1456 articles – 349 references  [version française]
Detailed view PhD thesis
Université François Rabelais - Tours (22/12/2001), Pierre Signoles (Dir.)
Attached file list to this document: 
PDF
R_Cattedra.pdf(116.1 MB)
La mosquée et la cité : la reconversion symbolique du projet urbain à Casablanca (Maroc)
Raffaele Cattedra1

Ce travail s'interroge sur l'irruption du complexe qu'est la Grande Mosquée Hassan II (inaugurée en 1993) à Casablanca (la cité), en tant que monument intentionnel contemporain (défini comme une des plus Grandes Mosquées du monde). Un complexe qui s'est soudainement imposé dans le paysage de la ville, jusqu'à interférer de manière hégémonique dans le projet (urbain) de la métropole marocaine. Il appréhende la conception du " projet urbain " et les processus de territorialisation à l'aune de la monumentalité et de l'espace du sacré. La production projectuelle de la ville est saisie (suivant une démarche initiée par M. Lussault) par rapport aux systèmes de représentation que cette production interpelle. Les travaux d'A. Turco relatifs à la " théorie géographique de la complexité " (1988) ont orienté la recherche vers l'analyse des processus de territorialisation. La démarche articule une problématique de géographie urbaine et un questionnement sur le fait de savoir comment le religieux intervient pour qualifier le territoire, faisant de celui-ci un enjeu de nature urbanistique et un référent de la mise en scène d'une légitimité politique. L'hypothèse principale est que la construction de la Grande Mosquée, voulue par feu le Roi Hassan II, parce qu'elle s'inscrit dans un double système d'héritage -le premier faisant référence à la fois à l'islam (voire au modèle idéel de la " ville musulmane ") et à la tradition dynastique ; le second à " la tradition de modernité " qui caractérise cette métropole -, engage un processus de reconversion symbolique du projet urbain de Casablanca. Une telle reconversion est à saisir, à la fois, comme un acte idéel de re-connotation religieuse, sous le signe de l'islam, d'une ville réputée " profane " -du fait de l'héritage qui lui provient de son passé colonial-, et comme la transition vers un nouvel ordre urbain, lequel est explicité par l'émergence d'un dessein urbanistique polarisé sur la Grande Mosquée.
1:  GESTER - Gestion des sociétés, des Territoires et des Risques
politique urbaine – symbolisme en urbanisme – mosquée Hassan II – Casablanca – Maroc

The mosque and the city : the symbolic re-conversion of urban plan in Casablanca (Morocco)
This work examines the irruption of the Great Mosque Hassan II in Casablanca (the City). The religious building, inaugurated in 1993, is an intentional contemporary monument, considered as one of the Greatest Mosques in the world. The complex has so quickly imposed itself in the whole landscape of the city as to hegemonically interfere in the urban plan of the Moroccan metropolis. The work analyses the conception of the "urban plan" and the processes of the territoralization with regard both to the monumentality and to the sacred space. Following an approach by Michel Lussault, the town planning production is taken in relation to the systems of representation of this production. Angelo Turco's works relating "the geographic theory of the complexity" (1988) have steered the research towards the analysis of the territorialization. The approach articulates the problems of urban geography and the questioning to know how the religious can qualify the territory, making it an object of an urban planning nature and a referent of the staging of a political legitimacy. The main hypothesis is that the building of the Great Mosque, wanted by the late King Hassan II, because it belongs to a double system of inheritance -the first referring at the same time both to Islam (even to an ideal model of the "Muslim City") and to the dynastic tradition ; the second to the "tradition of modernity" which characterized this metropolis - engages a process of symbolic re-conversion of the urban plan of Casablanca. Such a re-conversion is to be taken, at the same time, as an ideal act of religious re-connotation under the sign of Islam of a city considered "profane" -because of the inheritance deriving from its colonial past - and as a transition towards a new urban order. The latter is made clear by emergency of an urban plan polarized on the Great Mosque.