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Short view PhD thesis
Les pouvoirs du danger. Zone indsutrielle de Fos-sur-Mer. Anthropologie politique des risques industriels et du conflit de l'incinérateur.
Girard T.
Thèses. Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) (05/07/2012), Marc Abélès (Dir.)
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Tobias Girard ()1, 2
1:  LAIOS-IIAC - Laboratoire d'anthropologie des institutions et des organisations sociales/Equipe IIAC
http://www.iiac.cnrs.fr/laios/
École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) – CNRS : UMR8177
54 Bvd Raspail 75270 PARIS CEDEX 06
France
2:  IIAC - Institut Interdisciplinaire d'Anthropologie du Contemporain
http://www.iiac.cnrs.fr/
CNRS : UMR8177 – École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS)
105, boulevard Raspail 75006 Paris
France
Les pouvoirs du danger. Zone indsutrielle de Fos-sur-Mer. Anthropologie politique des risques industriels et du conflit de l'incinérateur.
Powers of danger. Industrial area of Marseille. A Political Anthropology of Industrial Hazards and the Incinerator's Conflict.
2012-07-05
Cette thèse s'intéresse à la construction politique des conflits environnementaux liés au traitement des déchets, à la gestion des risques industriels et des pollutions. La recherche s'interroge sur les usages politiques du danger, c'est-à-dire sur les processus à l'aide desquels les puissants, hommes politiques, firmes multinationales, représentants de l'État ou leaders associatifs, peuvent à la fois combattre les menaces environnementales, mais aussi les produire de par leurs décisions, les amplifier de par leurs absences de décisions, ou encore les occulter et les instrumentaliser. Pour chercher des éléments de réponse, une enquête de terrain a été réalisée de fin 2004 à fin 2007 dans la zone industrielle de Fos-sur-Mer, où toutes ces menaces se trouvent cristallisées autour d'un conflit particulièrement politisé, celui portant sur la réalisation d'un incinérateur à Fos-sur-Mer par la Communauté Urbaine de Marseille. Malgré une quarantaine d'actions en justice intentées contre lui, l'incinérateur est entré en service en 2010 au terme d'une vingtaine d'années de luttes, d'avancées, de reculs et de multiples rebondissements. La thèse cherche à décrypter l'influence des jeux de pouvoirs sur le conflit : guerre commerciale des majors du déchet, tactiques des leaders associatifs, rivalités politiques, revirements électoraux, scandales nationaux, réseaux d'influence, soupçons de corruption, etc. Elle prend alors pour objet les détraquements du politique qui finissent par former de véritables politiques du détraquement. Pour étudier ces mécanismes complexes, il a fallu mettre en place un cadre théorique et méthodologique spécifique. Le premier s'appuie sur les travaux de Mary Douglas, Georges Dumézil, Michel Foucault, Gilles Deleuze et Félix Guattari. Le second propose une analyse croisée de l'histoire politique du conflit, du contexte, des discours et des pratiques. Au lieu de s'attacher aux représentations sociales du risque et de la pollution pour interpréter les raisons du conflit, la recherche s'emploie à mettre en lumière les similitudes de comportements, de styles et de pratiques que l'on peut observer de part et d'autre du conflit, quelque soit la cause défendue ou les intérêts représentés. Selon les formes que prennent les menaces et les usages, observés sur le terrain, qui en sont faits, c'est une typologie des dispositifs de pouvoir qui est ainsi proposée. La thèse distingue alors le danger, du risque et du péril pour leur associer respectivement des dispositifs de pouvoir, de contrôle et de puissance. Cette méthode fige les formes de pouvoir pour analyser le montage des politiques et stratégies employées dans le conflit. Il devient ainsi possible de rendre compte des enjeux de pouvoir, par exemple d'une procédure de concertation ou d'une stratégie de communication, en étudiant sa manière de faire, c'est-à-dire sa manière de sélectionner les menaces et de travestir ou d'agencer ensemble les dispositifs de pouvoir, de contrôle et de puissance.
This thesis is interested in the political construction of environmental conflicts related to waste, industrial hazards and pollution management. The research is wondering about the political uses of danger, this is to say, about the devices the powerful, politicians, multinational companies, state representatives or NGOs leaders, used to fight against the threats, also produce and create them, make the threats growing bigger by lack of decision, or mask and exploit them. In order to find some elements of answer, a fieldwork has been realized in the industrial area of Fos-sur-Mer, near Marseille, from the end of 2004 to the end of 2007. All these threats are thus gathered by a very politicized conflict brought about by Marseille's will to create an incinerator plant at Fos-sur-Mer, in order to burn its municipal waste. Despite about forty actions before the courts, the incinerator started in 2010 after twenty years of struggle, advance, decline and sudden revivals. The thesis aims to interpret the influence of power issues upon the conflict: commercial war between waste firms, NGOs' leaders tactics, political rivalries, electoral turnarounds, national scandals, networks of power, bribery suspicions etc. Thus, this thesis is studying the disorders of power which are forming by the end real politics of disorder.
Humanities and Social Sciences/Social Anthropology and ethnology

Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS)
Anthropologie politique
French

Marc Abélès
Marc Abélès, anthropologue, (directeur)
Pierre-Antoine Chardel, philosophe
Eric Chauvier, anthropologue (rapporteur)
Jean-Louis Fabiani, sociologue (président)
Bernard Paillard, sociologue (rapporteur)
Michel Peraldi, anthropologue

anthropologie politique – risque – pollution – conflit – environnement – pouvoir
political anthropology – risk – pollution – conflict – environment – power