J. , Ce sont des lycéens qui l'ont écrit. C'est un grand accomplissement, de créer, avec toi, un livre qu'on peut utiliser pour étudier la langue ou juste pour s'amuser et... c'était quoi la question déjà ? 43 PB : Qu'est-ce que tu penses du livre ? 44 J : Je pense que tout le monde peut le lire, que chacun peut y trouver de l'intérêt et du divertissement, et que c'est bien pour tous ceux qui s'intéressent à la langue française, voire pas seulement, puisqu'il y a la traduction hongroise aussi

J. De-groupe, Quand par exemple quelqu'un a une volonté qui ne me plaît pas, et quand on cherche une solution bonne pour les deux, ça c'est super important pour toute la vie, même pour le futur, dans le travail, quand il y a un conflit, alors comment c'est possible de trouver un accord pour que ce soit bon pour tout le monde. Nous, on a toujours réussi à trouver quelque chose. Et puis à part ça, la langue aussi, naturellement, a été pratiquée, donc je n''ai pas senti que je la savais de moins en moins, Et la tolérance envers l'autre

, Ceci dit quand on avait des tâches écrites à la maison, c'était bien, parce qu'alors je pouvais mettre du mien dans l'histoire. Parce que dans les cours, je ne pouvais pas formuler en français ce que je pensais, alors qu'à la maison, PB : Et comment tu vois ta propre performance dans le processus ? 50 J : Je ne dirais pas que j'ai beaucoup participé

, Transcription entretien Blanka

P. Biras, On a des tâches sur lesquelles réfléchir à la maison, ou directement en cours, et à partir de ça, on crée l'histoire. On réfléchit ensemble, on trouve des idées, des personnages en groupe, et c'est ça qui se transforme en écriture, 20 Blanka : Alors, les textes, les histoires qu'on imagine en cours sont réalisés dans le cadre d'un roman

, Je pense que, comme c'est nous qui l'avons écrit, c'est plus facile à comprendre. Le niveau de langue n'est pas difficile. C'est facile aussi de suivre l'histoire, et je crois qu'en fait c'est bien pour ceux qui étudient le français

, et puis c'était dur de se concentrer sur la langue, par exemple des fois j'avais des idées, mais je n'arrivais pas à les formuler dans ma tête en français, donc ne je les disais pas. C'était dur d'accepter que ce qu'on voulait dire ne sortirait pas aussi spontanément et clairement que l'idée née en hongrois. Parfois je sentais que j'avais une idée, que je n'arrivais pas à la traduire en phrase en français dans ma tête, parce que je trouvais que ça perdait l'essence de ce que je voulais dire, alors du coup je disais autre chose, ou alors je n'essayais même pas. Et quand j'essayais, je sentais que ce que je disais n'était pas exactement ce que je voulais 64 A : En vérité, quand je l'ai lu, j'ai été surprise de voir que ce qu'on avait dit en cours avait fait une histoire aussi cadrée. C'était intéressant à constater, de voir l'ensemble, parce que des fois je perdais le fil, le processus d'écriture, qu'est-ce qui était difficile ? 28 B : En fait, la difficulté, c'est que c'était la dernière heure de cours

, Je n'ai pas donné beaucoup pour que ce soit bien, et du coup je n'ai pas l'impression d'avoir été partie intégrante au projet, parce que je ne considère pas avoir donné autant que les autres. 67 PB : Je comprends. Qu'est-ce que tu as appris personnellement dans ce projet ? 68 A : Je ne sais pas si je peux dire que j'ai appris quelque chose, mais selon moi, c'est une très bonne idée en cours de langue. Je ne pense pas qu'il existe ce genre de chose dans une autre école, quand des élèves se réunissent pour parler et en faire un livre, avec l'aide d'une personne qui prend la peine de les guider, de faire en sorte que leurs discours deviennent une histoire, ça je pense que c'est énormément de travail. Et, pour moi, c'est une bonne idée, indépendamment du fait que moi je ne suis pas créative et peut-être pas le style d'élève adapté à cette pratique, c'est une super idée. Il faudrait essayer dans d'autres endroits, aurait pas été moins bien si je n'avais pas été là

