175 articles  [version française]
Detailed view PhD thesis
Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) (12/12/2003), Jean-Louis Fabiani (Dir.)
Available versions:
Attached file list to this document: 
PDF
These_A_Pecqueux.pdf(1.9 MB)
La politique incarnée du rap. Socio-anthropologie de la communication et de l'appropriation chansonnières
Anthony Pecqueux1

Considérant un rap comme une entité auditive et relationnelle, l'étude adopte une perspective pragmatique afin de répondre à la demande sociale à son égard, qui concerne un excès de violence et un défaut de citoyenneté.
La mise à l'épreuve de deux outils, l'interénonciativité et l'écoute-en-action, met en évidence une éthique incarnée de la voix, dans la mesure où les actions vocales rendent présents sur une même scène auditeurs et rappers. Mais les énonciations de contestations instancient, contre un Eux, un Nous ; et ouvrent sur un régime particulier d'amour/haine.
Pour en rendre compte il faut prendre acte de la centralité du langage dans les paroles : les violences verbales prennent place dans une conception plus générale du langage. Celle-ci forme une réhabilitation de l'institution du langage, afin d'établir un lien social avec Nous. Le rap utilise à ce titre les ressources de l'institution phatique du langage et réalise une politique incarnée de la voix adressée.
1:  SHADYC - Sociologie, histoire, anthropologie des dynamiques culturelles
Sociologie de la réception – Institutions de la culture – Anthropologie des dispositifs communicationnels – Ecoute musicale – Poétiques politiques – Actions vocales

The embodied politics of rap. Socio-anthropology of singing communication and appropriation
Considering a rap as an auditive and relational entity, the study embraces a pragmatical point of view in order to answer to the social request with reference to it, which concerns an excess of violence and a lack of citizenship.
Putting into the test two tools, interenunciativity and listening-in-action, brings to light the embodied ethics of voice, insofar as the vocal actions make present on the same scene both listeners and singers. But the enunciations of protests make emerge, against a Them, a We; and open on a particular regime, the love-hate.
To account for it we have to note the importance of language in the lyrics: verbal violences take place in a larger conception of language. This one forms a rehabilitation of the institution of language, in order to establish a social tie with Us. Rap uses by this way the resources of the phatic institution of language and realizes an embodied politics of addressed voice.