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Fiche détaillée Conférences invitées
Ville Mal Aimée, Ville à Aimer, Cerisy-la-Salle : France (2007)
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Les mots de l'urbaphobie dans les metropoles des Etats-Unis :
L'exemple des gated communities.
Renaud Le Goix1, 2

Afin de cerner la portée de l'urbaphobie dans les métropoles états-uniennes, on s'attache à étudier la forme résidentielle qui incarne probablement le mieux les discours anti-urbains dans les paysages urbains contemporains : les enclaves résidentielles privées et fermées. Cet article vise à proposer une analyse des composantes du discours porté par un produit immobilier devenu un symbole global d'un idéal anti-urbain, les gated communities.
Dans ce cadre, la démarche proposée ici comporte deux questions. Dans quelle mesure le produit immobilier gated communities relève d'une promotion d'un modèle d'urbanisme qui revêt des valeurs ou des discours anti-urbains ? En quoi ces quartiers fermés et sécurisés sont-ils originaux tant du point de vue morphologique que de leur projet social, et différent-ils des autres développements résidentiels, pour que se justifie une telle focalisation à leur propos des interrogations sur la fragmentation urbaine ? Ce faisant, quelle est la portée du discours de la promotion immobilière, reposant sur un marketing de la crise urbain, sur les territorialités construites par l'enferment résidentiel ?
Avatar parmi d'autres d'un discours anti-urbain classique qui traverse dans le temps long la ville américaine, les gated communities apparaissent comme un produit avant tout périurbain, loin de la ville, qui tend à s'enraciner dans les origines toponymiques locales, qui met en valeur son site — en toute exclusivité —, son cadre de vie. On retiendra des structures spatiales, des associations entre composantes du discours et structures socio-économique de l'espace, en se gardant d'en déduire des relations de cause à effet. On a relevé les associations entre le discours valorisant la rente de site et les catégories les plus privilégiées ; le discours mettant en avant les loisirs semblent plutôt viser les classes moyennes âgées, par le biais des communautés de retraités ; le discours plus neutres d'une toponymie reprenant les noms des rues visant plutôt les classes moyennes issues de l'immigration récente, dans des quartiers plus centraux, donc moins sensibles aux discours anti-urbains. Au final, le produit gated communities s'inscrit dans l'espace social comme un produit immobilier parmi d'autres : dans les discours, la fermeture relève plus du symbole et de la stratégie immobilière que du séparatisme social souvent supposé.
1 :  UP1 - Université Paris 1, Panthéon-Sorbonne
2 :  GC - Géographie-cités
urbain – anti-urbain – discours – histoire urbaine – gated communities – exclusivisme social