| Sarajevo détruite : les images du siège de la ville-capitale de la Bosnie-Herzégovine ont particulièrement marqué l'imaginaire. Chaque jour, des tirs de mortiers depuis les hauteurs où sont positionnées les forces militaires et paramilitaires serbes de Serbie et serbes de Bosnie-Herzégovine assaillent les Sarajéviens. Les destructions dans la ville montrent l'acharnement contre la ville désignée comme " ennemie " pour sa multiculturalité. Pourtant, le projet des responsables politiques serbes de Bosnie-Herzégovine n'est pas d'anéantir Sarajevo, de la " rayer " de la carte. Ceux-ci ont pour objectif, après la guerre, d'en faire la capitale d'une future République serbe de Bosnie-Herzégovine " purifiée " de ses " indésirables ", c'est-à-dire de la population non-serbe (bosniaque, croate, juive, rom... de Bosnie-Herzégovine, ainsi que les enfants à l'identité multiple issus des mariages mixtes). Les destructions dans la ville ne visent pas sa totale annihilation, mais l'anéantissement du vivre ensemble, de l'urbanité (Jacolin, Tratnjek, 2010). Dans cette idéologie, Sarajevo doit devenir une capitale de la " serbité ". Les destructions vont être choisies, pour leur symbolique. |