, 75 PB : Qu'est-ce que tu as ressenti ? 76 A : C'est surprenant ! Et je me suis sentie un peu mal à l'aise d'avoir aussi peu participé et de figurer dans la liste des auteurs. Je n'ai pas l'impression d'avoir mérité d'être mentionnée. C'est pour ça que pour moi c'était bizarre. J'étais contente, PB : Tu te souviens du moment où tu as eu le livre en main ? 74 A : Oui

, 78 A : Oui, mais ce n'était vraiment pas beaucoup par rapport à la quantité d'oral. 79 PB : Et s'il y avait un nouveau projet comme ça ? 80 A : Disons que puisque maintenant je trouve plus important de retrouver mon niveau de français, peut-être que je travaillerais différemment, dans le sens où je rendrais peut-être plus de textes écrits, ou bien juste je travaillerais vraiment avec quelqu'un pour qu'il fournisse les idées et moi la langue. Peut-être comme ça, PB : Pourtant, tu as toujours fait les devoirs écrits à la maison et ils figurent dans le livre

, il faudrait donc un plus petit groupe. 82 A : Oui, on peut dire ça. 83 PB : Et quoi d'autre ? 84 A : Et que ce ne soit pas à moi de trouver l'histoire, l'intrigue, parce que je n''y arrive pas, et je n'aurai pas de plaisir. Pour moi il faudrait que l'objectif soit vraiment linguistique, PB : Pour que le « ROC » soit plus adapté à toi à une élève comme toi

, Transcription entretien Adam

P. Biras, Peut-être en voyant que les autres ne parlaient pas aussi bien que ça, que j'étais au même niveau. Dans toutes les langues en fait, j'ai toujours été mauvais à l'oral, dans n'importe quelle langue, en anglais aussi, parce que je n'aime pas parler devant les autres, parce que je n'aime pas du tout me tromper. En phase d'apprentissage d'une langue, évidemment, c'est impossible de ne pas faire d'erreurs, mais moi je n'aime pas en faire parce que ça me gêne de me tromper, PB : Oui. 39 PB : Et plus tard ? 40 B : Ça m'a progressivement passé, p.35

, PB : On dirait alors que la coopération n'a pas toujours très bien fonctionné

, B : Peut-être, mais c'est une erreur de notre groupe à nous

, Quand on a commencé à écrire, je n'ai pas réalisé que ce serait un vrai livre que je pourrais relire dans dix ans et me souvenir que cette petite partie dedans, c'est moi qui l'ai écrite. Quand on a eu le livre, c'était une super sensation de voir qu'il y avait mon un peu de mon travail dedans. 53 PB : Tu dirais donc que c'est important qu'il y ait un objet palpable à la fin ? 54 B : Oui, mais ça je ne l'ai compris qu'à la fin. Pendant le processus, ce n'est pas ce qui m'a motivé. C'est juste quand j, PB : Je vois. Donc on a parlé du côté négatif, et qu'est-ce qui est positif selon toi ? 52 B : Comme j'ai dit, le fait de créer quelque chose, c'est très bien

, Pour moi c'était ça le plus motivant, de créer une histoire à nous. 59 PB : Toi, comment tu vois tes propres performances pendant l'atelier ? 60 B : Je n'ai pas pris part à la chose très activement, surtout au début, mais je dirais que j'y suis entré progressivement, PB : Mais ce n'est pas ça qui était motivant ? 56 B : Pendant l'écriture, non. 57

. B-:-oui, Je dirais que ça aurait pu être sans doute mieux, mais ce qui est né est déjà très bien

, Parce que tout le monde y met quelque chose, même des petites choses. Il y en a qui n'ont pas parlé, mais quand même, ils ont donné des idées, des petites choses, PB : Qu'est-ce qui est « déjà très bien » ? 64 B : D'avoir pu échanger des idées et que de ça naisse quelque chose

, Je t'ai dit que je n'aime pas beaucoup parler devant les autres, mais quand les autres parlent, je réfléchis à comment je dirais la même chose, et donc je travaille aussi, comme auditeur ça développe ma connaissance. Quand j'entends que quelqu'un fait une erreur, je la corrige dans ma tête. Quand c'est à moi de parler, ça m'est beaucoup plus difficile. Je me suis développé dans le sens où quand quelqu'un parle, moi je réfléchis à comment finir la phrase, à quel mot utiliser

