L’œuvre de Nicolas de Vérone : intertextualité et création dans la littérature épique franco-italienne du XIVe siècle

Résumé : Nicolas de Vérone est un poète franco-italien du XIVe siècle, courtisan de Nicolas Ier d’Este, à qui il dédicace, en 1343, une de ses œuvres. Il a écrit 3 poèmes épiques de forme métrique identique mais d’inspirations profondément différentes : la Pharsale (3166 vers) raconte la guerre armée qui opposa César et Pompée en Thessalie pour la maîtrise de Rome, la Prise de Pampelune, ou Continuation de l’Entrée d’Espagne (6116 vers), est un récit qui se rattache à la tradition des aventures de Roland et de Charlemagne en Espagne avant la défaite de Roncevaux et la Passion (994 vers) narre les derniers jours de la vie du Christ.Ces 3 chansons de geste sont rédigées en franco-italien, cette langue hybride purement littéraire et probablement jamais parlée qui permet aux auteurs italiens d’adapter la geste et les héros français à un public aristocratique et bourgeois d’une Italie du Nord déjà pré-humaniste. Chacune puise son contenu à des sources clairement identifiées : les Fet des Romains, compilation française d’histoire ancienne du XIIe siècle, l’Entrée d’Espagne, épopée carolingienne d’un anonyme Padouan, la Chronique de Turpin et les Evangiles, auxquels il convient d’ajouter quelques légendes apocryphes largement répandues au Moyen Age.Les thématiques sont classiques et la lutte armée y occupe une place de choix mais le cadre des aventures narrées est singulièrement novateur en ce qu’il ne conserve aux différents éléments surnaturels de la tradition épique qu’une place minime et purement ornementale : le divin se réduit jusqu’à l’inconsistance et Dieu est un Dieu caché.Cela vient du fait que l’esprit de la chanson de geste est réinterprété à l’aune des conceptions pré-humanistes : le héros épique s’apparente désormais à un personnage romanesque et l’épaisseur psychologique qu’il gagne lui confère un statut nouveau d’homme placé au centre du monde. Le projet politique de Nicolas de Vérone est d’une étonnante modernité et prône une véritable démocratie, à l’image de la République romaine des libertés. Le sens moral de l’œuvre réserve à la prudence une place centrale en en faisant le fondement de toute action juste et droite.C’est que le sens philosophique des textes est lui-même tout à fait inédit : l’auteur concilie les vertus chrétiennes classiques et une sagesse néo-stoïcienne. Ainsi, l’humilité se fait ascèse et la mort héroïque du martyr de la foi s’apparente aux exemples des sages antiques. L’exigence de modération et la volonté de ne s’étonner de rien (nihil mirari) bien loin de la fortitudo épique, ainsi que le respect de sa nature apparaissent comme des impératifs nouveaux. Nicolas de Vérone ne nie pas la difficulté d’un tel idéal et réserve une place, à côté de la vertu absolue du sage, pour une sagesse domestique purement humaine et une parénétique. La morale s’est faite optative.
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Littératures. Université Lumière - Lyon II, 2009. Français. <NNT : 2009LYO20047>
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Chloé Colin. L’œuvre de Nicolas de Vérone : intertextualité et création dans la littérature épique franco-italienne du XIVe siècle. Littératures. Université Lumière - Lyon II, 2009. Français. <NNT : 2009LYO20047>. <tel-01540281>

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