niveau de la structure narrative, fragmentée et déformée, déstabilisante dans ses continuelles interruptions et inversions de genres, rythmes, prospectives. De manière similaire, la temporalité s'étend et en même temps se tord et se suspend, mais ensuite elle incite Manuele à lui ouvrir son coeur, p.317

. Le-roman-entier-s'avère-en, Outre l'histoire racontée, les non-dits et les sous-entendus, les hallucinations et les actions qui se passent dans la dimension onirique du protagoniste font du roman (« notre [d'Aracoeli et de Manuele] expérience totale ») un hybride, « un corps entier, déchiré par nos ciseaux » : Et à la fin, notre expérience totale donne un hybride, dont seul nous apparaît le tronc exposé et mutilé, tandis que la partie enfoncée nous échappe pour disparaître dans une foibe. Cet hybride est mon corps même, est ton corps : c'est toi, c'est moi

. Aracoeli, grâce à l'homologie structurale qui le lie au rêve et aux mouvements de la mémoire, devient un point de repère fondamental et une métaphore efficace permettant une lecture aisée de l'histoire narrée. Non seulement on constate un usage manifeste du langage propre au cinéma 318 , diversamente. Se il viaggio di Manuele era iniziato alla ricerca della madre e all'insegna di una riattivazione delle tracce del passato trasmesse nel corpo, non si arresta al ricongiungimento con il materno e la dimensione del femminile. [?] quello che rimane da compiere, dopo che Manuele si è reimpossessato pienamente della lingua materna

. Li-trasforma, Allo stesso tempo, [?] l'epilogo non si riferisce solo alla vicenda narrata, ma fornisce elementi ulteriori per capire l'operazione stessa del romanzo e il suo tentativo di rivitalizzare il linguaggio, Anche in questo caso il confronto è possibile attraverso un'ultima "resurrezione, pp.137-175, 2014.

«. [. and ;. M. Gragnolati, forma senza forma" usata per descrivere l'ultima apparizione di Aracoeli può essere considerata una definizione del romanzo stesso. La rivoluzione poetica del romanzo avviene infatti anche a livello della struttura narrativa, frammentata e distorta, destabilizzante nelle sue continue interruzioni e inversioni di generi, ritmi, prospettive. In maniera analoga, la temporalità si espande e allo stesso tempo si contorce e si sospende, interrompendo qualsiasi senso di linearità progressiva e teleologica, anzi spesso, Amor che move. Linguaggio del corpo e forma del desiderio in Dante, Pasolini, Morante, p.144

, en mettant en lumière les similitudes entre le roman de Morante et l'art cinématographique, et en soulignant le recours à un langage spécifique et à certaines techniques (comme le fondu) ou l'usage du temps présent. Le passage suivant s'avère notamment très cinématographique : « Et c'est ainsi qu'a commencé la sarabande finale dont, à mais le recours à certaines techniques empruntées à l'art cinématographique contribue à la construction du roman tout comme du personnage de Manuele. En effet, celui-ci assiste de façon passive à la succession de souvenirs et de visions du roman : le protagoniste et le narrateur s'unissent dans la figure apathique et inactive d'un spectateur, qui ne peut que subir le flux mnésique qui l'atteint et le bouleverse : J'ai toujours été une énorme fabrique de rêves. Et s'il est vrai que notre temps fini linéaire est en réalité le fragment illusoire d'une courbe déjà achevée : où l'on tourne éternellement sur le même cercle, sans durée ni point de départ ni direction ; et puis si vraiment chacune de nos expériences, la plus petite ou la plus grande, est LÀ impressionnée sur cette bobine de pellicule, déjà filmée depuis toujours et en projection permanente ; alors je me demande si les rêves aussi s'inscrivent dans cette totalité, Federica Ivaldi a mené une étude sur le rapport entre Aracoeli et le cinéma (cf. Federica Ivaldi, Effetto rebound. Quando la letteratura imita il cinema, pp.441-483, 2011.

, en combinant des scènes pour que le lecteur puisse en saisir la signification 319 . La position des épisodes du passé et de ceux du voyage ressort à un mon habitude, certaines séquences et figures -ayant glissé jadis telles des ombres éphémères sur mon âme -se projettent aujourd'hui devant moi avec la force des hallucinations, se précisant jusqu'à de certaines vétilles, clins d'yeux, grimaces. Tant d'années elles firent mine d'être effacées ; et maintenant elles viennent s'exhiber, documentaires d'archives, dans mon théâtre vide. Seraient-elles, elles aussi, des fictions ? Des faux ? Des plaisanteries d'un trip qui a mal tourné ? L'Homme-chat. Le Consul de la Milice. L'ascenseur devenu fou. La Femme-chameau. L'Église. La Quinta, Dans un roman où le temps est une notion relative, la technique cinématographique du montage revêt une importance cruciale. Tout comme le film n'existe qu'avec le montage, qui donne un sens à l'histoire, en mettant en valeur certains moments et en en excluant d'autres, l'auteure a « réécrit » de la même manière le temps dans son roman, pp.21-22

, Manuele appelle « petit cinéma » les visions qui l'occupent pendant ses masturbations d'adolescent : le sous-chapitre qui contient les descriptions de ces scènes s'appelle « Film

, Marco Baldini aussi s'est penché, de manière plus générale

M. Bardini, Elsa Morante e il cinema, cit.), notamment sur ses écrits rélatifs à des sujets cinématographiques et ses critiques de films à la radio

C. , effet du montage des épisodes que le roman se conclut avec la scène de Manuele adolescent qui pleure après avoir quitté l'appartement du père, mettant ainsi en évidence (contre toute attente) l'amour qui le lie à la figure du père

, Aracoeli, enfin, nous assistons à la récupération affective du père, même si c

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F. Vandenberghe, L. Sociologie-de, G. Simmel, P. , and L. Découverte, Remerciements À l'issue de la rédaction de ce travail, je tiens à remercier mon directeur de thèse, Monsieur le Professeur Emanuele Cutinelli-Rendina, pour la confiance qu'il m'a accordée, pour ses conseils précieux et pour toutes les heures qu'il a consacrées à diriger ce travail. J'exprime également ma gratitude à Monsieur le Professeur Marco Bardini, mon co-directeur de thèse, pour sa grande disponibilité et ses nombreux conseils, 2009.

, Mes remerciements vont aussi à mes parents : le chemin est long, mais je sais qu'ils sont toujours à mes côtés

, Une pensée profonde à M. ; j'adresse toute mon affection à ma soeur Chiara, à mes nièces Elisa et Francesca, à ma grand-mère Luisa, à mon oncle Gian Maria, à ma tante Maria

, Valentina et mon ami Salvatore pour leur soutien et leurs mots d'encouragement, Je remercie du fond du coeur mes copines Anna