| Une partie de la production historiographique de la Couronne d'Aragon au XVe siècle a rêvé un Justice d'Aragon qui – au-delà du fonctionnaire royal attesté par la documentation – serait le défenseur du « pactisme » aragonais, parangon des libertés du royaume. A la croisée de l'histoire des idéologies, où l'imaginaire investit une réalité institutionnelle, et de la poétique, ce discours sur le Justice doit être replacé dans la dynamique des rapports de pouvoirs entre le roi et ses sujets. Les agencements textuels et les circulations internes de cette narration laissent en effet entrevoir les divers substrats idéologiques et politiques qui ont présidé à sa composition et témoignent du bras de fer qui s'est joué entre des oligarchies cherchant à contraindre l'exercice du pouvoir royal et une monarchie aragonaise toujours en quête de légitimité. |