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Travaux et documents, 24 (2006) 37-46
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Pouvoirs et contre-pouvoirs autour de l'occupation et de la rénovation de la muraille terrestre d'Istanbul
Franck Dorso1, 2, 3

La muraille terrestre de Théodose II à Istanbul est, depuis l'inscription de la ville sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco en 1985, le lieu de conflits d'appropriation territoriale entre des usagers permanents ou temporaires et les autorités qui voudraient « nettoyer » le site pour envisager sa valorisation touristique – voire immobilière.
En dépit d'un rapport de force défavorable, et d'opérations de dégagement ponctuelles, les usagers parviennent toujours à imposer leur emprise sur les lieux. Comment y parviennent-ils ? Disposent-ils de ressources insoupçonnées ? Comment comprendre le caractère erratique des prises de position des autorités officielles sur la question ?
Trois pistes de réponse sont envisagées. D'un point de vue théorique, elles s'appuient sur le paradigme de la transaction sociale, et cherchent à mettre à jour, derrière des négociations et des rapports de force explicites, des conflits tacites dont les acteurs ne peuvent ou ne veulent dévoiler les enjeux véritables.
Ainsi, derrière l'apparence d'une disjonction entre la sphère des acteurs institutionnels et celle des acteurs de terrain, les enquêtes mettent à jour plusieurs « ponts » et réseaux de relation complexes. Le champ des représentations n'échappe pas à ce re-découpage des oppositions, les acteurs municipaux partageant des images et cartes mentales proches de celles des usagers – et éloignées des visions propres aux experts internationaux.
L'espace de la muraille apparaît peu à peu comme un espace de substitution, vers lequel des conflits économiques ou identitaires sont transférés sous l'apparence de conflits d'appropriation territoriale – évitant ainsi pour un temps d'affronter les problèmes à l'origine des tensions.
Ces conflits territoriaux renvoient pour finir à la « part d'ombre » d'une processus d'urbanisation complexe et dont la maîtrise globale échappe à un acteur unique et constitué. L'étude interroge alors la tension entre ordre et désordre et les modalités de production des normes de l'urbanité à Istanbul.
1 :  ESO - Espaces Géographiques et Sociétés
2 :  EA 1334 - UMB - Centre de recherche et d'études en sciences sociales (CRESS)
3 :  IFEA - Institut Français d'Etudes Anatoliennes Georges Dumézil, FRE 2869 – CNRS-MAE
pouvoirs – contre-pouvoirs – rénovation – patrimoine – urbanisation spontanée – requalification urbaine – Istanbul – Turquie – Muraille