De la révolution lucasienne aux modèles DSGE : réflexions sur les développements récents de la modélisation macroéconomique

Résumé : Ce travail propose une mise en perspective des pratiques de modélisation macroéconomique,depuis les travaux de Robert E. Lucas dans les années 1970 jusqu’aux contributions actuelles de l’approche dite d’équilibre général dynamique stochastique (DSGE). Cette mise en perspective permet de caractériser l’essor des modèles DSGE comme un compromis entre conceptions antagonistes de la modélisation : d’une part, celle de l’approche des cycles réels (RBC) et, d’autre part, celle de la nouvelle économie keynésienne. Pour justifier cette opposition, ce travail propose une reconstruction épistémologique de l’histoire récente de la macroéconomie, à savoir une analyse des différents critères qui définissent la validité et la pertinence d’un modèle. L’hypothèse de travail est qu’on peut identifier, pour chaque pratique de modélisation,trois critères méthodologiques fondamentaux : la validité interne (l’adéquation des hypothèses d’un modèle aux concepts aux formalismes d’une théorie), la validité externe(l’adéquation des hypothèses et/ou des résultats d’un modèle au monde réel, et les procédés quantitatifs pour évaluer cette adéquation) et le critère de hiérarchie (la préférence pour la validité interne sur la validité externe, ou vice versa). Cette grille de lecture, inspirée de la littérature sur les modèles en philosophie des sciences, permet d’apporter quatre contributions originales à l’histoire de la macroéconomie récente. (1) Elle permet de concevoir l’essor des modèles DSGE sans faire appel à l’explication proposée par l’historiographie produite par les macroéconomistes eux-mêmes,à savoir l’existence d’un consensus et d’un progrès technique exogène. Contre cette vision de l’histoire en termes de progrès scientifique, nous mettons en avant les oppositions méthodologiques au sein de la macroéconomie et nous illustrons l’interdépendance entre activité théorique et développement des méthodes statistiques et économétriques. (2) La thèse s’attaque au cloisonnement entre histoire des théories macroéconomiques et histoire des méthodes quantitatives. Grâce à sa perspective méthodologique, ce travail permet d’opérer la jonction entre ces deux littératures et de développer les bases d’une vision globale des transformations récentes de la macroéconomie. (3) La relecture méthodologique de l’histoire de la modélisation permet de mettre en évidence comment la condition de validité externe a représenté le principal point de clivage entre différentes conceptions de la modélisation. La question de la validité externe apparaît par ailleurs intrinsèquement liée à la question de l’explication causale des phénomènes, sur laquelle repose largement la justification de la modélisation comme outil d’expertise des politiques économiques. (4) Ce travail aboutit à une caractérisation originale de l’approche DSGE : loin de constituer une «synthèse» ou un consensus, cette approche s’apparente à un compromis, fragilisé par l’antagonisme méthodologique entre ses parties prenantes.
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Thèse
Economies et finances. Université Panthéon-Sorbonne - Paris I, 2017. Français. 〈NNT : 2017PA01E059〉
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Soumis le : jeudi 17 mai 2018 - 10:32:06
Dernière modification le : mercredi 23 mai 2018 - 18:21:07
Document(s) archivé(s) le : lundi 24 septembre 2018 - 20:42:35

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Francesco Sergi. De la révolution lucasienne aux modèles DSGE : réflexions sur les développements récents de la modélisation macroéconomique. Economies et finances. Université Panthéon-Sorbonne - Paris I, 2017. Français. 〈NNT : 2017PA01E059〉. 〈tel-01793960〉

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