, Transcription entretien Maté

P. Biras,

, Une conversation orientée. Parce qu'il y avait un thème et différents personnages à interpréter. Il fallait dire ce que les personnages disaient. C'est l'essentiel, je crois

, Donc ça c'était très mal. Mais je ne vois pas comment on pourrait corriger ça, parce que le concept de base, c'est de parler et de faire parler les gens, et ça je crois que c'est bien, mais fondamentalement, mon problème c'est qu'en bloc, et dans les cours de français aussi, on parlait toujours en hongrois, et quand il le fallait, on traduisait en français. Moi ça m'a gêné parce que je sais que j'apprends bien une langue si j'en suis entouré. Pour moi, sortir du processus français et discuter en hongrois, ce n'était pas bien. Bien sûr, c'est un peu notre faute, mais il aurait fallu rappeler à l'ordre tout le monde, et dire « s'il vous plait, parlez en français ! » Ça c'est le premier problème. Le second, c'est que des fois, pour moi, c'était laborieux. Dans un groupe de dix personnes, le fait qu'une personne parle, le temps que cette personne formule sa pensée, ça fait déjà une minute ou deux. Si tu multiplies par dix. Concrètement, ça veut dire, si tout le monde participe, que je participe, je parle un peu, et après pendant dix minutes non. Pour nous, ça s'est pas passé exactement comme ça, moi j'ai pu beaucoup parler dans ce livre parce que la moitié du groupe était là, et pas toujours très présente, donc il y avait plus de possibilité pour ceux qui voulaient vraiment, Selon toi, dans le processus Kör de pierre, qu'est-ce qui aurait pu mieux fonctionner ? 38 M : Ce serait peut-être le groupe, et je crois que ce n'était pas un bon groupe. Si quelqu'un joue sur son téléphone, ou si quelqu'un dort, ou discute avec quelqu'un, alors ça peut tout gâcher

, Je crois que dans le livre, on avait un cadre d'expression relativement large, mais je crois que je ne sais pas imaginer une bonne histoire, et le fait de faire ça en français était difficile, parce que ce que j'aime vraiment, c'est bien m'exprimer, parler de manière variée et décrire mes pensées avec les mots, et ça je ne peux le faire qu'en hongrois. Cette forme de perfectionnisme, ça ne marche pas en français, M : Je crois que moi je ne suis pas un bon écrivain, surtout si on me dit ce sur quoi écrire

, Quoi faire avec quatre chaises, deux voix, un poème ? À chaque nouveau couple, nous prenons le soin d'enlever une chaise. Bien sûr, le quatrième couple n'a plus qu'une chaise pour dire le poème : ceci n'empêche pas l'infini des possibles. Le point commun entre ces lectures à la chaise : les corps qui prennent position non pas par rapport à ce que dit le poème mais comment il avance, il fait, il écrit, il se rythme. C'est seulement à la fin de ces lectures qu'un premier échange « sur » le poème s'instaure. Sur les sensations qu'il procure, ses moyens limités, PB : Et qu'est-ce qui a bien fonctionné dans le processus selon toi ? 44 M : Ce qui est positif, c'est que même si on n'est pas des écrivains, d'un côté

&. A. Ensuite-;-il-s'agit-de-faire-sien-le-texte-d, L. Laâbi-;-le-manipuler, and . Démonter, Délicate étape que le passage des consignes. « Personnaliser » le poème ? Non. « Le transformer » ? Pas exactement. Le « réécrire », oui, mais qu'est-ce à dire ? Il ne s'agit nullement d'écrire comme A. Laâbi mais de faire avec les moyens choisis par le poète. Débrancher le poème d'A. Laâbi et la voix qui le porte, pour le rebrancher sur soi, en espérant y laisser sa propre empreinte vocale. Autre image : démontage-remontage d'un appareil. Chacune des opérations proposées n'est pas seulement d'ordre linguistique : il y a comme un fil invisible à maintenir tendu du premier au dernier mot -que le lecteur doit lui-même trouver. Loin de se réduire à une banale activité lexicale ou syntaxique, cette réécriture à partir du poème d'A. Laâbi -en apparence simplepermet d'expérimenter le texte comme organisme vivant, le discours comme passage de voix, le rythme comme microcosme. À chaque modification du texte, même mineure, l'auteur est amené à procéder à des relectures : chaque prise de décision relative au poème modifie sa portée, sa direction

