LES LIMITES À LA CROISSANCE DANS UN MONDE GLOBAL - MODÉLISATIONS, PROSPECTIVES, RÉFUTATIONS

Résumé : Cette thèse d’Histoire des Sciences est centrée sur le rapport au Club de Rome de 1972, affirmant l’existence de limites globales à la croissance et la nécessité de ruptures sociétales radicales pour s’y ajuster. Elle pose la question des conditions matérielles, politiques et culturelles qui conduisent à la montée en force, autour de 1970, de discours énonçant le caractère nuisible de la croissance démographique et économique, à un niveau global. A cette fin, elle examine comment se développe un contexte favorable à l’appréhension d’un futur de l’humanité et à la modélisation mathématique d’un tel enjeu. Elle étudie l’émergence, l’évolution et la réappropriation d’une dénonciation de la croissance, en lien avec le développement du Tiers Monde, les premières mobilisations environnementales et la critique de la technologie. Elle suit le développement de l’entreprise du Club de Rome, afin d’élucider le paradoxe de l’appel par une élite industrielle et politique à une stabilisation de l’économie mondiale. Dans cette perspective, elle étudie les influences contrastées des discours environnementalistes et des études du futur sur le projet de modélisation de l’organisation, en particulier sur la représentation de la technologie qu’il porte. Elle étudie de manière précise comment le choix de la Dynamique des Systèmes comme méthodologie de modélisation concourt à une traduction particulière de la « Problématique » du Club en modèle mathématique, focalisée sur les limites à la croissance.Elle s’attache enfin à comprendre comment le vif débat du début des années 1970, pour ou contre la croissance, laisse rapidement la place à un consensus sur le bien-fondé de la croissance, tandis que les questions des inégalités entre Nord et Sud, et des meilleurs moyens technologiques et économiques pour dépasser les limites matérielles, deviennent alors prégnantes. Dans ce but, elle recense et classifie les diverses critiques du rapport au Club de Rome, en montrant l’articulation forte entre critique philosophique et critique technique. Elle étudie ensuite comment de nouvelles traditions de modélisation se construisent sur la base de ces critiques, lesquelles, par leur formulation des problèmes, leur choix des variables et leur mode de simulation, contribuent à rendre à la possibilité d’une stabilisation de l’économie hors de propos, et confortent le bien-fondé de la croissance économique pour le développement humain et la préservation de l’environnement.
Type de document :
Thèse
Sciences de l'Homme et Société. EHESS, 2011. Français
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Contributeur : Élodie Vieille Blanchard <>
Soumis le : jeudi 20 novembre 2014 - 15:33:45
Dernière modification le : jeudi 11 janvier 2018 - 06:19:18
Document(s) archivé(s) le : lundi 23 février 2015 - 08:49:53

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Élodie Vieille Blanchard. LES LIMITES À LA CROISSANCE DANS UN MONDE GLOBAL - MODÉLISATIONS, PROSPECTIVES, RÉFUTATIONS. Sciences de l'Homme et Société. EHESS, 2011. Français. 〈tel-01085023〉

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