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Fiche détaillée Thèses
École Nationale Supérieure des Mines de Paris (2010-12-03), Pascal STACCINI (Dir.)
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Performance durable en santé et territoire : méthode d'anticipation et d'évaluation des vulnérabilités pour les agences régionales de santé (MAEVA)
Patrick Mallea1

Est-il possible, de nos jours, de parler de santé des citoyens sans faire référence au territoire qu'ils occupent ? Ceci est fort peu probable, et le gouvernement français en a pris conscience et pour cela a créé et mis en place les " Agences Régionales de Santé " (ARS) permettant de définir et gérer la stratégie de la santé sur son territoire régional. Mais avant d'en arriver là, le système de santé a dû se réformer, pendant près de quatre siècles, afin d'évoluer du concept de santé au concept de système de santé. De plus, pour mener à bien ces réformes, il a fallut que les différents organismes décideurs puissent s'appuyer sur des éléments concrets, et, de fait, des indicateurs particuliers, appelés " déterminants de santé " ont été mis en place. Ainsi, tout ceci a amené le gouvernement français à créer les ARS organisés autour d'un territoire de santé et dont le cadre légal est défini à travers la loi HPST (Hôpital Patient Santé Territoire). Dès lors, en s'intéressant de plus près à la mission des ARS, il apparait qu'elle est clairement liée à la notion de performance durable, d'où l'importance de définir les concepts sous jacents à savoir : " Performance ", " Performance durable " et bien sur " Performance durable en santé ". Ainsi, pour pouvoir appliquer des principes de performance durable en santé, les ARS vont devoir s'appliquer à comprendre les mécanismes favorisant ou pénalisant une telle performance. Dès lors, les notions de " risque " et de " vulnérabilité " sont devenus des éléments clés d'une telle approche. De fait, en regardant, une fois de plus, d'un peu plus près, il apparait que la vulnérabilité est liée au risque, et que le risque est essentiellement lié à une inadéquation, ou déséquilibre, entre " l'offre " la " demande " et les " besoins " du citoyen. De fait, en intégrant ces éléments, les ARS vont devenir un véritable vecteur de performance durable en santé au niveau d'un territoire, grâce à un nouveau pilotage, à une meilleure gestion des risques et l'utilisation de la mesure de performance comme d'un outil de régulation des dépenses de santé sur le dit territoire. De part ces propos, on comprend bien que les ARS vont être au cœur de la réforme et du pilotage du système de santé en région. Or, et cela est vrai dans tous les secteurs (aussi bien privés que publics), la gestion d'un tel système ne peux s'effectuer sans un système d'information adapté. Ainsi va se poser la question de ce qu'est un système d'information pour un système de santé, mais aussi comment faire en sorte que ce système d'information consomme et produise des informations de qualité. De fait, et pour mieux comprendre tout cela, il est nécessaire d'appréhender la définition de tous les types de systèmes d'information existants, mais aussi leurs rôles dans le domaine de la santé et comment cela va bénéficier au citoyen et patient. Fort de cette approche théorique, il est maintenant intéressant de s'attarder sur l'état du système d'information en santé, et de comprendre pourquoi, en l'état actuel, il a échoué dans sa mission de service public, et ce afin de mieux comprendre comment à travers la nouvelle gouvernance des ARS, il sera possible d'avoir un système d'information en santé permettant d'atteindre des objectifs de performance durable. Le constat d'échec, ainsi que la volonté de sortir le système de santé français de l'ornière dans laquelle elle s'est enfoncée est réel. Cependant, force est de constater que pour mener à bien cette mission, et notamment en regard des systèmes d'information, il sera nécessaire d'utiliser une méthodologie adaptée. Or, après investigation, il apparait qu'une telle méthode ou approche