L’équipe GDI (EA 4240) regroupe des chercheurs en sciences de la société (droit, sciences politiques, économie, gestion, histoire...) autour des notions de « gouvernance » et de «développement insulaire » en Polynésie et dans le Pacifique.

Cette équipe privilégie les thèmes de recherche concernant directement la Polynésie et le Pacifique, notamment ceux qui contribuent à son développement économique, social et culturel.

Juristes, politistes, économistes et gestionnaires mais aussi historiens ont une préoccupation commune : étudier les modes d’organisation et de régulation des activités tant publiques (institutions politiques et administratives) que privées (entreprises, marchés, transferts).

Le concept de gouvernance (gouvernance d’entreprise, gouvernance politique, gouvernance locale) doit permettre de mettre à jour les normes, traditions et institutions à travers lesquelles un pays ou une entreprise exerce ses fonctions. 
L’analyse de la gouvernance concerne au premier chef l’étude des institutions publiques de la Polynésie française, s’inscrivant dans le cadre du renouveau du droit d’Outre-mer. Les économistes, analysant les facteurs de la croissance dans une économie  de petite taille, s’interrogeront, souvent à partir des mêmes éléments, sur la « bonne gouvernance » et sur ses effets sur la croissance et le développement économiques. De leur côté les chercheurs en gestion s’intéressent à la « gouvernance d’entreprise », qui comprend aussi une dimension liée à la gouvernance politique du territoire.

Les particularités insulaires, qu’elles résultent des évolutions historiques ou de la situation géographique, constituent des éléments de son identité nécessaires à prendre en considération pour analyser les déterminants du développement économique, social et culturel.

La prise en compte de l’identité, de sa recherche souvent mythique, est un élément fort de la culture insulaire que l’on retrouve tant dans le discours politique que dans les institutions publiques ou privées. La question foncière (appropriation et utilisation des terres) souvent rattachée à la notion d’identité doit faire l’objet d’une approche prioritaire associant les juristes aux autres chercheurs en sciences sociales. La prise en considération de l’identité est un élément fort des politiques de développement (ex : économie de la filière tourisme). 

La notion de développement est prise en compte par les économistes, notamment lorsqu’ils se consacrent à l’étude de la « stratégie de développement des économies insulaires », ou du rôle d’un secteur particulier comme le tourisme (« tourisme et développement insulaire »). 
Les juristes se consacrent à l’analyse des outils du développement (en droit administratif, en droit financier et fiscal, en droit des entreprises, en droit du travail...) tout en contribuant à l’analyse des finalités du développement (développement durable, droit de l’environnement, protection des ressources naturelles...).

Le projet scientifique du laboratoire Gouvernance et Développement Insulaire, centré sur les concepts de « gouvernance » et de «développement » les applique au milieu insulaire et intègre la dimension « identité ».

Le laboratoire est divisé en deux axes :

  • 1. Gouvernance, normes et institutions ;
  • 2. Stratégies de développement des économies insulaires.

L’équipe GDI travaille avec l’East-West Center de Hawaii, l’Université de Hawaii, les universités de Nouvelle-Zélande (Auckland, Wellington et Christchurch), les universités australiennes (Sydney et Canberra) et l’University of South Pacific (Fidji et Vanuatu), et en métropole, essentiellement avec le CREDO (Marseille), l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence, l’EHSS et le réseau Asie-Pacifique du CNRS. On peut ajouter que les thèmes abordés par l’équipe ont permis de faire avancer les connaissances politiques, économiques et juridiques de la société polynésienne et bien au-delà, de l’Océanie. L’état des connaissances dans ces domaines était assez faible et l'équipe a réalisé un grand travail reconnu par les spécialistes Australiens, Néo-Zélandais et Hawaïens.


Le GDI travaille en étroite collaboration avec Steven Ratuva, le directeur du PIPSA (Pacific Islands Political Science Association) basée à Auckland University (Nouvelle-Zélande), avec Terence Wesley-Smith de l’University of Hawai'i at Manoa, avec Jerry Finin de l’East-West Center à Hawai'i, avec David Hegarty puis Nicole Haley pour l’Australian National University, avec VijayNaidu, ODN (Oceania Development Network) de l’University of South Pacific et enfin Carine David de l’Université de la Nouvelle-Calédonie. Des chercheurs de GDI (M. Debène, Y.L. Sage, S. Al Wardi, A. Moyrand) étaient à l’East-West Center, University of Hawaii, Honolulu, le 25 avril 2012. A. Moyrand et S. Al Wardi ont été invités au Symposium à l’Australian National University ANU, Canberra, Australie les 16 et 17 octobre2012.


Le GDI travaille avec le laboratoire « State, Society and Governance in Melanesia » à l’Australian National University, qui est spécialisé, comme son nom l’indique sur la Mélanésie. Après plusieurs rencontres, l'équipe a pu remarquer  qu’il y avait un fond commun entre la Mélanésie, la Polynésie et la Micronésie : le monde politique océanien, quel que soit le type de colonisation, est aussi caractérisé par une instabilité politique forte motivée par un nomadisme politique, une autonomie des hommes politiques par rapport à leurs partis, une relation affective incontournable, un clientélisme au grand jour, une forte captation des ressources publiques mais aussi une partie magique très présente dans la vie politique. Aucun État ou territoire n’est épargné par ces caractéristiques. Ainsi, les collaborations ont été intensifiées, la dernière en date étant le colloque organisé sur la gouvernance à l'université en 2014 avec près de 80 personnes de toute l’Océanie.