U. , Remplacez les mots suivants par ce que vous voulez : « le café

. Deux, Remplacez trois verbes par d'autres verbes de votre choix

. Trois, Ajoutez une première ligne au poème (une ligne

. Quatre, Ajoutez un adverbe en -ment

. Cinq, Supprimez un mot de votre choix

. Au-fur, nous nous amusons à « interdire » certains mots ajoutés par les participants -parce que trop communs. Ces mots finissent par remplir l'un des tableaux blancs de l'atelier du poème. On aboutit aux propositions suivantes : Quatre

. Cinq, Déplacer une ligne de votre choix

. Six, Ajoutez une première ligne et une dernière au poème. Sept. Modifier un verbe de votre choix

. Huit, Supprimer un mot qui vous parait en trop, inutile, intrus. Neuf. Relire le texte : évaluer les enchainements d'une ligne à une autre

, Nous insistons : ne pas hésiter à procéder à d'ultimes modifications si besoin est

. Dix,

, Nous invitons les participants à se remémorer les échanges de la veille sur le titrage

, À lire ci-dessous une sélection de poèmes-enveloppes qui partagent les mêmes fragments initiaux : Moments d'atelier et pratiques à l'essai

, Une expérience d'atelier assez brève mais structurée autour de plusieurs moments dont l'articulation a varié au fur et à mesure des semaines. Nous rendons compte ici de l'intégralité de ces essais d'atelier, de ces pratiques à l'essai. Les trois premiers moments correspondent à des activités d'expression orale-écrite qui permettent un glissement progressif vers l'écriture de « la plus longue phrase de soi

, Une sorte de premier degré de l'écriture. Le document déclencheur est lu et renseigné comme un questionnaire, un formulaire administratif. La subjectivation dans et par la langue est ici dérisoire -quand bien même les apprenants y trouvent du plaisir et/ou de l'intérêt. Le portrait chinois relève du jeu. Dans un jeu la conformité aux règles est de mise, sinon le jeu s'arrête de lui-même (c'est le propre de la triche). Les essais de voix ne s'apparentent pas à des jeux, ils invitent plutôt à ne pas tricher en offrant la

U. Si-j'-tais and ?. Couleur,

, Si j' tais UN ARBRE, je se ais????????????????????

, Si j' tais UNE ÎLE, je se ais????????????????

, Si j' tais UN FRUIT, je se ais?????????????????????

U. Si-j'-tais and . Semaine,

, Si j' tais UN ANIMAL, je se ais????????????????????

, Si j' tais UNE CHANSON, je se ais???????????????

, Si j' tais UNE LEÇON, je se ais???????????????

, Si j' tais UN SPORT, je se ais????????????????????? Si j' tais UNE VOYELLE, je se ais?????? ?????

, Si j' tais UN DÉFAUT, je se ais????????????????????

, Si j' tais UNE QUALITÉ, je se ais ???????????????????

U. Si-j'-tais and ?. Histoire,

U. N. Si-j'-tais and . Enfant,

, Critères de sélection : une phrase que vous pensez être seul(e) à avoir écrite ; la phrase qui vous tient le plus à coeur ; la phrase qui parle le mieux de vous. Nous laissons du temps pour relire. Mettre une croix devant la phrase choisie et nous la montrer. De notre côté, nous acceptons les phrases ouvertes. Qu'importe ce qu'elles évoquent. Ce doit des phrases encore possibles, des phrases qui donnent envie de savoir la suite, Dans un deuxième temps, nous demandons à chaque participant de choisir une phrase parmi l'ensemble des phrases listées

, Une phrase pour se dire. Il va sans dire que le mot phrase n'est pas employé ici dans son acception grammaticale. La plus longue phrase de soi est discours-fleuve. Quelques contraintes : par exemple, pas de ponctuation (la seule marque de ponctuation c'est le point final), pas de mots ou de fragments empruntés à la « liste de soi-même ». La plus longue phrase de soi parle? de soi. Chaque participant doit parler de lui-même : l'état du monde ne nous intéresse guère ici -même, travailleuse Je suis chanteuse Je suis qui je suis Je 'ai e pas le diable Je suis contente, je suis vivante, je suis une femme réussie feuille blanche est vide