n'existe pas, d'où la nécessité d'en définir une nouvelle, afin de satisfaire les besoins des professionnels de la santé, des citoyens et patients, et ce pour permettre au système de santé français d'atteindre des objectifs de performance durable en santé par la compréhension et la résolution de problèmes métiers issue de la demande, connue et comprise en temps et en lieu, des citoyens. Il est clair que ceci ne peut se réaliser que par une meilleure compréhension de l'environnement humain, géographique, politique, social et médical qui peut mieux être appréhendé au travers des nouvelles technologies. Ainsi, il sera possible de mettre en œuvre un certain nombre de ces technologies facilitant cette approche, soit en garantissant un accès global aux données, soit en simplifiant l'intégration d'applicatifs au sein d'un processus métier complexe, soit en fournissant des outils d'analyse et d'audit permettant des prises de décision " préventives " (temps réel) ou " correctives " (après analyse des faits passés). Le tout, évidemment, en garantissant un niveau de sécurité et d'intégrité maximum. Ainsi, cette réflexion a amené à la définition de la méthode MAEVA qui se situe au milieu d'un contexte bien particulier, composé d'acteurs (professionnels, citoyens, politiques, patients, etc.), de perturbants (connus ou inconnus, donc maitrisés ou non), du système de santé en soit (sur lequel la méthode s'applique) et des résultantes (résultat de la méthode appliquée sur l'accroissement de la performance du système de santé). Pour se faire, il a été nécessaire de bâtir la méthode en deux " couches ". La première couche, composée d'éléments appelés " fondamentaux ", permet de définir les fondations du projet à implémenter selon MAEVA. Ces fondamentaux, au nombre de quatre (plus un), permettent de définir un consensus global, pour le projet et pour la communauté de pratique associée afin de mener à bien ce projet. Le " cinquième " fondamental permettant lui de définir les éléments de poursuite vers une nouvelle version ou d'arrêt du projet si les conditions nécessaires ne sont pas atteintes pour reconduire une nouvelle version du projet. Une fois ces fondements posés, la méthode offre la possibilité de définir cinq actions qui vont permettre de gérer le projet du début à la fin. Il s'agit de : " l'Intégration ", qui permet d'intégrer les sources de données nécessaires à la réalisation du projet ; la " Détection ", qui permet de définir les éléments " déclencheurs " amenant à des situations à risque ; " l'Anticipation ", qui permet de définir des mécanismes d'auto défense vis-à-vis des " déclencheurs " ; " l'Action ", qui permet de réaliser la mission pour laquelle le projet a été défini, et enfin " l'Evaluation " qui va offrir les éléments pour analyser le projet et de fait fournir des éléments factuels au fondamental " Décider ". Tout ces éléments, étant relié au sein de la méthode à travers deux " outils " : l'itération, qui permet de compléter une phase amont avec des éléments issus d'une phase aval ; et la Zone Active de Mémorisation (ZAM) qui sert de mémoire au projet et permet non seulement d'entreposer des données de traçabilité, mais aussi de garder la mémoire des décisions prises. Cette méthode ainsi définie n'a pas été établie de façon théorique en quelques mois, mais a été issu de l'analyse d'expériences vécues au fil de cinq ans de labeur dans le domaine de la performance du système de santé. Il est à noter que l'approche consensuelle proposée par MAEVA sera d'une grande utilité pour les ARS qui vont devoir, dès le début de leur existence, travailler avec du personnel, des processus et des informations issus de divers horizons jusqu'à présent plutôt compétitifs que collaboratifs. Mais tout ceci ne constitue que la première version de la méthode, et déjà, compte tenu des publications lues ces derniers temps, il est apparut que certains travaux de recherche tels que le " Design Thinking " devraient pouvoir être intégrés partiellement ou totalement dans une prochaine " release " de MAEVA.
1 :  CRC - Centre de recherche sur les Risques et les Crises
Performance durable – Santé – Territoire – Vulnérabilité – Méthode

Healthcare and territory sustainable performance: vulnerability anticipation and evaluation methodology for health regional agencies
Can we, today, address the citizens' healthcare without talking about his territory ? This seems unbelievable, and the French government has already understood this and to answer to this question has designed and launched the "ARS", which stand for "Healthcare Regional Agency", in order to define and manage healthcare strategy at its own territory level (region). But, before arriving to this conclusion, the healthcare system had to reform itself along four centuries moving from healthcare concept to healthcare system concept. This has been conducted through several reforms from decision makers that had to use quantifiable elements to perform so. Therefore, some specific indicators, called "health deterministic indicators", have been put in place. Then, the sum of all these along the years bring the French government to launch the ARS which are defined within the law called "HPST" standing for Hospital Patient Healthcare and Territory). Now, if we are looking closer to the ARS mission, it clearly appears that they are closely linked to the notion of "sustainable performance" for which it is important to define underneath concepts as "Performance", "sustainable performance" and of course "healthcare sustainable performance". Then, to applied those healthcare sustainable performance principles, the ARS would have to learn how this performance could be increased or decreased based on some specific mechanisms. Therefore, the notions of "risk" and "vulnerability" became key components of such an approach. However, looking forward it appears that the vulnerability has a close link to risk and that the risk is essentially linked to a mismatch between the "offering" and the "demand" or the "needs" of the citizens. Then, by integrating all those aspects, the ARS would became a healthcare sustainable performance for a territory vector, thanks to new governances, a better risk management politic and the usage of performance measures as healthcare expenses for a territory, regulation tool. Based on this it is easy to understand that the ARS will be at the heart of the reform and will have to drive the regional health system. But, and it is true for all sectors (private and public), the management of such a system cannot be done without an accurate information system. Then, the next question is "what is an information system for a health system?" but also, "how to feed this information system in order to let it provide relevant information?" Therefore, to understand this, it is necessary to understand the definition of all existing information system types and their role in the healthcare environment and how the citizen and the patient will take benefits of that. Based on this theory, it is now interesting to better understand the status of the current health information system and why he has failed in his pupil service missions, and that in order to better understand how, through a new ARS governance, it will be possible to have health information system able to reach the sustainable performance goals. The failure notification and the willingness to get the French healthcare system out of this trap is real. However, it is important to notice that to succeed in the mission regarding the information system, it will be necessary to adopt an accurate methodology. But, it is also important to understand that after investigation, no such methodology has been found and it appears necessary to build one in order to satisfy the needs of health professionals, citizens, patients. The final goal being to allows the French health system to reach the health sustainable performance goals by the understanding and the resolution of business pains coming from the citizen requests known and understood at the right time and the right location. It is easy to understand that cannot be done without a better understanding of the human, geographical, politic, social and health environment that could be better handled through new technologies. Therefore, it will be possible to put in place certain of these technologies that will enable this approach by allowing a global access to data or simplifying application integration into complex business processes or providing analysis and permanent traceability tools allowing to take "preventive" decisions (real time) or "corrective" decisions (after past facts analysis) . Everything, of course, being at maximum secured and with maximum integrity guarantee. This thought has bring to the definition of MAEVA methodology which seat in the middle of a particular context composed by actors (health professionals, citizens, politicians, patients, etc.), stimulus (known or unknown meaning handled or not), the health system itself (on which the methodology is applied) and results (benefits for the health system increasing the sustainable performance of the health system). To do so, I has been necessary to build the method in two "layers". The first layer is made of components called "fundamentals" which permit to define the project foundations that has to be implemented by following MAEVA rules. These fundamentals, counted as four (plus one) allow the definition of a global consensus for the project and for the associated community of practice in order to successfully deliver the related project. The "fifth" fundamental allows the rationale to pursue on a new version or to stop the project in its current stage if the necessary condition to continue it are not met. Once these basis have been setup, the method offer the capability to define five actions which will allow to manage the project from the beginning until the final delivery. These actions are: "Integration", allowing the integration of the data sources needed to the project implementation; "Detection", allowing the definition of "actuators" components bringing to a risky situation ; "Anticipation", allowing the definition of self defense mechanisms against the previously mentioned "actuators"; "Action", allowing the realization of the project mission; and at the end, "Evaluation", offering factual elements to analyze project outcomes and provide therefore facts to the fundamental "Decide". All these components are linked within the methodology through two "tools": Iteration, allowing to complete a phases with results coming from an upfront phase; and the Active Memory Zone (ZAM) which is used to be the project memory in order to store traceability data, but also "keep in mind" all taken decisions. This methodology, as defined, hasn't been designed theoretically in few months, but has been the result of real life projects analyze done during the past five years in the area of health system performance. It is also good to know that the MAEVA approach based on consensus will be a great help for the ARS, as they will have, since the beginning, work with people, processes and information coming from diverse horizons that were, until now, more in competition rather than in collaboration mood. But all of this is just about the first version of the methodology and already, due to read publications, it appears that some research works, like "Design Thinking" should be integrated partially or totally in a future "release" of MAEVA.